mercredi 2 décembre 2020
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Tout savoir sur les tests Covid antigéniques effectués dans les pharmacies de Haute-Garonne

Depuis le 26 octobre dernier, un arrêté du ministère de la Santé autorise les pharmaciens, les médecins de ville et les infirmiers a pratiquer des tests Covid antigéniques. Sont-ils efficaces ? Qui peut se faire dépister ? Comment ? Réponse du Syndicat des pharmaciens d’officine de Haute-Garonne.

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©geralt-Pixabay

Le résultat est lisible en quelques minutes. C’est là tout le bénéfice des tests Covid antigéniques, désormais pratiqués en officine. En effet, depuis le 26 octobre 2020, et un arrêté signé par le ministre de la Santé, les médecins, les infirmiers et les pharmaciens ont l’autorisation d’effectuer ces tests. « L’objectif étant de dépister massivement tout en soulageant les laboratoires d’analyse », explique Philippe Vergnes, coprésident du Syndicat des pharmaciens d’officine (FSPF) de Haute-Garonne.

Où ? Quand ? Et comment ? Se faire tester en pharmacie…

Simple et rapide, les tests Covid antigéniques s’effectuent par prélèvements nasopharyngés, tout comme le test PCR, pratiqué en laboratoire. L’échantillon est ensuite plongé dans un liquide qui isole une certaine protéine du virus. Si celle-ci est présente, le mélange réagit en un quart d’heure. « C’est le même principe qu’un test de grossesse », vulgarise Philippe Vergnes. Le résultat s’affiche en quelques minutes dans une petite fenêtre pour indiquer si le test est positif ou négatif.
S’il s’avère positif, le responsable d’officine déclare le cas sur la base de données dédiée de l’assurance maladie et communique les coordonnées téléphoniques du client afin qu’il puisse être contacté par la cellule de la CPAM chargée d’identifier les cas contacts.
Sont prioritaires les personnes cumulant les trois critères suivants : « Elles doivent présenter des symptômes de la Covid-19 (toux, perte du goût et/ou de l’odorat, fièvre…) depuis moins de quatre jours, être âgé de moins de 65 ans et ne pas être “cas contact” », précise le coprésident du FSPF 31.

Ces informations sont vérifiées par le pharmacien lors de la prise de rendez-vous. Ainsi, le client se voit questionner afin de valider le caractère prioritaire de sa demande. Car, même si les tests antigéniques sont accessibles sans ordonnance (ils restent cependant remboursés par la Sécurité sociale), les responsables d’officine doivent faire le tri, afin de réguler la demande, de plus en plus importante. « C’est une question de gestion du temps, mais aussi de l’approvisionnement en tests », témoigne Philippe Vergnes. « Poser les questions d’usage, prendre le rendez-vous, se préparer à la manipulation, effectuer le prélèvement, attendre le résultat et s’acquitter de l’administratif prend plus d’une demi heure par personne », précise-t-il.

« Nous participons à l’effort de guerre »

D’autant que pour être autorisé à pratiquer le test Covid antigénique, un pharmacien doit y être formé et pouvoir justifier d’un certificat. Il doit également disposer d’un équipement de protection individuelle (EPI) spécifique et prévoir une pièce dédiée pour réaliser les prélèvements. « Cette nouvelle compétence nous place en contact direct avec le virus, nous devons donc prendre nos précautions. De même, il est impératif de protéger nos clients, car nous sommes désormais amenés à faire également, dans notre pharmacie, des vaccins pour la grippe et des tests Covid antigéniques », raconte le coprésident du FSPF 31.
Il est donc impossible que toutes les pharmacies soient en mesure de proposer ce service, « seule la moitié le pourra », estime Philippe Vergnes. Beaucoup sont trop petites pour garantir la sécurité de tous. D’autant qu’il est fort probable « que l’on nous demande d’élargir les cas prioritaires aux personnes asymptomatiques évoluant dans des milieux à risque comme les aidants, ou les personnels des établissements scolaires… ».
Certains ont pourtant trouvé une solution : dans sa pharmacie, située à Muret, Philippe Vergnes réalise une trentaine de tests antigéniques hebdomadaires (dont 20 % s’avèrent positifs) sur le parking, « en mode drive », et les analyse dans l’officine. D’autres se sont regroupés avec des médecins et des infirmiers pour se relayer, lors de permanences assurées dans des locaux municipaux. Car, même s’il s’agit d’une responsabilité supplémentaire, « nous la prenons très au sérieux. C’est notre façon de participer à l’effort de guerre », conclut fièrement le pharmacien.

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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