Cette jeunesse qui veut changer le monde

À l’heure où nous écrivons ces lignes, Greta Thunberg tient la corde chez les bookmakers dans la course au prix Nobel de la paix. Du haut de ses 16 ans, la Suédoise a réussi à rallier toute une génération à sa cause, des jeunes que l’on s’est enfin mis à écouter. Ils s’engagent comme jamais, dans toutes sortes de luttes, partout dans le monde. Le JT n’a pas eu à chercher bien loin quelques-uns de ces spécimens remarquables. Des portraits revigorants de jeunes Toulousains très actifs.

Fridays For Future Greta Thunberg
© Leonhard Lenz

Si le message de Greta Thunberg n’est pas admis par tous, le mouvement qu’elle a lancé a indéniablement fait grimper sa génération sur le devant de la scène. Depuis un an, des millions de collégiens et de lycéens, partout sur la planète, répondent à son appel à la grève et marchent pour le climat. « Ils se sont rendus compte que faire front commun, interpeller les politiques, ça fonctionne. Qu’ils ont leur place dans le débat public. Un réel optimisme s’est emparé de la jeunesse et la tire de la léthargie dans laquelle elle était plongée », s’enthousiasme David Reviriego, étudiant en lettres à l’université Paris-Sorbonne et fondateur de l’association Jeunesse collective, qui promeut leur parole.

« Faire front commun, interpeller les politiques, ça fonctionne »

Un phénomène qui mérite toutefois d’être nuancé : « Cela ne représente en réalité qu’une fraction de la jeunesse, éduquée, qui a le loisir de penser à ce qui lui arrivera dans vingt ans plutôt que dans quinze jours », tempère Jean Pralong, psychologue et professeur de gestion des ressources humaines à l’École de management de Normandie.

De la légitimité à prendre la parole

Cet expert s’est intéressé aux réactions de rejet, parfois violentes, voire fallacieuses, suscitées par la personnalité et le discours de Greta Thunberg. « Ce sont les mêmes que celles des bourgeois face aux étudiants en mai 1968. En portant, avec rage, ses idées révolutionnaires, elle menace l’ordre établi et devient potentiellement dangereuse. Elle colle parfaitement aux stéréotypes de la jeunesse, écolo, rebelle, qui refuse les normes. » La Suédoise souffre encore de n’avoir que 16 ans, dans un autre registre : celui de sa légitimité à prendre la parole. « Nombreux sont ceux qui se demandent de quoi elle se mêle. Parce que la jeunesse est toujours vue comme une période où l’on est censé manger son pain noir en silence et donner des gages de responsabilité, en attendant d’être adulte ».

« Un réel optimisme s’est emparé de la jeunesse »

Une mise à l’écart que ressent parfaitement David Reviriego, âgé de 21 ans, notamment dans la sphère institutionnelle : « Durant une campagne électorale, on ne prendra les jeunes au sérieux qu’une semaine avant le scrutin, en les exhortant à aller voter. Ils ne sont jamais non plus concertés lorsqu’il s’agit de mettre en place des politiques publiques. Ce sont les grands oubliés ».

Le carrefour des urgences

Mais ils disposent désormais d’un mégaphone qui porte loin, grâce à la puissance des réseaux sociaux. « Au-delà de leur dangerosité, ces outils permettent aux jeunes de partager leurs idées, leurs colères, leurs envies avec des alter ego du monde entier », rappelle l’étudiant. Celui-ci ne considère pas sa génération comme radicalement différente des autres.

Si on l’entend si fort, c’est parce qu’elle se trouve au carrefour de plusieurs urgences : « Nous sommes arrivés à un point de rupture. Nous nous rendons compte qu’il est impossible de continuer comme cela, en terme écologique, économique et social. Ce que demandent les jeunes, c’est un monde où les 1 % les plus riches n’écrasent pas les autres, un monde où l’on respecte la nature et les hommes. Un monde vivable. »

Infographie Jeunesse qui s'engage
© Le Journal Toulousain

Source : Sondage CSA 2018 pour l’Observatoire de l’engagement des jeunes, réalisé auprès de 1000 jeunes représentatifs de la population française âgée de 15 à 30 ans

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