vendredi 18 juin 2021

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Régionales 2021 en Occitanie. Aurélien Pradié parie sur l’avion vert et l’industrie de l’armement

Chaque semaine, jusqu’au premier tour des élections régionales 2021 en Occitanie, le Journal Toulousain vous propose l’interview d’une tête de liste, pour mieux connaître son programme et voter en connaissance de cause. Aujourd’hui, entretien avec Aurélien Pradié, tête de liste Du courage pour l’Occitanie.

Aurélien Pradié candidat régionales occitanies 2021
Aurélien Pradié, candidat Les Républicains aux élections régionales 2021 en Occitanie © Du courage pour l’Occitanie

Le Journal Toulousain : Portée par deux secteurs durement frappés par la crise sanitaire, l’aéronautique et le tourisme, l’économie de l’Occitanie a souffert. Quel rôle peut jouer la Région dans ce contexte ?
La Région doit protéger et soutenir efficacement l’économie et les entreprises locales. Pour cela, il faut en finir avec le saupoudrage d’aides comme le fait la majorité actuelle. Ce sont des politiques qui fonctionnent a peu près quand tout va bien, mais qui révèlent leur inefficacité lorsque des secteurs sont en crise. Il faut alors mettre en œuvre des leviers beaucoup plus puissants.

C’est pourquoi nous proposons de créer un fonds souverain régional. En mobilisant des investisseurs publics, privés et les petits épargnants de la région, nous pouvons provoquer un effet levier de près de 250 millions d’euros. Cette capacité d’investissement permettra d’accompagner la reprise d’entreprises en difficulté par les salariés, d’éviter des rachats hostiles, et de transformer les secteurs qui en ont besoin.

« L’armement est un marché à explorer »

Faut-il rompre avec la dépendance à l’aéronautique et favoriser la diversification de l’industrie régionale ?
La diversification n’est pas le sujet. D’abord car la diversité existe déjà mais également parce que l’aéronautique ne se limite pas à sa composante industrielle, qui ne représente que la moitié de la filière. L’autre moitié étant composée d’emplois du secteurs tertiaire (services, maintenance, etc.). Ce qu’il faut, c’est accompagner sa transformation. Par exemple en se réorientant vers l’armement et l’aviation militaire. C’est un marché a explorer, même s’il ne sera certainement pas suffisant. Il faut donc un second volet qui est celui de l’avion propre. Nous devons investir dans cette industrie pour ne pas la perdre.

Soutenir une industrie qui fait des victimes civiles dans d’autres région du monde ne vous pose pas de problème éthique ?
Tout d’abord, il faut avoir conscience que l’aviation militaire est vouée à protéger les civils et faire de la dissuasion plus qu’à mener véritablement des guerres. De plus, à Toulouse, nous fabriquerions des gros porteurs qui servent à la logistique. Et, enfin, si nous nous posons des questions éthiques sur l’industrie de l’armement, il faut se les poser sur tout. Moi, ce qui m’inquiète, c’est la fuite de la main d’œuvre et des savoir-faire.

« Les écologistes intégristes défendent plus la déconstruction de notre mode de vie que l’environnement »

L’aéronautique civile est-elle encore une industrie d’avenir ?
Il faut avoir un discours de vérité. Le secteur aéronautique va connaître une crise plus longue que ce qui est annoncé et souffrir pendant plusieurs années. Néanmoins, je crois profondément dans l’industrie et, notamment, l’industrie aéronautique. Il y a deux dangers qui la menacent. La crise, d’une part, mais également les discours des écolos intégristes sur la fin de l’avion. Ce sont des ennemis de l’industrie. Et tous ceux qui se rallieront à ce discours pour des raisons électoralistes seront complices. Je pense notamment à Carole Delga qui pourrait fusionner avec eux au second tour.

Pensez-vous qu’il soit possible de concilier développement économique et écologie ?
Évidemment. Mais il ne faut pas tomber dans l’imposture des écologistes. Par exemple, l’éolien est une hypocrisie et un non sens environnemental. Les éoliennes détruisent les paysages et impliquent d’injecter des millions de tonnes de béton dans le sol pour planter des mats que nous sommes incapables de recycler. Même hors d’usage, ils resteront plantés sur nos communes alors que cette industrie, dominée par les chinois et les américains, n’aura pas rapporté le moindre euro à notre région.

