La ville rose s’est levée …

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Caricature : Syl/JT

 

Samedi dernier Toulouse était dans la rue pour défendre la liberté d’expression et rendre un hommage vibrant aux victimes. Toute l’équipe du JT a battu le pavé en ordre dispersé … Philippe David était parmi la foule. Emu. Simplement et joliment ému.

 

“Jamais, sauf peut-être le soir du 12 juillet 1998, les rues de Toulouse n’avaient été aussi remplies de monde. Une foule compacte, dense, qui se déversait de la station Jean Jaurès, assassiné il y a exactement un siècle, à tel point que Tisseo dut arrêter la circulation des métros, les voyageurs n’arrivant plus à sortir de la station. Il n’y a pas que le métro qui ne fonctionnait plus puisque, la foule étant si immense que les gens n’arrivaient pas à se retrouver, les réseaux de téléphone mobile étaient saturés et ni les appels ni les SMS n’arrivaient à passer. C’était le samedi 10 janvier et la foule qui marchait dans les rues de Toulouse ne chantait ni « on est les champions » ni « et un et deux et trois zéro » mais venait pour marquer son indignation suite à l’assassinat des caricaturistes de Charlie Hebdo, des policiers et des clients et employés de Hyper Cacher. Comme mercredi place du Capitole mais à la puissance 12, la foule étant évaluée à 120000 personnes contre 10000 trois jours auparavant. Toulouse a d’ailleurs fortement mobilisé, ce qui prouve que les plaies de l’affaire Merah, en 2012, sont encore à vif dans la Ville Rose. Vu le monde et les difficultés de circulation et de communication, il fût difficile de trouver les amis avec qui nous avions décidé de manifester mais, la foi permettant de soulever les montagnes, nous y sommes arrivés avec la plupart d’entre eux.

 “Il fût difficile de trouver les amis avec qui nous avions décidé de manifester”

La plus belle chose, outre l’absence de bannières politiques, était l’Union Nationale qui transpirait du bitume à chaque pas effectué par le cortège. Il y avait de tout : des cadres en costume cravate, des jeunes en jean, des papis mamies sur leur 31, des enfants dans leur poussette. Des jeunes, des vieux, des grands, des petits, des maigres des gros. Une foule qui se souriait, se parlait et dont on voyait en la regardant qu’elle ne faisait pas une marche funèbre mais une marche en avant pour écraser la barbarie et l’obscurantisme sous ses pas. Lors de ce défilé, j’étais avec un ami et sa femme d’origine malgache et nous avons discuté en marchant avec un homme d’origine africaine, une maghrébine pleine d’humour avec qui nous avons plaisanté et qui portait bien haut sa pancarte : « Je suis Charlie ». Dans ce défilé les origines ne comptaient pas, il n’y avait que des français et des étrangers vivant en France qui marchaient ensemble, côte à côte comme une armée inarrêtable, issus de toutes les conditions sociales, de tous les horizons politiques, de toutes les confessions et qui étaient là pour dire : « nous sommes là, la France vous arrêtera avant que vous tentiez de la frapper au cœur à nouveau ».
Elle était là la France, dans les rues de Toulouse et d’ailleurs, rassemblée, unie, forte, loin des chicaneries indécentes d’une classe politique qui ne savait plus ou elle était, au point de tenter pour certains de récupérer à leur compte des cadavres encore chauds.

 

Comme je l’aime cette France… Vive la France !”



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