Jour et nuit, les salariés de la Ligue de l’Enseignement poursuivent la lutte  

Ligue enseignement en grève

Contre le risque de licenciements, ils sont solidaires 24h sur 24. Depuis 3 jours, les salariés grévistes de la Ligue 31 de l’Enseignement occupent les locaux du siège de l’association, rue des Amidonniers à Toulouse.

Toutes les structures de la ligue de l’enseignement de Haute-Garonne sont perturbées. En cause : la procédure de redressement judiciaire d’urgence imposée à l’association. Le plan social de l’emploi (PSE) présenté par la direction propose 37 licenciements et des centaines de transferts de postes pour faire face à un déficit de 7 millions d’euros. Ces mesures concerneraient essentiellement des postes d’animation. Une branche qui constitue 80% des empois de la Ligue.

Les grévistes déplorent cette orientation : « Pourquoi vouloir supprimer des postes dans le service qui devrait être le plus excédentaire ? Nous avons présenté de nombreux projets, qui n’ont même pas été examinés par la direction », regrette Franck Jenny, délégué syndical CGT. « Nous proposons par exemple que la filiale de résidence hôtelière de la ligue –qui est bénéficiaire- apporte son soutien financier. Plutôt que de supprimer des postes en animation, il faudrait que l’argent généré par cette structure soit redirigé vers nos activités périscolaires, d’accueil de loisirs et d’aide aux handicapés. La ligue a tout ce qu’il faut pour vivre, il suffit de prendre les bonnes mesures de restructuration  »

Grève illimitée

« Nous demandons la fin des pressions », martèlent les salariés. « La condition des négociations était que la direction arrête de nous envoyer des fichiers menaçant des poursuites en justice pour occupation des locaux de la ligue. Ils n’ont pas prêté attention à cette requête ».

Sans dialogue, la situation reste bloquée.  « Nous aurions voulu rencontrer les membres du conseil d’administration (CA) simplementpour savoir s’ils sont dans notre camp ou celui de la direction. L’administration judiciaire a proposé aux organisations syndicales de se déplacer pour échanger avec le conseil. Nous avons refusé, car nous voulions que ce rendez-vous ait lieu en présence de tous les salariés en grève, et pas uniquement leurs représentants syndicaux », annonce Véronique Delon Audouit, déléguée syndicale SUD santé sociaux 31.

« Nous savons que le CA est sous pression et doit garder une distance. Mais nous ne comprenons pas pourquoi il ne veut pas venir voir ce qu’il se passe », regrettent les représentants syndicaux.

Une grève illimitée a été lancée jeudi 11 février. Vendredi matin, la situation en restait au statu quo. Et pourrait ne pas évoluer jusqu’au passage de la ligue au tribunal le 21 mars. « La grève ne s’arrêtera pas. Peu importe l’avis du CA, nous la maintiendrons tant que la direction ne formulera pas de proposition concrète autre que celle des licenciements et transferts de postes », précise Franck Jenny. « Il n’y a aucun contact, aucune médiation ». Les syndicats envisageraient de demander à la DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi)de gérer les négociations.

Nombreux à s’être mis en grève, les employés se relaient en permanence pour maintenir un mouvement qui se durcit et s’amplifie. Ils évoquent une nouvelle difficulté de taille : la mise en danger des enfants sur les structures. « Il est illégal que certains animateurs soient deux ou trois pour gérer des groupes de près de 100 enfants. La direction semble ne rien faire face au mouvement. Si un accident a lieu, ce sera de la responsabilité de la ligue », prévient Franck Jenny.

Les salariés s’organisent et appellent à la solidarité. Des repas gratuits leur sont fournis par les syndicats pour les soutenir. « Nous en sommes à 3 jours d’occupation et ça va continuer. On ne lâche rien », répètent les grévistes.



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