Chômage…

Ceux qui sont nés après la guerre se souviennent encore de ces petits moulins à café que l’on coinçait entre les genoux pour moudre le précieux produit. Qui ne se souvient aussi du presse-purée qui faisait avec les pommes de terre de succulents repas ? On les trouve encore parfois dans les brocantes ou comme décorations dans des cuisines modernes comme pour éviter qu’ils ne tombent définitivement dans l’oubli. Ils ont été avantageusement remplacés par tous ces appareils ménagers qui ont peu à peu pénétré nos cuisines pour libérer les ménagères et leur permettre ainsi de prétendre à une vie sociale et professionnelle. C’était l’époque bénie où la France comptait à peine 300.000 chômeurs qui étaient d’ailleurs considérés comme des professionnels de la chose. On pressentait alors que la machine allait petit à petit remplacer le travail des hommes pour leur permettre un meilleur épanouissement personnel. Finies les mines de charbon, les grandes filatures, finis les hauts fourneaux, leur chaleur éprouvante et la production d’acier qui avait fait vivre des milliers de familles. Bienvenus les géo-trouve-tout qui allaient fabriquer au sein de petites entreprises toutes ces machines qui désormais allaient envahir notre quotidien. Petites entreprises qui n’ont jamais su grandir pendant que nos voisins devenaient les premiers producteurs de machines outils et d’électro ménager. Notre industrie lourde déclinait pendant que suivant une courbe inverse notre chômage augmentait dans des proportions si alarmantes que désormais la protection sociale ne pouvait plus être assurée que par l’emprunt, dont le seul impôt sur le revenu ne suffisait plus à payer les intérêts.

Désespoir face au manque de travail

Sans prendre conscience du profond fossé qui était entrain de se creuser, nos dirigeants continuaient à privilégier la machine au détriment des hommes et de leur désespoir face au manque de travail.
Dès lors ces machines qui devaient assurer notre bonheur deviennent de plus en plus des concurrents dans tous les domaines de la vie courante sous le fallacieux prétexte qu’elles nous délivrent des tâches les plus rébarbatives. Ce sont elles qui vont remplacer petit à petit les caissières des grandes enseignes, elles se substituent aux caissiers des banques et cela fait bien longtemps que les poinçonneurs de tous ordres ont disparu des gares et des métros. Et pourtant à bien réfléchir, tous ces petits métiers étaient autant de contacts qui permettaient à ceux qui les pratiquaient de se lever le matin et de ne pas se sentir tributaires d’une collectivité qui les rejette pour le poids économique qu’ils représentent. Ce qui rend les hommes fiers, c’est avant toute chose d’être utiles et de vivre de cette utilité. Ce qui les rend inutiles, c’est de ne pas trouver le chemin qui mettra en valeur les atouts qui sont en chacun de nous. Il faut bien admettre que nos systèmes de formation ne font rien pour faire ressortir ces atouts alors qu’il existe maints et maints métiers qui cherchent sans trouver les collaborateurs nécessaires à la bonne marche des entreprises. Aujourd’hui ils sont quasiment trois millions sur le bord du chemin. Le poids désormais  devient insupportable.



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