mercredi 28 octobre 2020
Planète Grain de sel : toutes voiles dehors pour la préservation de la Méditerranée

Grain de sel : toutes voiles dehors pour la préservation de la Méditerranée

Au mois de juin 2021, l’équipage du voilier Grain de sel, composé de vidéastes engagés, va prendre la mer sur la côte d’Occitanie pour partir à la rencontre d’acteurs œuvrant pour la préservation de la Méditerranée et réaliser une série d’émissions à leur sujet. À chacune des six escales prévues dans des ports de la région, le navire hissera ses plus belles voiles pour se changer en plateau télé itinérant.

Plongeurs, vidéastes, photographes, skippers, artistes et pilotes de drones… L’équipage qui se prépare à prendre la mer sur Grain de sel, un voilier d’une quinzaine de mètres, cache une équipe de tournage de film documentaire. En juin 2021, cette douzaine de passionnés d’images autant que de fonds marins larguera les amarres pour aller à la rencontre d’acteurs œuvrant pour la préservation de la Méditerranée.

Au cours d’un périple de trois semaines, qui les amènera à jeter l’ancre dans six ports d’Occitanie, ces marins-vidéastes réaliseront une série d’une quinzaine d’émissions présentant des initiatives innovantes et exemplaires en matière d’impact environnemental. « Cela pourra aller d’une centrale de collecte de déchets à une épicerie qui a supprimé les emballages, en passant par une entreprise qui fabrique du matériel nautique à partir des plastiques ramassés sur la plage. L’objectif est de montrer comment, par lien de cause à effet, une accumulation de gestes, même minimes, peuvent avoir des répercussions sur le milieu marin », détaille Estelle Gasc, la réalisatrice à l’origine du projet Grain de sel TV porté par l’association Travel doc.

À chaque émission, des invités et des thèmes différents mais toujours autour de la préservation de la Méditerranée

Et pour mettre en valeur ces solutions émergentes, cette « vidéotrotteuse », qui a passé trois ans en Thaïlande pour se former à la plongée sous-marine, a imaginé transformer un ketch (un voilier à deux mats) de 13,80 mètres en plateau de télévision itinérant. Ainsi, à chaque escale, l’équipage lâchera la barre et les écoutes pour sortir ses caméras, micros et vidéoprojecteurs, le temps de tourner deux ou trois émissions à bord de ce bi-mât de caractère. « L’idée est d’accueillir nos invités dans un cadre original, convivial et poétique », souligne Estelle Gasc.

Alimentation, gestion des déchets, surpêche… Chaque plateau sera l’occasion d’aborder une thématique particulière, sous l’œil avisé d’un expert. Ce dernier pourra notamment apporter un éclairage scientifique lors de la présentation des différents projets. « Nous diffuserons aussi de petites pastilles pédagogiques pour faire des zooms sur des espèces indigènes comme le mérou », ajoute la réalisatrice qui espère collaborer avec Gilles Saragoni, chef de plongée scientifique au Centre de recherche sur les écosystèmes marins (Crem) ou Philippe Lenfant, un biologiste qui travaille sur l’effet des réserves naturelles marines au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

« La nature est incroyablement résiliente »

Pour cela, Estelle Gasc a fédéré autour d’elle une équipe complète d’artistes et de techniciens vidéo. « L’appel à projets de la Région Occitanie “Vos solutions pour la mer et le littoral” a été un formidable accélérateur. Cela faisait près de deux ans que je réfléchissais à l’idée de faire le tour de la Méditerranée en voilier, tout en réalisant un documentaire sur la défense du milieu marin. Ce principe de budget participatif m’a paru complètement adapté à ce type de programme », témoigne celle qui décide de réécrire son projet avec sa complice Maïlis Gourdon, technicienne régie et spécialiste des performances artistiques vidéo.

Plutôt qu’un long métrage, les deux jeunes femmes s’engagent dans la production d’une quinzaine d’émissions sous forme de plateau télé. Il ne leur reste plus qu’à réunir autour d’elle une bande de professionnels partageant les mêmes convictions et le même goût de l’aventure. « Nous voulons porter un message d’espoir. Car, si ce qui se passe en méditerranée est flippant, notamment la surpêche, il y a aussi des choses positives. La semaine dernière, j’ai pu plonger dans la partie accessible de la réserve marine de Banyuls. L’effet est impressionnant. En tout juste 30 ans, les espèces protégées se sont multipliées et j’ai pu observer des poissons d’une taille exceptionnelle. La nature est incroyablement résiliente. Mais nous devons ralentir et modifier nos modes de consommation », s’enthousiasme Estelle Gasc qui espère voir, prochainement, souffler le vent du changement sur les côtes occitanes.

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