[Dossier] Quand l’habitat groupé lutte contre l’étalement urbain

En janvier prochain, la trentaine de membres de la coopérative d’habitants Abricoop emménagera dans l’immeuble qu’ils ont pensé ensemble. Une goutte d’eau dans l’océan de l’immobilier mais une alternative crédible à l’étalement urbain si la démarche participative se propage.

Nicolas Mathé

étalement urbain
© Poup’Art

Au départ d’Abricoop, coopérative d’habitants engagée dans la construction d’un immeuble de 17 logements au sein du quartier de la Cartoucherie, il y avait d’abord l’envie de se lancer dans une aventure collective. Mais en choisissant cette démarche, les membres de la coopérative espèrent, de fait, démontrer qu’il existe des alternatives à l’étalement urbain. « Notre souhait était de rester en ville. Mais sans ce projet, vu nos revenus et l’espace dont nous estimons avoir besoin, il nous aurait fallu aller dans un pavillon en périphérie », raconte ainsi Ludovic, membre de la coopérative. « Pour beaucoup d’entre nous, l’idée est de vivre à l’endroit où l’on travaille, ce qui est de plus en plus compliqué étant donné l’évolution du marché immobilier», ajoute Véronique, autre future habitante de l’immeuble de la Cartoucherie.

Abricoop : vivre groupé pour vivre mieux

Outre le choix de vie qu’il induit, l’intérêt de l’habitat participatif, surtout lorsqu’il est porté dans sa globalité par une coopérative, est aussi de réduire les coûts. Jean, le doyen d’Abricoop, a fait le calcul : « Sur la totalité du projet, nous sommes à 2 000€/m², un prix largement en dessous du marché surtout pour du neuf et qui englobe en plus des espaces collectifs et la dimension environnementale de l’immeuble. » Par ailleurs, l’initiative d’Abricoop comporte une dimension non spéculative. « La coopérative est propriétaire des logements, à titre individuel nous n’avons que des parts sociales. Quand quelqu’un part, il ne peut revendre sa part qu’à sa valeur nominale », explique Véronique. « Ainsi, les gens n’auront pas besoin d’être de plus en plus riches pour vivre dans cet immeuble. On évite le phénomène de gentrification qui pousse des populations à s’éloigner des villes », conclut Ludovic.

 



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