Sébastien Vauclair écrit à François Hollande

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Sébastien Vauclair : Doctorat en astrophysique et cosmologie il est gérant de la société COSMODiff – La Clef des Étoiles et du bureau d’étude DarkSkyLab. Président de l‘association RAMIP (Rassemblement des Astronomes de Midi-Pyrénées) on lui doit la création en 2008 de la Réserve Internationale de Ciel Étoilé du Pic du Midi, labélisée fin 2013. Un amoureux et fervent défenseur du ciel étoilé !

Destinataire

François Hollande : Il a été élu président de la République le 6 mai 2012. Ancien premier secrétaire du Parti socialiste, il a été maire de Tulle (de 2001 à 2008), député de la Corrèze (de 1988 à 1993 puis de 1997 à 2012) et président du Conseil général de Corrèze (2008-2012).

 

 

Monsieur le Président,
L’été dernier dans le cadre de sa visite des Parc Nationaux, votre ministre de l’écologie Ségolène Royal, est venue à notre rencontre dans les Pyrénées, pour découvrir la Réserve Internationale de Ciel Étoilé du Pic de Midi de Bigorre. Lors d’un diner fort agréable à base des meilleurs mets régionaux, nous avons longuement abordé la problématique de la pollution lumineuse et de la protection de l‘environnement nocturne. En effet, la région labellisée au niveau international fin 2013 comme la plus grande Réserve Internationale de Ciel Étoilé au monde en zone habitée, est propice à la démonstration des bienfaits d’un meilleur éclairage, avec des exemples concrets au sein des 251 communes engagées dans ce processus.

Au-delà du retour de la nuit aux étoiles, de la baisse de l’impact de cette pollution sur la biodiversité nocturne, de l’amélioration du confort des êtres humains, c’est l’argument économique qui souvent prime auprès de nos interlocuteurs, publics ou privés. Vous le savez certainement, l’éclairage public est l’un des principaux postes de dépenses énergétiques des collectivités. De simples préconisations de bon sens permettraient de substantielles économies sur la facture d’électricité des collectivités, avec bien évidemment des conséquences sur l’environnement, directes (moins de pollution lumineuse) et indirectes (moins de consommation, moins de CO2).

« L’éclairage public est l’un des principaux postes de dépenses énergétiques des collectivités »

En bref, s’attaquer à la pollution lumineuse c’est résoudre une équation magique avec comme ingrédients principaux : développement durable, économies d’énergies, création d’activité et d’emploi (dans les domaines des nouvelles technologies, de l’expertise sur l’éclairage et la pollution lumineuse, etc) En France, ce sont déjà environ 6000 communes convaincues et converties qui appliquent par exemple une extinction de l’éclairage public en cœur de nuit (sans aucune conséquence sur la sécurité), c’est déjà bien mais il faut aller plus loin ! Une loi interdisant toute émission de lumière au-dessus de l’horizon serait une avancée majeure pour résoudre l’équation magique et cela permettrait de faire environ 40% d’économie sur la facture d’électricité ; multiplié par 36 000 communes cela représente une part non négligeable de l’énergie produite par exemple dans centrales nucléaires… La loi concernant l’extinction de l’éclairage privé, publicitaire et de mise en valeur des monuments n’est que trop rarement appliquée et aucun contrôle ne semble effectué, cela serait déjà un bon début ! J’espère, par ce courrier, participer très modestement à une prise de conscience qui permettra à terme d’améliorer l’intégration de l’être humain à son environnement, y compris nocturne.
Bien cordialement,

Sébastien Vauclair

 

 



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