mardi 3 août 2021

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Culture Yvan Cujious, musicien dans l’âme

[Tête en Der] Yvan Cujious, musicien dans l’âme

JOUEUR. Grand admirateur, mais aussi ami de Claude Nougaro, Yvan Cujious s’avoue inconditionnel amoureux de Toulouse, dont il parle comme d’une amante. Au mois de septembre, il reprendra émission Loft Music sur Sud Radio. L’esprit sur terre et la tête devant le micro, rencontre avec un artiste tant poète que cartésien. Explications.

 

Peu de chanteurs peuvent se vanter d’avoir fait des études scientifiques. C’est le cas d’Yvan Cujious, professeur de physique-chimie au lycée Pierre de Fermat jusqu’en 2001. Pourtant, c’est depuis tout jeune qu’Yvan fait de la musique. Il étudie la trompette au conservatoire de Toulouse, joue dans des orchestres, des groupes de jazz, et apprend le piano. «J’ai fait des études de physique parce que j’avais besoin de quelque chose de structurant avant de me donner à fond à ce métier. La physique me plaisait car je le prenais comme un jeu». Et ce côté ludique, Yvan le retrouve dans son art, appréciant le côté du jeu avec les mots, de leur utilisation facétieuse et inattendue. «J’ai l’habitude de dire que je n’ai jamais travaillé. Je passe ma vie à jouer avec des mots, à jouer de la trompette, à jouer avec des chiffres pour ma société». Il n’en oublie pas pour autant ses cahiers de physique. «La musique a une explication physique vibratoire, on peut la quantifier. Faire de la musique, c’est jouer avec quelque chose de très rigoureux. La création artistique se fait dans un espace bien codifié».

Alors qu’il est encore prof, avide de partager sa passion et attiré par la radio, Yvan va frapper à la porte de Sud Radio. Mais rien. Le 27 juin 2001, il met un terme à sa fonction d’enseignant. Le lendemain matin, Sud Radio lui propose de faire une chronique. «Fondamentalement, je fais confiance aux choses. Je n’ai pas peur. Quand quelque chose s’achève, autre chose arrive», explique-t-il, philosophe. A partir de là, les choses s’enchaînent.

La petite bête qui pourrait l’avoir poussé dans cette direction porte un nom bien noble : Claude Nougaro. Les deux hommes se rencontrent en 1996 à l’occasion d’un tremplin musical qu’Yvan Cujious gagne, sous l’oreille bien attentive de son futur ami. «C’est grâce à Claude que j’ai été immergé dans la famille des artistes toulousains. J’ai essayé de réunir tout ce monde autour de son héritage». Yvan est ainsi le directeur artistique des hommages à son maître sur la place du Capitole, qui réuniront 20 000 personnes. De 2008 à 2014, le maire de Toulouse Pierre Cohen lui demande de créer et d’organiser un concert géant pour le 14 juillet sur les allées Jean Jaurès, accueillant 100 000 personnes.

 « Je ne rends de comptes à personne »

Nougaro figure toujours en tête de ses sources d’inspiration. «J’aime les gens qui font de leur singularité une force. Nougaro a été l’un des rares à faire de son accent une force. Il le rend sérieux et intelligible». Et cet accent nous ramène bien sûr à la ville rose. «J’ai un rapport passionnel avec Toulouse», raconte Yvan. Cette ville lui a apporté des joies immenses : sa première minute à la radio, sa première scène, la direction artistique de toute une ribambelle d’artistes toulousains. Tel un amant, Yvan a parfois envie de quitter son amoureuse pour mieux la retrouver. «Il y a une influence tellurique très forte, un rapport aux blessures de Toulouse qui entre en résonance avec moi. Pour moi, tout se passe à Toulouse».

Aujourd’hui, Yvan n’a besoin que de son indépendance. Raison pour laquelle il a créé Passerelle Production, pour se produire lui-même, mais aussi pour produire de grands évènements ainsi que des artistes, tels que Thierry Garcia, imitateur aux Guignols de l’info. «Je n’ai jamais voulu m’enrichir mais j’ai toujours voulu être libre. Aujourd’hui je fais ce que je veux, j’ai la vie que j’aime. Je ne rends de comptes à personne. C’est merveilleux».

Et l’avenir, alors ? Sa femme Sophie, sa fille Miléna et sa belle-fille Marie en sont bien sûr l’épicentre. Yvan continue à jongler entre écriture, scène, collaborations avec d’autres chanteurs, direction artistique et chroniques à la radio ou à la télé. Un planning bien fourni. «On obéit d’une certaine manière à ses névroses. J’ai besoin d’avoir une activité fournie et dispersée. Je l’assume et me nourris de cette diversité». Une chose est sûre, la chanson n’est jamais bien loin.

TOULOUSE CON TOUR

 

Le Toulouse Con Tour, c’est la réunion d’Yvan Cujious, de Magyd Cherfi et d’Art Mengo. L’objectif du projet et de reprendre les grands classiques de la chanson toulousaine, comme Nino Ferrer ou Francis Cabrel. La prochaine tournée est prévue pour le mois de septembre, et un concert aura lieu à La Halle aux Grains le 7 février. Un album devrait sortir en 2016.

 

Amélie Phillipson

La rédactionhttps://www.lejournaltoulousain.fr
Le Journal toulousain est un média de solutions hebdomadaire régional, édité par la Scop News Medias 3.1 qui, à travers un dossier, développe les actualités et initiatives dans la région toulousaine. Il est le premier hebdomadaire à s'être lancé dans le journalisme de solutions en mars 2017.
 

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