Sauvetage

Lors de sa dernière intervention télévisée, le Président de la République nous a indiqué que lors de leur dernière rencontre, les responsables européens avaient sauvé l’Europe et même le monde. La solennité de l’annonce avait de quoi faire frémir d’autant plus que l’on ne percevait pas clairement de quel sauvetage il s’agissait. S’agissait-il de la Grèce, de l’Euro, des banques, du triple A ou plus grave encore ? Car il faut bien dire que depuis plusieurs semaines, l’on ne cesse de souffler le chaud et le froid, cette dernière sensation étant de loin la plus pénible car elle a pour fâcheuse tendance de paralyser l’économie. Quand l’on a en mémoire le constat de notre premier ministre qui nous déclarait tout de go “en faillite”, on a le vertige à l’annonce de ces milliers de milliards qui vont devoir stabiliser les marchés et rasséréner les agences de notation. Comment d’ailleurs ne pas se poser des questions simples quand on nous fait connaître les remèdes qui vont sauver ces pauvres Grecs dont on a de plus en plus l’impression qu’ils deviennent un laboratoire d’essais dans une Europe de plus en plus empirique. Il faut que les membres de l’euro groupe et le FMI leur prêtent de l’argent. Mais comme cela est insuffisant, il faut aussi que les banques abandonnent la moitié de leurs créances ; ce qui les rend vulnérables. Il faut donc les recapitaliser avec la garantie des Etats, lesquels deviennent suspects aux yeux des agences de notation qui dès lors menacent de les déclasser et rendre plus cher encore un crédit qu’ils ont déjà du mal à rembourser. C’est ni plus ni moins que le serpent qui se mord la queue, et l’on comprend bien que le système ne peut plus fonctionner.

L’envie d’investir

De plus, on doit se rendre à l’évidence, des années de la-xisme budgétaire ne permettent plus par de simples économies bouche trou, de redresser des comptes que des prévisions de croissance erronées nous obligent à revoir en permanence. Alors le monde s’émeut car il veut conserver cette clientèle européenne grâce à laquelle les pays pauvres s’enrichissent à un point tel qu’ils vont venir à notre secours pour nous permettre de nous endetter encore plus. La création d’un fond de stabilité de mille milliards d’Euros va crédibiliser les marchés et avec eux le risque pour nos économies affaiblies d’aggraver encore notre dépendance et de continuer à vivre à crédit. Pas un mot du Président sur l’impérieuse nécessité pour sortir de cet engrenage fatal, d’avoir recours à la création de richesses c’est-à-dire favoriser l’entreprise et les initiatives personnelles. C’est la seule façon pour chacun des pays de la zone Euro de faire reculer le chômage et par là même les graves déficits sociaux qui paralysent notre économie. Il faut donner au monde l’envie d’investir dans notre pays comme nos plus grandes entreprises investissent dans les pays étrangers. Il y va de notre indépendance si nous ne voulons pas devenir les assistés dont on risque de prendre le chemin en nous faisant miroiter une facilité trompeuse. Gardons notre indépendance, c’est le prix de notre liberté.



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