[Dossier] Mettre les bouchons en vacances

©Franck Alix
©Franck Alix/JT

TOUCHE-TOUCHE – Que de temps perdu ! À attendre, râler, s’impatienter, pester contre la voiture de devant ou d’à-côté… Alors que l’on pourrait déjà être les pieds dans le sable ! Dans ce JT, experts en trafic et professionnels de la conduite apportent leurs solutions. Ils montrent qu’en développant une forme d’altruisme sur la route et en faisant appel à la patience des conducteurs, il serait possible d’en finir avec les bouchons. Qu’avec de simples mesures techniques, on peut fluidifier le trafic. Ou que, d’ici une dizaine d’années, la voiture autonome pourrait bien faire de ce redoutable chassé-croisé un mauvais souvenir…

On sait parfaitement comment se forme un embouteillage. C’est un scénario mathématique immuable et simplissime : l’effet boule de neige. Dans un trafic dense, si un véhicule freine, celui qui le suit freinera davantage, et ainsi de suite jusqu’à provoquer l’arrêt de la circulation, quelques kilomètres plus loin. S’en suit alors un morceau d’accordéon très désagréable, qui ne cesse qu’à la faveur d’une réaction en chaîne tout aussi aléatoire. Les modélisateurs sont formels : le premier responsable des bouchons, c’est l’être humain.

Mais il y a des facteurs aggravants. À commencer par la saturation du trafic : lorsqu’il y a plus de voitures sur la route qu’elle ne peut en accueillir. Le réseau Vinci estime ainsi que ses autoroutes peuvent absorber sans encombre jusqu’à 1500 véhicules par heure et par voie, en prenant en compte leur vitesse et les distances qui les séparent les uns des autres. Paradoxalement, en réduisant cette vitesse moyenne, on augmenterait la capacité d’accueil : si tout le monde roulait à 70 km/h, en respectant les distances de sécurité, il n’y aurait plus de bouchon !

©Delphine Tayac
©Delphine Tayac

Dans un trafic saturé, la moindre perturbation provoque un fort ralentissement. Il peut s’agir d’un rétrécissement local de la chaussée, de l’abord d’une rampe d’accès ou d’une pente un peu trop prononcée. Cela peut être les changements de file d’un usager, qui provoque derrière lui des freinages intempestifs, ou un véhicule sur la bande d’arrêt d’urgence, qui suscite la curiosité et fait lever le pied. En augmentant les distances de sécurité nécessaires les intempéries diminuent aussi la capacité d’une route : plus il pleut et plus le risque d’embouteillage est important. La taille des véhicules entre aussi en compte : une caravane occupe la place de deux voitures, un grand camion, celle de quatre, bien qu’ils transportent moins de passagers.

Si un accident se produit, le rôle des caméras automatiques est primordial, car il faut agir immédiatement. L’embouteillage s’étend d’autant plus que le rétablissement de la circulation tarde. En attendant, la congestion enfle et la capacité de toute l’infrastructure s’effondre. C’est le cauchemar des concessionnaires d’autoroutes et des vacanciers. Une fois bloqués, pare-chocs contre pare-chocs, que ceux qui cherchent la voie qui roule le mieux abandonnent. D’après une étude publiée il y a près de vingt ans dans “Nature, à l’arrivée, les temps de parcours seront strictement les mêmes.

La formation d’un bouchon en image

Pour comprendre comment se forme un bouchon, Martin Treiber a mis au point un outil de simulation en ligne dans lequel l’internaute peut jouer sur différents facteurs : la vitesse, le nombre de voitures…

www.traffic-simulation.de/

 


 

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