[Tribune] Le collectif Casa Nova se dévoile

casa nova
Rémi Vincent, Laure Durand et Xavier Bigot. 3 visages de Casa Nova. Photo : T.Dac Phat/JT

Depuis l’été dernier le collectif Casa Nova sévit sur les réseaux sociaux. Une initiative qui a jeté le trouble au sein de la gauche toulousaine … Qui se cache derrière ce pseudo provocateur ? Ces agitateurs se révèlent dans le JT, et expliquent leur démarche :

 

Casa Nova : rebâtir un commun à gauche par-delà les “vieilles maisons”

“Léon Blum voulut garder la “vieille maison” en son temps. Il est désormais besoin d’en rebâtir, avec de nouveaux matériaux. Depuis cet été, le collectif CASA NOVA Toulouse Métropole, qui compte à ce jour une trentaine de membres rassemblés de gré à gré, s’y est attaché, par un regroupement inédit, par les idées et leur diffusion sur les réseaux sociaux. Plus que las devant les courses à l’échalote vaines,  qui tiennent lieu pour beaucoup d’”action politique”, nous voulons apporter une pierre à la refondation du programme de transformation sociale et de ses formes, aujourd’hui inaudibles et inopérantes. Nous voulons y contribuer ici et maintenant, en écho avec mille et cent foyers locaux, nationaux, transnationaux. Sans attendre, car à regarder la situation politique, il sera bientôt minuit dans le siècle. Nous appelons aujourd’hui les bonnes volontés à nous rejoindre, sans autre exclusive que de partager un essentiel en patrimoine. Groggy, la gauche doit tout reconsidérer : ses fondements idéologiques, ses stratégies, ses formes, son rapport au politique (ce mot même étant à redécouvrir), son langage. Mais nous voulons, ensemble, partir de quelques jalons communs.

 

Ce qui nous rassemble, c’est ce constat d’urgence politique, et quelques postulats majeurs :

  • La nécessité de combattre le libéralisme, y compris dans sa version dite sociale libérale, incarnée par le pseudo “socialisme de l’offre”.
  • Expérimenter dès à présent un nouveau rapport au politique, fondé sur la délibération, l’exigence de la pensée, la coopération active, l’horizontalité des rapports sociaux, le refus des cristallisations autoritaires ou bureaucratiques.
  • Tirer les conclusions de la bifurcation écologique vitale, pour organiser différemment notre société.
  • Considérer la gauche comme la convergence des causes de l’égalité et de la liberté non formelle. Ce qui nous rassemble c’est aussi la volonté d’agir concrètement sur notre territoire, la métropole toulousaine.Notre objectif tangible, fédérateur, est la reconquête progressiste de la métropole toulousaine. Elle ne sera possible que si la gauche locale ne se refonde. Nous pensons que le chantier est immense, d’où la nécessité de l’initier tout de suite. Mais parler et agir ici, c’est savoir que la ville est carrefour du monde. Tout ce que nous soulevons touche au vaste bouleversement de la politique en cours.

 

“Agissons ensemble”

 

  • L’originalité de CASA NOVA c’est  d’accepter et de respecter les appartenances de chacun (ou leur désintérêt pour les partis). C’est de faire préfiguration de maisons communes. Faire avant d’être. Et créer les conditions par le travail commun, réel. Cessons de déplorer, de consommer de l’”offre politique” éternellement prémâchée. La politique c’est le fluide entre les citoyens. C’est nous qui le produisons. Chacun de nous.Si vous partagez ces convictions, si vous êtes en accord avec cette vision d’une société coopérative de production politique, dépassant les scissions de la salle et de la tribune, de la conception et de l’exécution, du tribun et de l’applaudissement, du “Big Man” et de sa clientèle, alors rejoignez notre collectif !Vous y agirez, tout de suite. Nous sommes des coproductrices et des coproducteurs, à égalité, nous voulons vivre la politique que nous  prônons. Notre CHARTE d’adhésion, consultable sur notre site, est la définition de ce qui nous lie. Si vous ne pouvez pas participer directement à nos travaux, vous pouvez également nous contacter pour nous soutenir en adhérant à l’association que nous avons créée. Nos assemblées générales mensuelles et nos sessions de formation transverses et thématiques vous seront ouvertes. Simples membres sympathisants, ambassadrices et ambassadeurs convaincu-es partout où vous le jugerez utile ou futur-es contributeurs et contributrices, vous déciderez de ce que vous souhaitez y devenir. Commençons à poser les briques de ce que nous pensons. Il est plus que temps.”

Voici les signataires de cette tribune :

  • Jérôme Allain (49 ans), Camille Barrault (25 ans), Xavier Bigot (33 ans, EELV), Jérôme Bonnemaison (43 ans), Pierre Cambon (66 ans), Rémi Demersseman-Pradel (39 ans, PS). Laure Durand (35 ans), Yseline Fourtic (21 ans, PS), Patrick Giorgi (56 ans), Romain Jammes (27 ans, Front de Gauche), Pierre Juston (25 ans, PS- LDH), Régis Lagrifoul (42 ans, syndicaliste), Christophe Lèguevaques (46 ans), Sophie Nicklaus (43 ans, EELV), Florent Voisin (28 ans, PS), Camille Vila (32 ans), Rémi Vincent (26 ans, Front de Gauche)

 

Agenda : CASA NOVA organise sa première manifestation publique le jeudi 11 decembre de 19h à 21h à l’Utopia de Toulouse, autour de la démocratie nouvelle à venir, en présence d’Albert Ogien, penseur important du politique.

Participation libre – En raison du nombre de places limité, l’inscription est gratuite mais obligatoire sur le site de Casa Nova.

 

 



2 COMMENTAIRES SUR [Tribune] Le collectif Casa Nova se dévoile

  1. Patrick AUBIN dit :

    “La nécessité de combattre le libéralisme” et “pour organiser différemment notre société.” : on comprend que nous avons affaire à la réincarnation de la pensée marxiste du XIXème siècle, et donc celle de l’échec dans le XXème siècle.

    Avec à peine 20 personnes, avoir la prétention de refaire les mêmes erreurs, penser que la Société peut être une ne peut aboutir qu’au totalitarisme pour imposer votre vision de la société. C’est vouloir faire des hommes des moutons, des esclaves.

    Combattre le libéralisme, c’est tout simplement être Don Quichotte s’attaquant au vent qui fait tourner chaque moulin. Le libéralisme n’est ni une idéologie, ni un régime politique, il est dans la nature. La sociale-démocratie n’est pas libérale, elle est de nature étatique comme tout gouvernement qui intervient dans l’économie.

    L’archaïsme n’est pas encore mort, comme un phénix, il renaît de ses cendres.

  2. BABEUF dit :

    Alerte !!!!!!!!!!!!!!!
    droit d’alerte !

    je me souviens d’un temps pas si lointain …au siècle dernier …
    avoir vu l’émergence de ce type de mouvement , et je l’ai connu de prés ,(les ai )
    mais j’arrête là la nostalgie ;
    oui à plein de choses et même,à presque tout …dans le fonds de ce que vous dite ,
    il manque juste les grains de folie ,de fantaisie , de poésie ….de déraison…
    qui sont pour moi incontournables
    je ne les vois nulle part …
    je ne dois pas être assez sérieux …
    je ne vois pas, ne sens pas de rondeurs , de doutes dans vos propos et encore moins de dérision …
    je vais finir par croire que la vie , la vraie , est une chose bien trop précieuse et légère pour la confier aux politiques…

    TAVES BARTALO,
    ET BON VENT…

    Camille Gracchus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.