dimanche 24 janvier 2021
Actualités Déconfinement : les restaurateurs et hôteliers de Haute-Garonne ne décolèrent pas

Déconfinement : les restaurateurs et hôteliers de Haute-Garonne ne décolèrent pas

Comme précisé dans l’allocution d’Emmanuel Macron ce mardi 24 novembre, le déconfinement aura lieu par étapes. La première étant la réouverture des commerces samedi prochain. Quant aux restaurateurs et aux gérants de bars et d’hôtels, ils devront attendre encore la mi-janvier… au mieux. En Haute-Garonne, les restaurateurs s’avouent ulcérés par ce déconfinement progressif.

déconfinement restaurateurs Haute-Garonne
©PS

« C’est la douche froide ! Une fois encore ! » Tels sont les premiers mots de Philippe Belot, vice-président de l’Union des métiers et des industries hôtelières (UMIH) de Haute-Garonne. Comme de nombreux Français, il était devant son poste de télévision ce mardi 24 novembre à 20h pour écouter l’allocution du président de la République. Il a entendu avec satisfaction l’annonce de la réouverture des commerces au 28 novembre prochain et attendu le moment où Emmanuel Macron aborderait le cas des restaurants, bars, hôtels et discothèques.
Résultat : ces derniers pourraient redémarrer leurs activités à la mi-janvier, si, et seulement si, « le nombre de contaminations demeure en dessous de 5 000 cas par jour », annonçait le chef de l’État. « Ce qui veut dire que, peut-être, nous pourrons rouvrir le 20 janvier, mais que rien n’est sûr. Nous restons donc dans l’expectative. En revanche, par ce message, le gouvernement nous laisse entendre qu’il ne sera plus possible de discuter d’ici-là », interprète Philippe Belot.

La marmite boue

Et les aides annoncées ne suffisent pas à rassurer la filière hôtellerie-restauration de Haute-Garonne. « Nous ne croyons plus à ces promesses », lance leur représentant à l’UMIH31. Il fait notamment référence à la déclaration d’Emmanuel Macron concernant le versement de 20% du chiffre d’affaires 2019 aux établissements qui devront rester fermés administrativement. « Ce ne sera pas suivi de faits », estime Philippe Belot. Selon lui, cette mesure sera transformée, et les critères seront finalement plus contraignants. « Résultat, comme cela a été le cas pour le Fonds de solidarité, beaucoup n’y auront pas droit », prévient-il, désabusé.
« C’est de l’enfumage ! Comme quand il nous avait été promis qu’il y aurait 0 dépense s’il y avait 0 recette. Ce n’est pas le cas », constate le vice-président de l’UMIH31. Les adhérents du syndicat observent en effet que le “0 dépense” n’existe pas. Le paiement de la CFE, des assurances, des crédits, de la CSG, des congés payés, des compléments de salaire aux employés en chômage partiel… doivent être honorés. « On nous interdit de faire rentrer de l’argent, tout en nous imposant d’en sortir », résume Philippe Belot.

Entre 30 et 50% de défaillances d’établissements en 2021

« Une situation qui ne pourra pas durer », affirme le syndicat. Celui-ci prévoit entre 30 et 50% de défaillances d’établissements en 2021. La filière hôtellerie-restauration, qui représente 1,2 million d’emplois en France, en aurait déjà perdu 300 000 et en perdra autant dans quelques mois, selon l’UMIH31. Des perspectives alarmistes, dont le vice-président de l’organisme haut-garonnais, excédé, accuse l’État de se ficher : « Ils jouent la montre. Ils doivent penser que plus il y aura d’entreprises qui mettront la clé sous la porte, et moins il y en aura à sauver par la suite ! »
Un calcul intolérable pour le syndicat des hôteliers et restaurateurs qui prévient : « Le gouvernement oublie que lorsque l’on s’adresse à des gens qui ont tout perdu, et qui n’ont donc plus rien à perdre, la confrontation peut être explosive ! » A Toulouse, déjà en octobre dernier, des actions avaient été organisées pour interpeller l’État quant à la situation du secteur d’activité et le placer devant ses responsabilités. Pour cela, l’UMIH31 demande une juste et réelle compensation du gouvernement pour le préjudice financier et moral qu’il a causé. C’est-à-dire, le paiement par l’État de toutes les dettes accumulées par les établissements contraints de fermer administrativement, et ce depuis mars dernier.

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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