Pour ou contre interdire la mendicité à Toulouse ?

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POUR : Laurent Casbas, secrétaire départemental de Debout La France

« Je pense que c’est une nuisance pour les riverains, lorsqu’il y a des gangs dans la rue. On entend des plaintes récurrentes de la part des gens. Par exemple, la rue du Taur est toujours envahie de marginaux. Cela nuit à l’image de Toulouse, notamment par les agressions verbales des passants. On sait très bien qu’il y a beaucoup de criminalité chez les mendiants. Au niveau de Debout la France, la situation est compliquée car nous sommes derrière Olivier Arsac. Nous soutenons évidemment son action, notamment le renforcement de la police municipale et l’installation d’un dispositif de vidéo protection. En ce qui concerne le banc anti-SDF installé la semaine dernière par le crédit agricole, c’est juste une mesure palliative. Et ce n’est pas que le crédit agricole. Du temps de Pierre Cohen, la mairie a fait la même chose rue Pargaminières en remplaçant les bancs par des fauteuils. Ce n’est pas avec ça qu’on règlera le problème de l’extrême pauvreté et de l’immigration. Il faut lutter à la racine et ne pas stigmatiser les gens. Le problème, c’est la régulation des flux migratoires avec des populations d’Europe de l’Est. Lutter contre les personnes elle-même, c’est du court terme. Au niveau municipal, on ne peut lutter que contre les incivilités. »

CONTRE : Myriam Martin, Porte-parole nationale du groupe “Ensemble”, intégré au Front de Gauche.

« C’est clair, il ne faut pas interdire la mendicité. Au contraire, il faut interdire des mesures de ce genre, parce qu’elles stigmatisent les gens. Il faut les aider, pas les chasser ! Ça ne me surprendrait pas que ça se fasse à Toulouse, c’est déjà arrivé dans plusieurs villes, et Moudenc a déjà eu des velléités allant dans ce sens. C’est une politique de droite, honteuse et indigne d’une société. Le banc anti-SDF du Crédit Agricole, c’est la même chose. Je trouve cela lamentable ! Ce genre d’institution agit en stigmatisant la pauvreté. Aujourd’hui, les gens qui sont démunis, donc victimes, sont considérés comme des coupables qu’il faut cacher à tout prix. Et les inégalités sont devenues la norme. Cela montre que la société d’aujourd’hui va très mal. Les mécanismes de solidarité ne fonctionnent plus. On est en train de rompre avec un régime vraiment républicain, c’est-à-dire qui promeut l’entraide, et non la compétition. C’est ce chemin là qu’on doit retrouver rapidement. Il faut plutôt se demander pourquoi il y a autant de gens qui en arrivent là. Et ce ne sont pas les pauvres qui sont responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent. »

 

 

 

 

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