mardi 22 juin 2021

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Régionales Occitanie. Vincent Terrail-Novès : “Le rééquilibrage du territoire est un échec de Carole Delga”

Chaque semaine, jusqu’au premier tour du scrutin, le Journal Toulousain vous propose l’interview d’un candidat, pour mieux connaître son programme et voter en connaissance de cause. Aujourd’hui, entretien avec Vincent Terrail-Novès, tête de liste Nouvel Elan Occitan pour les élections régionales en Occitanie.

Terrail-Novès régionales Occitanie
Vincent Terrail-Novès est le candidat de la liste Nouvel Elan Occitan pour les élections régionales en Occitanie.

Le Journal Toulousain : La crise sanitaire a particulièrement remis en cause le secteur de l’aéronautique, filière emblématique de la région. Quelle est votre position sur la nécessité ou non de diversifier l’activité économique de l’Occitanie ?

Vincent Terrail-Novès : À l’échelle régionale, l’aéronautique est la troisième industrie, cela veut donc dire qu’il y en a deux autres avant. En ce qui concerne le bassin toulousain, en revanche, il s’agit en effet d’une industrie quasi exclusive. Lorsque l’aéronautique s’arrête, c’est l’ensemble de la Métropole qui s’enrhume. Donc oui, une diversification s’impose. Notamment en appliquant tous les savoir-faire et les compétences de l’aéronautique à des enjeux de transition écologique ou, par exemple, à des nouvelles méthodes de préventions des risques climatiques pour l’agriculture. Mais les entreprises l’ont compris et se sont déjà saisies de ces problématiques. Elles pratiquent d’elles-mêmes la diversification tout simplement parce que c’est dans leur intérêt.

“La région doit continuer à investir dans les petits aéroports”

Faut-il encore miser sur l’aéronautique civile selon vous ?

Bien sûr, c’est un secteur qui a de l’avenir. Nous observons dès à présent qu’il est en train de repartir à la hausse. Les gens ont économisé durant cette période de crise sanitaire et ont envie de renouer avec la liberté et les voyages. Il y aura une reprise, au moins à très court terme, et je ne partage pas du tout le pessimisme de mon collègue Antoine Maurice sur le sujet. En outre, la reprise sera concentrée sur des petits avions avec des circuits plus courts. C’est pour cette raison que la Région doit continuer à investir dans les petits aéroports, comme celui de Castres, afin de maintenir un équilibre nécessaire.

Considérez-vous qu’il existe une contradiction entre croissance économique et écologie ?

Absolument pas, les deux sont conciliables sauf à vouloir agir en punissant tout ce qui se fait. En tant que maire de Balma, j’ai par exemple initié une politique ambitieuse de sobriété énergétique dans les bâtiments publics. Il faut d’abord privilégier les secteurs dans lesquels on peut intervenir avant de punir les gens. Et pour revenir au domaine de l’aérien, il existe des solutions comme l’avion électrique ou bien sûr à l’hydrogène, à condition que celui-ci soit vert, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Une région Occitanie zéro plastique d’ici 2030

Quel sera votre politique en faveur de l’environnement si vous êtes élu président de Région ?

Mon objectif d’ici 2030 sera de réduire de moitié les émissions de gaz à effets de serre. Cela passera notamment par un travail énorme sur la sobriété énergétique des bâtiments ainsi que sur la mise en place d’une banque des territoires à l’échelle régionale pour soutenir financièrement tous les projets en lien avec la transition écologique. D’ici 2030, je souhaite aussi que l’Occitanie devienne une région zéro plastique. Un sujet sur lequel je travaille déjà beaucoup pour la ville de Balma. Enfin, je suis partisan d’un mix énergétique. Je pense en effet qu’il n’est pas possible de se passer du nucléaire. Quant à l’éolien, qui soulève beaucoup d’interrogations, je propose un moratoire sur le sujet.

“Il est illusoire de penser que la puissance publique pourra financer l’intégralité des lignes LGV”

Pour le financement de la LGV, vous proposez le recours à un partenariat public-privé (PPP), en quoi cela consiste-t-il ?

Tout d’abord, il faut rappeler qu’après l’engagement de l’État à contribuer à hauteur de 4,1 milliards d’euros au projet, il en manque à peu près autant. La solution proposée par Carole Delga consiste à taxer l’immobilier d’entreprise, ce que je considère être une grave erreur. Les entreprises ont surtout besoin d’être aidées à l’heure actuelle, pas d’être taxées. Pour faire de la LGV une réalité, ou plutôt des LGV puisque l’on parle de Bordeaux-Toulouse mais aussi des lignes Toulouse-Narbonne, Montpellier-Perpignan et même Bordeaux-Hendaye, je propose donc un partenariat public-privé. Il s’agit de lancer un appel d’offre pour confier à une entreprise privée l’exploitation des lignes sous forme de concession. Il est illusoire de penser que la puissance publique pourra financer l’intégralité des lignes, je suis le seul candidat à me donner les moyens de les réaliser.

