lundi 30 novembre 2020
Actualités L'interview décalée d'Alain Refalo

L’interview décalée d’Alain Refalo

Militant de la non-violence, de l’écologie et de la condition animale, ce professeur des écoles est l’initiateur du mouvement de résistance pédagogique en 2008 contre les réformes de Xavier Darcos. Membre d’EELV, il confie aujourd’hui vouloir s’éloigner de la politique pour se réinvestir dans l’action citoyenne non-violente et l’écriture. Entre deux luttes, il répond à nos questions… décalées.

 

 

La pire soirée que vous ayez connue ?

Il y a près de 20 ans, quand j’ai amené mon fils âgé de 2 ans aux urgences après une chute dans l’escalier. Plusieurs points de suture étaient nécessaires. J’étais aussi livide que mon fils et le chirurgien s’inquiétait surtout pour moi !

 

Un souvenir de ce que vous avez acheté après avoir touché votre premier salaire ?

J’ai acheté une chaîne hi-fi. C’était l’époque des premiers CD au milieu des années 80. Après tant d’années à écouter des disques rayés sur des électrophones, un vrai plaisir !

 

La situation la plus délicate que vous ayez connue ?

C’était à Gaza en 1989, lors d’un séjour militant. Impossible de rentrer en taxi à Jérusalem à cause du couvre-feu nocturne. J’étais seul et ne savais pas trop où aller. Pas vraiment fier et un peu paniqué… Heureusement, j’ai été accueilli par des étudiants qui m’ont raconté l’histoire de la Palestine. Un excellent souvenir malgré tout !

 

Votre principale phobie ?

Lorsque je prends l’avion, au moment du décollage, je suis toujours angoissé. Cette peur s’est renforcée après le 11 septembre 2001…

 

Le plat que vous détestez ?

Tous les plats avec de la viande ou du poisson forcément, car je suis végétarien. Par respect pour l’animal qu’il faudra bien un jour finir par considérer avec bienveillance. Nous n’avons absolument pas besoin de viande pour nous nourrir de façon équilibrée.

 

Une recette de cuisine à nous conseiller ?

Farcir des têtes de champignons de Paris d’un fromage ail et fines herbes, huiler un plat à gratin et y déposer les champignons puis enfourner le tout 15 minutes à 180°. Un délice !

 

« Je me suis retrouvé dans les habits du Cardinal de Richelieu. »

 

Ce que vous ne supportez pas chez les autres ?

Le mensonge et l’hypocrisie, mais aussi la mollesse d’esprit qui engourdit le courage et incline à la lâcheté. Ce monde manque cruellement d’insoumis ! J’ai désobéi en conscience ouvertement en 2008 pour ne pas trahir l’éthique de ma mission d’enseignant et beaucoup d’enseignants du primaire sont entrés à leur tour en désobéissance. Mais la majorité a fait l’autruche. J’ai encore mieux compris combien nous sommes formatés pour obéir et se conformer à la norme imposée.

 

L’animal qui vous fait peur ?

Lavipère, et tous les serpents ! Malheureusement, ils n’existent pas que dans le monde animal.

 

Un souvenir de vacances ?

Cet été, alors que j’assistais à une représentation théâtrale en plein air, retraçant l’histoire des camisards en Cévennes, plusieurs spectateurs ont été enrôlés par la troupe pour incarner différents personnages. C’est ainsi que je me suis retrouvé dans les habits du cardinal de Richelieu, incarnation de la raison d’État ! Ce n’est pas mon meilleur souvenir…

 

La carrière que vous n’auriez jamais pu embrasser ?

Dentiste ! Je vis chaque séance comme une torture, malgré les progrès réalisés pour adoucir les douleurs. Cependant, j’adore ma dentiste que je n’ai d’ailleurs jamais embrassée !

 

Un concert qui a marqué votre vie ?

Le concert des Pink Floyd en juin 1988 devant le château de Versailles. Un spectacle grandiose et envoûtant, un son inoubliable. Je n’ai plus vu de concert pendant plusieurs années après celui-ci !

 

Quel est votre plus grand regret ?

De ne pas avoir connu plus tôt l’amour de ma vie ! Mais l’important est de l’avoir rencontré, n’est-ce pas ?

 

Votre film référence ?

Le film « Gandhi » de Richard Attemborough, sorti en 1983. Trop peu de films valorisent la non-violence en tant que force de résistance alors que notre culture valorise la violence comme la vertu de l’homme fort.

 

Si la fin du monde approchait, que vous empresseriez-vous de faire?

Mais elle approche ! Et c’est justement parce que j’ai bien à l’esprit qu’à ne rien changer, notre société va dans le mur que je m’empresse aujourd’hui d’alerter sur l’urgence écologique qu’il y a à changer de modèle ! Si vraiment il ne restait que quelques jours, je relirai Guerre et Paix et Les misérables. Pour continuer à espérer contre toute espérance !

 

 

 

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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