mardi 22 juin 2021

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CultureBicentenaire : Toulouse, ville « pas très bonapartiste »

Bicentenaire : Toulouse, ville « pas très bonapartiste »

À l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, retour sur l’une de ses dernières batailles : la Bataille de Toulouse.

Des odonymes en lien avec la Bataille de Toulouse // © Guillaume Chambon

Vous êtes vous déjà demandé à quoi correspondent certains noms de rues ? Prenons par exemple la rue du 10 avril, quartier Marengo-Jolimont. Saviez-vous que cet odonyme fait référence à la Bataille de Toulouse, une des dernières batailles napoléoniennes, qui s’est tenue le 10 avril 1814 ? Le nom du quartier fait également référence à Bonaparte, avec un nom donné en souvenir de sa victoire… à Marengo. Des références à Napoléon qui vont jusqu’aux noms de certains généraux de l’armée impériale, comme Gazan, Reille ou encore Compans. Soult, qui mena la Bataille de Toulouse sera, lui, représenté jusque par son duché, avec la rue de Dalmatie.

André Cabanis, historien du droit // © Guillaume Chambon

La majorité de ces odonymes, en lien avec l’Empereur corse, se retrouve essentiellement autour de la rue du 10 avril. « Les combats les plus importants [de la Bataille de Toulouse] se sont passés sur la colline de Jolimont », explique André Cabanis, historien du droit, rattaché à l’Université Toulouse 1 Capitole. Mais Jean-de-Dieu Soult avait barricadé toute la ville, au déplaisir des habitants, ce qui contraint l’armée ennemie, menée par Wellington, de s’infiltrer dans Toulouse par d’autres points. Selon l’historien, les récits d’époque montrent « des affrontements importants vers St Cyprien et des combats assez rudes du côté des Ponts-Jumeaux et Croix Daurade ».

Plan des fortifications à St Cyprien, lors de la Bataille de Toulouse // © Guillaume Chambon

Toulouse, une cité en marge

« Toulouse n’est pas une ville belliqueuse », raconte André Cabanis, si bien que la Bataille de Toulouse est un des seuls conflits qu’a connu la ville. « Il y a eu des batailles qui relèvent plutôt des guerres civiles, mais Toulouse, par sa position, a toujours été très épargnée ». Un affrontement qui n’a pas marqué d’un souvenir immense la mémoire collective, mais qui a tout de même laissé une trace dans la Ville Rose. L’Obélisque du Parc de la Colonne, dressée par Urbain Vitry en 1839, en est la preuve. Le monument sert désormais de point de rendez-vous des amateurs de reconstitution, comme en 2014, où ceux-ci avaient célébré le bicentenaire de la bataille, dans l’ensemble de la cité aux violettes.

Obélisque du Parc de la Colonne à Toulouse // © Guillaume Chambon

Les nombreux odonymes qui rendent hommage à Napoléon Bonaparte à travers la Ville Rose pourraient laisser penser qu’il a impacté Toulouse, mais c’est faux. Selon André Cabanis, « Toulouse était attachée au souvenir de la monarchie, ne la rendant pas très bonapartiste. Des villes aux alentours ont été davantage marquées : c’est le cas notamment de Montauban », explique l’historien du droit. « C’est sous l’influence de Napoléon I, que la sous-préfecture est devenue un chef-lieu de département », résultat de la création en 1808 du département du Tarn-et-Garonne, par Bonaparte, lui-même.

Guillaume Chambon

Institut Supérieur de Journalisme de Toulouse
Cet article a été écrit par des élèves de l'Institut Supérieur de Journalisme de Toulouse dans le cadre d'un partenariat avec le Journal Toulousain.
 

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