Patrick Jimena ; « Rassembler »

A l’issue de ces élections cantonales, Patrick Jimena devient le premier et le seul élu Europe Ecologie Les Verts au Conseil Général de Haute-Garonne. Pour ce Toulousain, directeur d’association, il est essentiel de diversifier la démocratie locale, et de faire comprendre l’action du Conseiller Général. Rencontre.

 
Patrick Jimena, quelle est votre réaction à cette élection ?
C’est une première historique. Quand j’ai annoncé ma candidature, j’ai eu des sourires au coin des lèvres. On me disait que c’était un pari complètement fou, mais j’ai toujours l’espérance du changement. C’est ce qui me caractérise depuis ma tendre jeunesse. Je suis un bâtisseur, un créateur et suis surtout dans le partage.

A quoi l’attribuez-vous ?
C’est le fruit d’un ancrage local très important puisque je suis moi-même issu des quartiers populaires de la ville. Mais j’attribue aussi cette élection à la qualité de notre programme. Les gens se sont reconnus sur des propositions très pragmatiques comme le référendum d’initiative populaire, le parlement du canton, etc. ainsi qu’à une campagne réalisée, sur des logiques de réseaux et qui a impliqué de nombreuses personnes. Nous n’avions pas de locaux. Nous nous rencontrions dans les bars, à domicile… C’est cette méthode que je qualifierais d’artisanale que nous trouvons la plus proche des citoyens.

Vous avez également bénéficié de reports de voix ?
Oui, force est de constater que j’ai eu droit à des reports de voix massifs de la part d’électeurs qui avaient l’habitude de voter socialiste, c’est clair. D’autant que les forces de gauche n’ont pas appelé à voter PS. Mais je pense aussi que ces gens de gauche ont voté pour moi parce qu’ils ont peut-être des vies difficiles et qu’ils souhaitent du renouveau.

Reconnaissance du vote blanc

Quel est votre avis sur l’abstention qui une fois de plus, a été forte ?
Je me dis qu’un jour on pourra imaginer un système dans lequel il y aura obligation de vote mais avec la reconnaissance du vote blanc. En gros, la moitié de la population s’est déplacée. C’est bien évidemment au-dessous de ce que l’on peut espérer mais le respect de la démocratie, c’est aussi le respect de ceux qui se sont déplacés pour aller voter.

Vous félicitez-vous d’avoir vaincu le PS ?
Je ne suis pas dans cette dynamique, dans cette logique, mais plutôt dans une offre politique différente avec des projets qui le sont aussi, avec en même temps, l’envie de rassembler. Cela dit, il est essentiel pour nous de revitaliser, de revivifier la démocratie locale. Il faut du pluralisme, de la diversité. Il n’y a pas plus dangereux que d’être dans un mono bloc.

Mais comptez-vous lui mener la vie dure au Conseil Général de Haute-Garonne ?
Jamais de la vie ! Nous avons besoin de toutes les forces. Dans une famille, dans la société en général, je considère que l’absence de conflit est vraiment de mauvais augure. Un despote dans son royaume peut dire que la paix y existe. Pour autant, la justice est-elle au rendez-vous ? Je ne le crois pas. Le conflit est constitutif de notre société. Il est pour moi aussi créateur que destructeur et la manière de le gérer est tout aussi importante que son contenu. C’est de nos désaccords que nous pouvons trouver des convergences tout à fait pertinentes. Aujourd’hui il convient de trouver des réponses à des questions de plus en plus complexes et qui ne peuvent plus se satisfaire de solutions du passé.

 

Faire mieux avec moins

On dit qu’Europe Ecologie Les Verts est contre la suppression des cantons ?
C’est un peu plus complexe que cela. Europe Ecologie Les Verts est contre la réforme des collectivités locale telle qu’elle est présentée par le gouvernement. Nous disons qu’il faut rebattre un peu les cartes de manière à avoir plus de cohérence territorialement. Aujourd’hui on sait très bien que la volonté politique du gouvernement Sarkozy, c’est d’assécher les collectivités locales tout en faisant du transfert de charges de plus en plus important et on sait très bien que va se poser la quadrature du cercle : des besoins de plus en plus importants avec des moyens moins conséquents. L’idée d’EELV consiste à faire mieux avec moins tout en respectant les collectivités existantes. Nous nous som-mes présentés à ces cantonales pour créer des liens avec la région, les communautés d’agglomération à partir de projets et de propositions très concrètes.

Quels sont les dossiers qui vous tiennent à cœur ?
J’aimerais bien m’occuper de l’économie sociale et solidaire notamment sur la création de garages à vélos associatifs, sur le lien entre la campagne et les collèges – comment permettre aux agriculteurs d’écouler leur production directement avec les collèges. J’aimerais bien travailler également sur un centre d’éveil à l’environnement, etc. Ce qui est important pour moi, c’est d’être dans du pratique, de faire en sorte que les gens voient directement la portée de ce que peut faire un Conseiller Général.

Propos recueillis
par Claire Manaud


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