Morgane Linares écrit à Marie-France Barthet

Morgane LinaresDe la part de : Morgane Linares

Elle est, depuis sa création, en septembre 2013, la présidente de l’AGEMP, l’Association générale étudiante de Midi-Pyrénées, et depuis quelques mois, également secrétaire générale de la section Europe-Internationale du Conseil Economique Social Environnemental Régional de Midi-Pyrénées, CESER.

Destinataire de la lettre : Marie-France Barthet

Elue présidente par le Conseil d’administration de l’Université de Toulouse le 21 juin 2012, elle était directrice exécutive de l’Université de Toulouse de 2008 à 2012, et succède à Gilbert Casamatta.

 

 

Madame Barthet,

 

Notre service public d’Enseignement supérieur accessible à tous permet de supprimer les barrières sociales pour former  et mettre les jeunes en capacité de construire la société. Malheureusement, aujourd’hui, cet acquis subit des attaques sur de plus en plus de plans, et de plus en plus virulentes.

L’Université Toulouse 1 Capitole impose des diplômes universitaires, sélectionne des étudiants capables de payer des formations élitistes, de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros.

L’Université Toulouse 2 Jean Jaurès dans sa reconstruction réduit le nombre de foyers étudiants, détruisant ainsi la vie étudiante, pourtant créatrice de lien social.

L’Université Toulouse 3 Paul Sabatier sélectionne, à l’entrée de certaines formations, par tirage au sort, faisant payer aux étudiants la politique de l’économie.

Le CROUS de Toulouse renonce à sa mission de service public tant d’accueil des étudiants internationaux en majorant leur loyer, que de restauration en délaissant le traditionnel Restaurant universitaire au profit d’éléments plus rentables.

On refuse le modèle universitaire aux étudiants des filières sanitaires et sociales, créant ainsi une inégalité de droits à la recherche, à la mobilité, à la représentation… Ces mêmes étudiants qui voient la gestion de leurs bourses confiée aux régions plutôt qu’à l’opérateur historique, avec les disparités dues à la multiplication des acteurs de services aux étudiants.

Les prix des loyers s’envolent, notamment pour les petites surfaces et le gouvernement se permet de reculer sur l’encadrement des loyers pourtant nécessaire à l’accès à un logement autonome.

Les conséquences s’en font déjà ressentir, l’Observatoire de la Vie Etudiante montrait dans ses dernières enquêtes que la démocratisation de l’Enseignement supérieur a baissé pour la première fois depuis une trentaine d’années.

Pour cause, l’autonomie des Universités n’a pas été suivie des moyens nécessaires à donner à tous les étudiants les mêmes droits d’accès à l’enseignement supérieur, et de réussite. Aujourd’hui, en leur donnant leur autonomie, on laisse le droit aux Universités de créer des écoles, et de se détourner du modèle universitaire.

Est-il concevable de répondre ainsi aux sirènes de l’enseignement privé ? Sommes-nous prêts à créer, par le biais d’un accès injuste à l’enseignement, une société à deux vitesses ?

Nous ne connaissons que trop bien la situation financière des Universités. Celle-la même qui dégrade nos conditions d’étude, nous entasse dans des amphithéâtres et encourage la reproduction sociale. Pour autant, il est nécessaire de sortir des discours fatalistes et d’arrêter de cacher derrière la recherche d’excellence la volonté d’une politique contraire au principe d’égalité. Nul doute que les conditions de vie et d’étude des jeunes ne feront qu’empirer si une politique volontariste en faveur de la jeunesse, de l’enseignement n’est pas rapidement mise en place.

C’est dans le seul et unique but de garantir l’égalité des droits que l’AGEMP reste attachée à un service public d’enseignement supérieur. Et c’est dans la même recherche d’excellence que nous cherchons à entamer la révolution pédagogique nécessaire à la formation d’étudiants capables de construire leur parcours universitaire, leur vie professionnelle et être acteurs à part entière de la construction de la société.

En travaillant ensemble, nous serons capables d’innover pour entamer cette révolution pédagogique et remettre l’Université au centre du système d’enseignement supérieur.

 

 

 



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