mardi 21 septembre 2021

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Habitat nomade. J’ai pris la route… et ma maison

Il y a les sédentaires, qui ont besoin de murs solides pour se sentir chez eux, et ceux qui préfèrent la liberté d’un habitat léger et d’un mode de vie nomade. Avec sa roulotte bleue et ses deux juments, Léna Belloy a refusé de trancher entre voyager et aménager son petit chez soi.

Habitat nomade roulotte
La deuxième roulotte de Léna qui mène une vie nomade depuis près de 10 ans CC Lena Belloy

La maison est minuscule mais le jardin est immense. Depuis bientôt dix ans, Léna Belloy vit dans une roulotte hippomobile. Une petite habitation de neuf mètres carrés, entièrement construite en bois, et tractée par deux juments : Happy et Comète. À un train de sénateur, 17 kilomètres par heure de moyenne, elle à traversé l’Europe, du Nord au Sud et d’Est en Ouest. « La vie en roulotte, c’est la liberté. Tu vas où tu veux. Tu restes si tu te sens bien et tu reprends la route quand ce n’est pas le cas. Quand tu vis sur la route, tu possèdes très peu de chose. Mais cela permet de s’affranchir du loyer, des factures et même du travail. Mon premier voyage a duré quatre ans et je suis allée jusqu’en Roumanie », témoigne la jeune femme qui a traversé une bonne dizaine de pays tout au long de son périple.

Faire rimer le goût de la liberté et la passion pour le cheval

Cette soif de liberté, Léna Belloy la cultive dans son enfance dans une ferme Lorraine. « Mes parents m’ont toujours laissé libre de faire ce que je voulais. Et mon père, qui était agriculteur et n’a jamais pu voyager, aurait aimé faire le tour du monde », se remémore-t-elle. Passionnée d’équitation, la petite fille d’alors rêve d’évasion à cheval. « À 19 ans, j’ai rencontré un cirque qui se déplaçait avec de roulottes et des chevaux. C’est à ce moment que ce mode de vie est devenu une évidence pour moi et que tout c’est mis en place », précise-t-elle. Pendant deux ans, la jeune écuyère prépare son projet. Elle se forme à la sellerie, « pour avoir un métier à son retour », et passe un brevet de monitrice d’équitation. Avec son amoureux de l’époque, elle construit sa première roulotte.

Rencontres, aventures et autres situations rocambolesques

En 2012, après un faux départ, le couple prend enfin la route. « Au bout d’un an, nous nous sommes séparés. J’ai gardé mes juments et j’ai décidé de continuer dans un chariot aménagé (une remorque bâchée mais dépourvue de toit en dur, NDLR) », raconte-t-elle. Son voyage, rythmé par les rencontres et visites chez le maréchal ferrant, dure quatre ans. « J’étais rarement seule. De nombreux amis m’ont rejoint pour faire un bout de route. En voyage, la générosité des gens est incroyable. Mes placards étaient toujours pleins de nourriture que m’offraient les habitants », s’amuse Léna Belloy qui estime à 150 euros son budget mensuel minimum.

Et, s’il faut toujours veiller à prendre un itinéraire adapté aux bêtes, pas trop fréquenté ni trop pentu, la vie en roulotte réserve d’incroyables surprise. « Un jour que nous cherchions une épicerie à proximité d’une ville, un 4X4 s’est arrêté près de la roulotte et ses occupants nous ont invités à les suivre. C’étaient des propriétaires d’un restaurant qui nous ont offert le gîte et le couvert. En arrivant, nous avons du traverser une grande terrasse, pleine de clients attablés, avec la roulotte et les deux juments », s’amuse-t-elle. Une scène digne d’une rocambolesque comédie.

L’habitat nomade est compatible avec la vie de famille

Neuf ans plus tard, Léna Belloy, qui est maman depuis quelques mois, vit toujours dans une roulotte. Une deuxième maison qu’elle a construite avec son nouveau compagnon. « La caisse est bleu avec de jolies fenêtres et quelques petites sculptures comme décoration », décrit la jeune maman. À l’intérieur, si l’espace est réduit, tous les besoins sont couverts. Ce petit logement, perchée sur son châssis métallique, dispose d’un petit poêle à bois découpé dans une bouteille de gaz, d’un coin cuisine équipé d’un four, d’une réserve d’eau suffisante, d’une table pliante, d’un grand lit et d’un canapé-coffre-banquette… « La vie en roulotte est parfaitement compatible avec la vie de famille », garantit Léna Belloy.

Le compromis semi-nomade

Et, même si celle-ci songe à acheter un terrain pour y développer son activité professionnelle, l’élevage de chevaux d’attelages irlandais et la formation de futurs meneurs d’attelages, elle n’envisage pas du tout d’emménager entre quatre murs en brique. « Mon compagnon a encore envie de voyager. Alors nous allons chercher un compromis. Voyager ensemble une partie de l’année ou se retrouver sur la route », imagine la jeune femme. Une liberté d’aller au grès du vent, en emportant sa maison, réservée aux habitants des roulottes, camions et autres véhicules aménagés.

 

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