Eric Zemmour : « Je n’espère rien, je suis plutôt désespéré »

Le diablotin réac' à Toulouse - Photo : F.Alix/JT
Le diablotin réac’ à Toulouse – Photo : F.Alix/JT

Loin des plateaux de télévision et de l’ambiance souvent électrique qui y règne en sa présence, Eric Zemmour a répondu aux questions de la presse ce mardi 18 novembre, avant une séance dédicaces de son livre « Le suicide français ». Dans le salon du Grand Hôtel de l’Opéra, l’écrivain, essayiste et journaliste politique s’est exprimé dans une ambiance plutôt intimiste.

Par Myriam Balavoine

Avant de se présenter et de dédicacer son essai aux 650 personnes venues le voir allées de Barcelone, c’est devant une poignée de journalistes qu’Eric Zemmour a éclairci certains points. Au franc succès de son « Suicide français », il répond : « Je mets des mots sur les maux des français qui ne reconnaissent plus leur pays. Mon livre est une porte de sortie pour leur permettre de se réapproprier une histoire qui est la leur. Il explique aux plus jeunes comment on a accouché de ce monde dans lequel ils doivent vivre. » Ce serait donc un livre sur ce que l’on est et ce que l’on devient, issu de ses lectures et de ses réflexions.

Références au passé oblige, Eric Zemmour cite notamment ses lectures historiques sur lesquelles il s’appuie pour justifier sa thèse. Jugeant les historiens contemporains « plus conformistes et moins libres d’esprit », si « chaque historien répond aux besoins de son époque » il considère que lui, n’est « pas obligé d’avaliser l’idéologie d’aujourd’hui ». Plutôt tranquille, le polémiste revendique dire simplement ce qu’il pense dans ce livre pourtant en résonnance avec la pensée de Marine Le Pen. « Ce n’est pas un livre électoral, je refuse toute étiquette politique. Droite et gauche ne veulent plus rien dire aujourd’hui. »

Pour lui, la France fait face à « un problème évident de liberté d’expression et de débat due à une baisse du niveau culturel. On a le droit de ne pas être d’accord, mais dès lors que les insultes commencent, il n’y a plus de possibilité de débat. » Eric Zemmour se dit subir ce manque de débat et regrette l’unanimité de la presse qui le place volontiers dans le « camp du mal » avec lequel « on ne discute pas mais que l’on extermine ». Finalement, l’essayiste s’argue de parler, dans « Le suicide français », au nom des « vaincus de la mondialisation » face à des vainqueurs toujours plus puissants. Eric Zemmour prétend donc parler pour « une France muette » qui le lit, tandis que « la France qui parle » l’insulte. « Je n’espère rien, je suis plutôt désespéré. Nous sommes dans une logique politique désespérante. » finira-t-il.

 



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