Après la déroute, quel avenir pour le Parti socialiste ?

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Chez nous comme ailleurs, la déferlante de La république en marche emporte tout sur son passage. En Haute-Garonne, le PS pourrait perdre ses neuf sièges (sur dix). Une déroute inédite. Mais pour Jean-Michel Ducomte, politologue et maître de conférences à Sciences-po Toulouse, le Parti socialiste renaîtra de ses cendres.

« On a le sentiment de la fin d’un monde », réagit le politologue Jean-Michel Ducomte. La fin d’une longue histoire tout du moins, puisque le Sud-Ouest de la France avait viré au rose au début de la Troisième République. Un mélange de radical-socialisme et de social-démocratie modérée, marqué,sur près d’un siècle et demi, par de grandes figures : Jean-Jaurès, Vincent Auriol ou Lionel Jospin. Aujourd’hui, si la rupture est nette entre cette gauche et les électeurs, elle n’est pas pour autant définitive : « Tout parti qui a une histoire a sa place sur l’échiquier politique. À condition qu’il présente une ligne claire. » Selon le politologue, pour exister, le Parti socialiste doit arbitrer entre ses différents courants et délivrer un message enfin audible. Par exemple, « dans le groupe qu’il constituera à l’Assemblée, il ne devra pas y avoir de divergence », ajoute Jean-Michel Ducomte. Et peu importe que la direction choisie soit plus ou moins à gauche, l’essentiel est de ne pas en dévier.

« Les relais locaux maintiendront le dialogue avec les électeurs »

Une autre clarification pourrait faire le jeu du PS, celle de La république en marche : « C’est la première fois qu’un parti accède au pouvoir sans doctrine. Or, pour se structurer, La république en marche devra s’appuyer sur un socle idéologique », prévient le politologue. Si ce socle ne leur correspond pas, nombre d’électeurs pourraient revenir dans le giron socialiste. Le PS peut enfin compter sur ses nombreux élus municipaux, départementaux et régionaux : « L’échec historique de la gauche ne fait pas disparaître ces précieux relais. C’est eux qui maintiendront le dialogue avec les électeurs. Il faut les renforcer, en prévision des prochaines élections. » Jean-Michel Ducomte est ainsi convaincu de l’émergence d’une nouvelle classe politique, peut-être sous les couleurs d’un nouveau parti, qui soit porteuse des idées sociales et démocrates si longtemps défendues par le PS.



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