Toulouse, terre d’espace

La voûte céleste, avec ses innombrables étoiles, est un miroir grandiloquent de la condition humaine. De sa finitude comme de son insignifiance. Mais c’est aussi le creuset de ses rêves de liberté et d’infini. Berceau de l’une des plus anciennes sociétés savantes, la Ville rose accueillera dès la rentrée prochaine le futur siège du Grand commandement de l’espace. Une nouvelle confirmée la semaine dernière par la ministre des Armées, Florence Parly. Alors que se profile la Nuit des étoiles, la fête nationale de l’astronomie qui se tiendra du vendredi 2 au dimanche 4 août, le JT s’est lancé dans l’exploration de la galaxie locale.

CNES
©Guyblade

« De toutes les villes de province, Toulouse est celle où l’astronomie est la plus cultivée .» Cette phrase n’a pas été prononcée à l’occasion de la récente annonce de la ministre des Armées Françoise Parly, pour justifier l’installation dans la Ville rose du commandement militaire de l’espace, mais en 1792 par le notoire astronome Jérôme Lalande. Pour retrouver les premières traces de l’histoire d’amour entre la capitale occitane et les étoiles, il faut remonter au XIIIe siècle, époque à laquelle les deux cartes du ciel, cachées dans une galerie de la basilique Saint-Sernin, ont été peintes.

« Toulouse est avant tout une ville savante »

Ainsi, ce n’est pas forcément à Pierre-Georges Latécoère et aux pionniers de l’aéropostale que Toulouse doit aujourd’hui son titre de capitale européenne de l’espace. « On a souvent tendance à associer cette histoire à celle de l’aéronautique, mais le lien n’est pas si évident. Toulouse est avant tout une ville savante. La deuxième université française y a été créée en 1229. C’est sûrement en raison de cette culture qu’elle a été choisie pour accueillir l’activité spatiale française », avance Jean-Baptiste Desbois, directeur de la Cité de l’espace.

Car derrière cette vision romantique, cette aventure est surtout le fruit de décisions politiques. Dans une volonté de décentralisation initiée par le général De Gaulle, Toulouse est désignée en 1963 pour accueillir les extensions du Centre national d’études spatiales (Cnes), créé un an plus tôt. Puis le Centre spatial de Toulouse (CST), qui voit le jour en 1968 sur la zone de Lespinet. « Le gouvernement aurait pu choisir Bordeaux. Mais le maire de Toulouse, Pierre Baudis, s’est montré plus intéressé que son collègue Jacques Chaban-Delmas, qui avait d’autres priorités nationales », rappelle Jacques Blamont, premier directeur du Cnes, dans le livre “Terre d’espaces”.

Spot, Argos, Curiosity… Les fiertés toulousaines

Un pari gagnant. Des laboratoires (Onera, Irap…), aux grandes écoles (voir infographie) en passant par un réseau d’entreprises composé d’une multitude de PME et de deux des leaders mondiaux du secteur (Thalès et Airbus Defence & Space), toute une filière a émergé en 50 ans. L’Académie de Toulouse abrite même le premier lycée de l’espace de France, label officiel décerné à l’établissement Pierre-Paul-Riquet à Saint-Orens-de-Gameville. Résultat : « Toulouse est impliquée dans la majorité des programmes spatiaux à l’origine d’avancées considérables », souligne Jean-Marc Desbois.

« Des programmes à l’origine d’avancées considérables »

Spot, la famille de satellites d’observation de la Terre, Argos, système de localisation de balises de sauvetage, Galileo, le GPS européen, Philae, premier atterrisseur à s’être posé sur une comète ou encore Curiosity, rover qui a permis d’affirmer que Mars aurait été habitable… La liste de célèbres projets ayant occupé les chercheurs et industriels locaux ces dernières décennies est éloquente.

Et pour dynamiser encore l’innovation le pôle de compétitivité, Aerospace Valley regroupe désormais les différents acteurs des filières de l’aéronautique, de l’espace et des systèmes embarqués. Un véritable noyau économique qui fédère 800 membres répartis en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. En 2017, le chiffre d’affaires du spatial affichait à lui seul une croissance de 18,5 %. Souvent accolée à celle de l’aéronautique, cette filière semble prête à voler de ses propres ailes.

Infographie Espace

Source : Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

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