Ce système de concession n’a t-il pas montré ses limites, notamment pour le cas des autoroutes ?

Dans une concession, il faut évidemment que la puissance concédante ait un contrôle et qu’elle joue pleinement son rôle de contrôle. La ligne de TGV Tours-Bordeaux fonctionne sur ce modèle et il n’y a pas de problème.

“Je veux encourager les particuliers à investir dans les entreprises locales”

Quelles sont vos grandes priorités pour la région ?

Mon projet repose sur trois piliers : la Région de la relance, la Région qui défend les territoires et la Région qui protège, que ce soit en matière de sécurité ou de santé. En ce qui concerne la relance, il faut d’abord changer le regard sur l’orientation des jeunes. Vouloir à tout prix les placer en filière générale, alors que des tas de secteurs sont en tension et pourraient offrir de nombreux débouchés, est une erreur. Je propose, notamment, la mise en place du dispositif 1 jeune 1 projet qui consisterait en un bilan de compétence réalisé à la fois par l’Éducation nationale et des acteurs extérieurs de l’orientation.

Ensuite, pour soutenir les entreprises, je souhaite créer une “task force post-covid” dotée de 50 millions d’euros pour les accompagner au moment de la reprise. De même, il y a en ce moment en France beaucoup d’épargne du fait des économies réalisées pendant la crise sanitaire. Je veux encourager les particuliers à investir dans les entreprises locales, surtout les PME et les TPE, à travers une bourse numérique. Je veux dire aux gens qui ont de l’épargne : “Faîtes le pari de l’économie régionale”.

Quels sont vos pistes pour réduire les inégalités entre les territoires, notamment entre les métropoles et les zones rurales ?

Le tourisme peut être un lien important entre les territoires. Il peut aider à irriguer l’ensemble de la région. Par exemple, nous avons deux millions de visiteurs par an à Carcassonne, il faut arriver à amener ces visiteurs dans l’arrière pays audois. En Occitanie, nous avons tout ce qu’il faut pour réussir, mais nous sommes seulement la quatrième région française en terme de retombées économiques liées au tourisme. Je souhaite donc multiplier ce budget par trois afin de moderniser les structures d’accueil, élargir l’aile saisonnière et ainsi créer des emplois durables et non délocalisables. Mais, outre l’emploi, le lien passe aussi bien sûr par les services publics. Ainsi, pas un habitant d’Occitanie ne doit être à plus d’une demi-heure d’une maison France Services. Et, en matière de santé, les Communautés professionnelles territoriales de santé sont des outils adaptés pour lutter contre les déserts médicaux. C’est comme cela que l’on rééquilibre un territoire. C’est une vraie aspiration des citoyens et, il faut l’avouer, un échec de Carole Delga durant son mandat.

“LR est en train de dévier à l’extrême droite”

Vous n’êtes plus membre d’aucun parti mais soutenu par la majorité présidentielle. Comment vous situez-vous politiquement ?

Je suis un homme de droite sociale, dans la tendance de Philippe Séguin. Le parti Les Républicains est en train de dévier sur l’extrême droite. Il suffit d’écouter les déclarations, encore ce week-end, d’un collègue d’Aurélien Pradié (Guillaume Peltier, député LR, ndlr) se disant prêt à discuter avec M. Ménard. Il est temps de faire tomber les masques. Le clivage gauche-droite n’est plus d’actualité. D’autant plus avec cette crise qui aurait dû être un moment de concorde. Mais certains partis ont au contraire surfé sur cette période pour prendre des postures n’ayant d’autre but que de se mettre à la place de celui qui gouverne. Souhaitant ainsi l’échec du pays. Ceux qui veulent que la France réussisse ont envie que nous soyons au-dessus de cela et que l’on se rassemble.

Avec quel autre candidat aux régionales pourriez-vous éventuellement effectuer ce rassemblement au second tour du scrutin ?

J’ai déjà appliqué un rassemblement très large. Regardez l’UDI qui a adopté une position nationale très parisienne en soutenant le parti LR. Pour autant, j’ai beaucoup de personnalités issues de l’UDI dans mes listes. J’ai aussi à mes côtés, sur le terrain, le Mouvement radical, des anciens socialistes, des gens de centre droit… Comme le disait mon père (Guy Novès, ancien entraineur du Stade Toulousain et de l’équipe de France de Rugby, présent sur la liste Nouvel Elan Occitan dans l’Aude, ndlr) à ses joueurs, la meilleure façon de rater un match est de penser à celui d’après. Mon seul objectif à ce jour est donc de faire au moins 10% pour être qualifié au second tour.

Nicolas Mathé
Pigiste, il a observé l’actualité pour différents titres de la presse écrite locale et nationale pendant presque 10 ans, avant d’intégrer la rédaction du journal en février 2018 pour se consacrer exclusivement à la quête des solutions de demain.
 

Travail : Comment mettre le sexisme au placard ?

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