L’hymne national

Pour un peuple quel qu’il soit, l’hymne national est avant tout le symbole de son histoire qu’elle soit ancienne ou récente. Il représente les souffrances et les joies de ceux qui nous ont précédés, ils sont nos mémoires collectives, ils sont notre héritage patriotique. Pour la France, cette terre bénie des Dieux, ce chant que l’on qualifie parfois de guerrier, symbolise la résistance à ceux qui ont si souvent voulu s’en emparer après une unification si difficile à se dessiner tout au long des siècles précédents.
D’aucuns en ont voulu changer le rythme, d’autres les paroles, sans succès et c’est tant mieux, car s’ils avaient réussi à y parvenir, la révolution française en eut été trahie et avec elle l’espoir pour bien d’autres nations de vivre enfin une véritable démocratie. Ne pas respecter un hymne national, c’est l’insulte suprême faite à un peuple et à son histoire. C’est bien ce qui s’est produit lors du dernier match amical de football entre la France et la Tunisie ; ce qui a provoqué à juste titre un tollé général de la part de nos dirigeants politiques. Cette réaction fut d’autant plus justifiée que cette insulte à l’hymne national a tendance à se généraliser à l’occasion de tous les matches internationaux et plus particulièrement ceux qui opposent la France à ses anciennes colonies. C’est un problème communautaire profond auquel il est urgent de trouver des solutions adaptées.

Eduquer

La répression évoquée à chaud et qui consisterait à arrêter voire à annuler le match est dangereuse, inapplicable et ne règle pas le problème au fond. Que les ministres présents quittent le stade, alors les sifflets auront eu gain de cause et ils deviendront un quasi rituel. Non, le mal est trop profond pour se satisfaire d’un traitement superficiel et encore une fois c’est par l’éducation et par la culture que le mal sera éradiqué. Il faut bien faire comprendre à une jeunesse déracinée et sans repères que siffler la Marseillaise c’est aussi faire injure à ceux de leurs ancêtres qui sont morts pour défendre une liberté qui aujourd’hui leur permet d’être les enfants d’un pays qui les a adoptés justement pour le sacrifice consenti. Sacrifice aussi de leurs pères qui sont venus pour enrichir une nation qui avait besoin d’eux et qui ont accepté pour fuir la misère tout en gardant un regard et des coutumes légitimement tournés vers leur ancienne patrie. Alors il nous faut éduquer. A commencer par les joueurs que ces enfants admirent et qui la plupart du temps, ne prennent pas la peine de faire semblant de chanter. D’ailleurs pour certains sont-ils capables de le faire ? Et puis il y a l’école, le civisme et l’histoire qui doit sans concession faire le bilan des méfaits et des bienfaits qui font qu’aujourd’hui les choses sont ainsi. Leur montrer en exemple comment la France et l’Allemagne après des siècles de conflits ont fini par se donner la main. Certes il faudra du temps, les erreurs et les errements de l’histoire ne sont pas faciles à gommer et la répression aveugle dans ce domaine ne peut que retarder le temps inéluctable d’un nécessaire apaisement.  

 Francis Manaud


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