mardi 27 octobre 2020
Culture Wisigoths, rois de Toulouse : une exposition exceptionnelle sur des ‘’barbares avisés’’

Wisigoths, rois de Toulouse : une exposition exceptionnelle sur des ‘’barbares avisés’’

Pratiquement 1600 ans après leur installation à Toulouse, le musée Saint-Raymond ouvre la première exposition de France exclusivement dédiée aux Wisigoths. Un peuple méconnu et déprécié qui a pourtant écrit quelques grandes pages de l’histoire de la ville rose. 

Statuette de Diane Chasseresse © Hugo Maertens – Exposition Wisigoths, rois de Toulouse – Musée Saint-Raymond

C’est un fait trop peu connu, mais Toulouse a été la capitale du royaume wisigoth. L’un des plus grands royaumes dits ‘’barbare’’ d’Occident. Avec près de 250 objets retraçant plus de cinq siècles d’histoire et entassés dans 200 mètres carrés, l’exposition ‘’Wisigoths, rois de Toulouse’’ est la première en France exclusivement dédiée à ce peuple injustement relégué au rang de barbares insignifiants. Du 27 février au 27 septembre, le musée municipal d’archéologie Saint-Raymond invite donc les curieux à s’intéresser à une autre facette de ces « Goths de l’Ouest » bagarreurs et arrivistes, caricaturés par Gosciny et Uderzo dans les aventures d’Astérix. Des Wisigoths dont l’étymologie du nom, ‘’Goths avisés ou Goths instruits’’, pourrait évoquer leur caractère civilisé.

Un renouveau colossal de l’archéologie

Alimentée de trésors provenant de toute l’Europe et de découvertes à peine exhumées des terrains de fouilles, cette exposition se donne l’ambition de « démonter le cliché du peuple barbare, mettre en lumière les grandes heures de Toulouse et faire part aux Toulousains du renouveau colossal qu’a connu l’archéologie ces vingt dernières années », annonce Laure Barthet, conservateur du patrimoine et directrice du musée.

En effet, des fouilles réalisées en 2018, le site de Boulbènes des Vitarelles à Seysses, près de Toulouse, ont révélé des vestiges de premier ordre. « Certaines pièces sortent tout juste des ateliers de restauration et n’ont pas encore été totalement étudiées », avertit la directrice, qui se félicite de pouvoir partager avec le public un matériau archéologique aussi récent.

Une collection de trésors hors du commun

Des origines des Goths, dans le nord de la Pologne au 1er siècle de notre ère, à la chute du royaume de Toulouse en 481, l’exposition se compose autour d’un parcours centré sur l’histoire gauloise des Wisigoths. On y découvre notamment comment l’invasion des Huns a provoqué les grandes migrations barbares et le récit de l’extraordinaire bataille d’Andrinopole, la plus importante défaite de l’armée impériale romaine.

Pour ne rien perdre de ces faits, le musée propose deux visites sonores particulièrement amusantes. Les plus petits pourront suivre les aventures d’une famille Wisigothe au fil des siècles. Une véritable saga racontée par des comédiens. Les plus grands pourront écouter les commentaires décalés et pleins d’humour du parcours ‘’Let’s goth’’.

Ces documents audios sont complétés par des dispositifs ludiques et interactifs. Ainsi, dès l’entrée, une courte vidéo compile les clichés entretenus sur les barbares par la culture populaire avec des extraits de Kaamelot, des Visiteurs, de Game of Thrones et même de Star trek !

Toulouse, capitale des wisigoths

Enfin, c’est autour d’une maquette des vestiges de ce qui pourrait avoir été le Palais wisigoth que les visiteurs pourront se représenter l’un des monuments les plus importants du Royaume. En effet, quand ceux-ci s’installent pour de bon sur les bords de la Garonne, en 418, ils choisissent Toulouse pour en faire leur capitale. Et c’est à deux pas de la place Saint-Pierre qu’ils décident d’édifier cette magnifique résidence où siégeait probablement leur gouvernement. La proximité d’un site funéraire et d’églises qu’ils fréquentaient pousse même les archéologues à parler de « quartier goth ».

Une vie princière, pour la ville rose, qui aura duré moins de 100 ans. En effet, l’histoire toulousaine des Wisigoths prend fin en 507 avec la victoire de l’incontournable roi franc Clovis 1er. Une période méconnue à laquelle cette exposition s’attache à rendre toute sa place dans l’Histoire.

Modifié le 17/02/2020 à 12h37

2 Commentaires

  1. Exposition d’importance fondamentale pour la connaissance d’une composante culturelle méconnue du passé du territoire méridional de la France. A ne rater sous aucun prétexte ! Par contre, une précision pour le dernier paragraphe – après la prise de Toulouse en 507 le royaume continue d’exister avec pour capitale Narbonne, puis Barcelone et ensuite Tolède. La vrai fin c’est le début du VIIIe siècle et la conquête arabe de la péninsule Ibérique et du Languedoc.

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