samedi 4 décembre 2021

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Portraits Pour Christine Bouillot, la radio est un sport de haut niveau

[Portrait] Pour Christine Bouillot, la radio est un sport de haut niveau

La voix de Christine Bouillot accompagne depuis plus de deux décennies les auditeurs de Sud radio. Portrait d’une femme dont la carrière sportive a forgé le caractère et lui permet d’accomplir sans faille sa mission de journaliste.

Portrait de Christine Bouillot, dont la voix accompagne, depuis plus de deux décennies, les auditeurs de Sud radio @SudRadio
Portrait de Christine Bouillot, dont la voix accompagne, depuis plus de deux décennies, les auditeurs de Sud radio @SudRadio

« Ma première vie, c’est le sport de haut niveau. Ma deuxième famille, c’est celle du handball français », révèle Christine Bouillot, dont la voix accompagne les auditeurs de Sud Radio depuis plus de deux décennies. Voilà d’où elle tient son moral de fonceuse et les valeurs qu’elle associe au sport : « Fidélité, abnégation et goût du travail ». Née à Toulouse de parents parisien et alsacien « formidables » qui lui laissent suivre ses passions, elle fréquente le collège Jolimont et le lycée Raymond Naves. Puis, elle monte à Paris, à l’âge de 16 ans, pour intégrer l’Insep, le prestigieux institut national qui entraîne l’élite des sportifs et les accompagne dans leur formation. Là-bas, en même temps qu’elle prépare les championnats du monde espoirs de handball ou les Jeux Olympiques de 1988 à Séoul, Christine Bouillot révise son Bac puis entame un cursus au CFJ (Centre de formation des journalistes) pour devenir, en parallèle, journaliste sportive. « À l’époque, s’il ne pouvait pas vivre de ses gains, un sportif avait peu de perspectives de reconversion, à part celle de devenir prof de sport. » Elle partage son banc d’étudiante avec Maryse Éwanjé-Épée, Céline Géraud ou David Douillet. « Nous nous sommes vraiment éclatés », confie-t-elle.

« À 25 ans, j’étais vice-championne d’Europe, et je n’avais plus la flamme »

Problème : « Le journalisme sportif s’exerce surtout le week-end… Or, moi je jouais ces jours-là ! » C’est ainsi que Christine Bouillot passe rapidement aux ”infos géné” de France Bleu Bourgogne, où elle débute une carrière de reporter. « Le premier sujet qu’on ma confié concernait la Politique agricole commune. Je n’y comprenais rien. Je suis revenue à la rédaction avec des heures d’enregistrement, sur bande. Et mon supérieur m’a dit : ”Il faut en garder 40 secondes”. J’étais complètement désespérée ! » Mais le métier rentre vite et elle se met à l’adorer. Deux ans plus tard, la jeune journaliste « fait un crochet » par FR3 Bourgogne Franche-Comté, où on lui propose la présentation de la tranche de la mi-journée. « Je me suis jetée à l’eau ». Et l’aventure dure quatre ans. Toujours en alternance avec les entraînements et les compétitions. « C’est alors que j’ai fait une overdose, un burn-out de hand. J’aimais tellement mon boulot que je ne pouvais plus concilier les deux. À 25 ans, j’étais vice-championne d’Europe, et je n’avais plus la flamme. J’ai mis alors un terme à sa carrière sportive. »

« Ce n’est pas sans conséquence, on y laisse des plumes »

Pas question pour autant de quitter les ”infos géné”. « Peu de journalistes sportifs m’ont donné envie de les rejoindre. À quelques exceptions près, aucun ne m’a jamais bluffée par ses compétences. De plus, c’est un milieu dans lequel j’ai senti de la condescendance à mon égard, malgré ma formation. Cela interroge sur la place des femmes dans ce secteur. » Qu’à cela ne tienne, Christine Bouillot s’épanouit dans ce qu’elle fait. Les postes qu’elle occupe lui permette de « découvrir des territoires, de savoir pourquoi les choses se passent, de satisfaire sa curiosité ». Elle apprécie aussi la dose d’adrénaline qui monte au moment du direct et qui lui font retrouver ses sensations de compétitrice. Et « le miracle qui s’accomplit, à chaque fois, pour que tout passe à l’antenne en temps et en heure ». Revers de la médaille : le rythme est épuisant. « Ce n’est pas sans conséquences, on y laisse des plumes », constate-t-elle.

« Je n’imagine pas que l’herbe soit plus verte ailleurs »

Entrée à Sud Radio en 1999, Christine Bouillot pense en être une des plus anciennes salariées. « J’ai connu trois actionnaires et trois époques très différentes. Celle de la fin des années 1990, florissante. La suivante, plus compliquée, sur laquelle je ne m’étendrai pas. Et, depuis 2013, celle de Fiducial, qui, quoi que l’on puisse en penser, a sauvé la radio. Un média qui s’éteint, c’est toujours grave », fait-elle remarquer. Présentation des journaux, animation d’émissions, reportages sur le terrain et correspondance dans toute la région Occitanie… La journaliste, qui a toutes ces cordes à son arc, en joue avec délectation, « au sein d’une équipe jeune et bienveillante. C’est peut-être le bénéfice de l’âge ! Je n’imagine pas que l’herbe soit plus verte ailleurs ». Toujours discrète, cette femme mariée et mère de trois enfants ne veut pas croire à sa notoriété. « Je suis toujours surprise que l’on puisse me reconnaître ». Son attachement à la radio est viscéral, « car il y a quelque chose de magique dans la voix. Il faut rajeunir l’auditoire, mais ce média est loin d’être mort », estime celle qui l’écoute toujours en FM, sur un petit transistor à piles. Et sa passion sportive dans tout ça ? Christine Bouillot continue de l’assouvir, en tant que présidente du Fénix Toulouse Handball Jeunes.

Philippe Salvador
Philippe Salvador a été reporter radio pendant quinze ans, à Toulouse et à Paris, pour Sud Radio, Radio France, RTL, RMC et BFM Business. Après avoir été correspondant de BFMTV à Marseille, il est revenu à Toulouse pour cofonder le magazine Boudu.
 

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