[Dossier] Quand les citoyens bousculent la présidentielle

À sept mois de l’élection présidentielle, le traditionnel ballet des déclarations de candidature a débuté au sein des grands partis. Mais le casting s’annonce sans grande surprise. De quoi susciter un certain désenchantement chez une partie des électeurs. Dans ce contexte, des citoyens décident, malgré tout, de se retrousser les manches. Primaires citoyennes organisées en ligne, mouvements mettant en avant des candidats de la société civile, des Français veulent faire entendre leur voix et changer les règles du jeu. Un antidote à la résignation ?

©Kevin Figuier
©Kevin Figuier

Par Séverine Sarrat

Les meetings politiques s’enchaînent… et se ressemblent ! C’est en substance la constatation des Français qui se disent lassés par le “système”: seuls 8% d’entre eux font encore confiance aux partis (Ipsos, avril 2016). Pourtant, loin de ces considérations, les partis jouent des coudes pour lancer leur rentrée politique. Dans la Ville rose, à droite Alain Chatillon chapeaute celle d’Alain Juppé, quand Laurence Arribagé entame sa campagne de soutien à Nicolas Sarkozy. Les socialistes Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis exhortaient aussi, fin août, les Toulousains au rassemblement et au débat. Et Jean-Luc Mélenchon organisait un pique-nique militant au Jardin de l’observatoire. Mais malgré leurs efforts pour conquérir le cœur des électeurs, 40% de ces derniers avouent ressentir de l’inquiétude face aux partis, et même de la colère pour 34% (Sondage Elabe pour Atlantico). Autant dire que le message ne passe plus, ou avec difficulté. Est-ce dû au désintérêt des électeurs pour la chose politique? À Toulouse par exemple, pour les élections présidentielles de 2012, la mobilisation de 77.53% des inscrits sur les listes au premier tour et 77.10% au second, tendrait à prouver que l’engagement citoyen a encore un sens. Certains s’investissent d’ailleurs dans des mouvements indépendants pour dénoncer une lassitude générale envers les politiques et les partis eux-mêmes.

Alors, pour proposer une alternative aux apparatchiks en place, des citoyens ont décidé de créer leurs propres mouvements. À l’instar de Bleu blanc zèbre d’Alexandre Jardin, des anonymes se lancent dans la campagne. « Les solutions viennent des gens eux-mêmes, nous voulons donc faire émerger un candidat qui ne sortirait pas de l’Ena, mais qui possède une réelle expérience professionnelle », expliquait François Momboisse, cofondateur de la Transition, lors du lancement de la Primaire des Français. Un prétendant au fauteuil présidentiel loin du système politique traditionnel ? C’est le pari que se sont lancés plusieurs mouvements citoyens. Une idée qui pourrait trouver un écho puisque 78% des Français se disent prêts à voter pour un candidat qui ne serait ni issu, ni soutenu par un parti politique.

 

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