lundi 29 novembre 2021

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EcologieToulouse : ils ouvrent la première auto-école zéro carbone de France

Toulouse : ils ouvrent la première auto-école zéro carbone de France

La première auto-école 100% zéro carbone a ouvert ses portes le 15 mars dernier à Toulouse. Une première en France.

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William et Julia, cofondateurs de l’auto-école “We are zéro” à Toulouse / ©Charlotte Hernandez

Un permis de conduire zéro carbone : c’est le pari lancé par Julia et William, cofondateurs de la start-up We are zero. Passionné d’automobile, William Lemaître est le patron de plusieurs auto-écoles en France depuis une vingtaine d’années. En avril 2019, il décide de repenser la manière de passer le permis et lance la première agence de conduite 100% écoresponsable. Elle a ouvert ses portes à Toulouse le 15 mars dernier.

Un permis qui ne rejette pas de CO2

Une grande partie de l’apprentissage de la conduite s’effectue sur des simulateurs, et le reste via des véhicules 100% électriques. Avec moins d’heures de conduite que dans les écoles classiques, les entrepreneurs peuvent se permettre de proposer des permis à moindre coût (499 euros). “Lorsque les élèves apprennent sur les machines, il n’y a besoin que d’un seul instructeur pour cinq personnes”, précise la cofondatrice.

L’agence se veut écoresponsable jusqu’au bout. Julia et William expliquent avoir changé des habitudes simples au sein de l’entreprise. “On fait de plus en plus d’efforts sur plein de petites choses. On essaye d’utiliser zéro papier, les gilets des instructeurs sont bios, le mobilier et les simulateurs de conduite sont intégralement fabriqués en France”, raconte William. Les entrepreneurs ont également lancé une application qui permet aux élèves de tout faire à distance: consulter leur planning ou encore réserver leurs heures de conduite. 

Les simulateurs de conduite : quelle efficacité ?

Le réel pari porte sur les simulateurs de conduite. L’agence en compte cinq. “Plus confiants”, “en sécurité”, Julia estime que c’est un vrai plus pour les élèves. “Ils sont plus à l’aise lorsqu’ils commencent la conduite sur les simulateurs”. Un constat que confirment les élèves d’après Manon, instructrice. “J’ai eu énormément de retours de jeunes filles qui arrivent très stressées à l’idée de conduire pour la première fois. Et une fois passées sur le simulateur, elles trouvent cela génial !”

Conduire sur une machine n’est pas conduire une voiture mais d’après le cofondateur de l’entreprise le résultat est le même : “Le niveau d’exigence du simulateur est plus important que le niveau d’exigence des enseignants”. “Lorsqu’un élève se trompe, la machine lui dit de recommencer jusqu’à ce qu’il réussisse” ajoute Julia, “c’est parfois plus facile à entendre venant d’une machine” complète t-elle.

Malgré cette mécanisation de l’apprentissage à la conduite, les entrepreneurs veillent à conserver un lien avec les élèves. “Il y a toujours une enseignante pour guider, coacher et aider les élèves qui sont sur simulateurs”, insiste la cofondatrice. Un aspect important pour Manon, instructrice : “C’est pas parce qu’il y a 5 simulateurs et que c’est une première en France que l’on est pas là pour nos élèves.”

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Un élève apprend à conduire sur un simulateur / Agence We are zero à Toulouse / ©Charlotte Hernandez

« La recette est facile mais on n’a rien inventé »

Un permis moins onéreux, écologique et plus simple : mais où est le piège? D’après William Lemaître, le concept existe mais peine à se développer : “la recette est facile mais on n’a rien inventé”, affirme t-il. Pourtant, We are zéro est la première start-up du genre à se lancer en France. “Il y a un problème d’informations sur ces procédés”, constate William, “les gens ne savent pas que ces bais-là existent réellement”.

Un manque de communication qui vient parfois de l’intérieur car les auto-écoles ne sont pas toujours prêtes à passer le cap. “C’est un milieu où les mentalités sont restées très à l’ancienne. 90% des instructeurs préfèrent les vieilles méthodes”, confesse t-il. Une peur de l’innovation qui s’explique notamment par un manque de moyens.

En France, seules les entreprises de conduite labellisées ont accès aux financements spéciaux. Or, comme l’explique l’entrepreneur, la plupart sont des petites structures avec peu d’employés : “C’est très compliqué de s’occuper d’un label pour les petites auto-écoles, les charges administratives qu’on leur impose sont énormes. Elles n’ont donc pas forcément envie que les gens sachent que ces alternatives plus écologiques existent.”

 

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