Il faut dénoncer le fait que les écologistes intégristes s’intéressent à tout sauf à la préservation de l’environnement. Quand ils s’opposent aux sapins de Noël, au tour de France ou à la viande dans les cantines, ils prennent des positions qui n’ont aucun impact sur la question. Mais ils sont opposés à notre mode de vie et défendent sa déconstruction.

« Je préfère une production non-bio mais de proximité »

Comment souhaitez-vous défendre l’environnement si vous êtes à la tête de la région ?
En défendant la préférence régionale et en privilégiant la localité économique grâce à des mesures comme l’introduction de clauses carbones dans les marchés publics. Beaucoup de collectivités prônent la mise en œuvre de repas bios dans les cantines sans s’intéresser à la provenance des aliments. Certains menus bios sont composés à 100 % de produits étrangers. Pour ma part, je préfère une production non-bio mais de proximité.

Si vous êtes élus, quels seront vos grands chantiers ?
Dans un premier temps, nous devons revenir à une gestion plus rigoureuse de notre administration. La fusion des régions a été totalement ratée à cause du manque de courage de Carole Delga qui a maintenu deux ou trois directeurs de services là où il ne devrait plus y en avoir qu’un seul. Ces doublons ralentissent le système et produisent de l’inégalité entre les territoires, puisque les choix politiques ne sont pas appliqués de la même manière partout.

L’argent ainsi économisé, 20 millions d’euros par an, nous permettra de nous engager dans trois grandes causes que j’ai définies pour mon mandat : la protection des femmes et des enfants victimes de violences, la pauvreté et le handicap. Nous devons retrouver le goût des grands chantiers qui rassemblent les citoyens.

Quelles sont vos pistes pour résorber les inégalités entre les territoires métropolitains et ruraux ?
Cela passe par des aménagements. Je me suis prononcé pour faire avancer la LGV le plus vite possible. Mais il ne faut pas oublier que ce projet ne s’adresse qu’à 10 % de la population. Les 90 % restant utilisent la route et n’emprunteront jamais cette ligne. Il faut sortir du choix simpliste, qui vaut dans les grandes villes, entre la voiture ou les transport en commun. Dans les territoires ruraux, les gens ont besoin de leur voiture. Au delà du budget de la LGV qui est très important, nous voulons instaurer un principe budgétaire d’équivalence. Pour un euro investit en zone métropolitaine, nous investirons un euro en zone rurale.

« Nous n’avons jamais connu autant de privation de liberté »

Vous voulez créer une police régionale des transports, ce qui n’est pourtant pas de la compétence de la Région ?
D’abord, je parle de brigade et non de police pour ne pas prêter à confusion (le programme édité par la liste Du courage pour l’Occitanie s’engage à « créer une police régionale des transports », NDLR). Le but étant de déployer des agents formés, non armés, mais équipés de moyens de sécuriser, comme des bombes lacrymogènes. Avoir des opérateurs de sécurité et des caméras pour protéger les voyageurs comme les agents est aussi souhaitable que nécessaire.

Pour la sécurité êtes vous prêt à sacrifier la liberté ?
La vidéo-surveillance dans les transports ou devant les établissements scolaires n’est pas une atteinte aux libertés. Ce qui met en danger nos libertés, ce sont les téléphones portables, la privation de notre liberté de circuler et les contrôles récurrents. Nous n’avons jamais connu autant de privation de liberté qu’actuellement. Ceux qui hurlent devant une caméra sont les premiers à signer une attestation pour aller faire pisser leur chien. On doit pouvoir supporter des vigiles dans les trains, où l’on déplore régulièrement des agressions inacceptables, alors qu’on en supporte déjà partout.

« Je déteste la lâcheté en politique »

Entre le fonds souverain et la préférence régionale, vous prônez des mesures interventionniste et protectionniste. Prenez-vous vos distances par rapport au libéralisme ?
Je suis un gaulliste. Je crois au bienfait de la concurrence autant qu’a l’intervention de la force publique quand l’intérêt général doit être protégé. Je ne suis pas béat face au modèle néo-libéral.

Croyez-vous toujours au clivage gauche-droite ?
Je suis de droite et je crois au clivage politique. Vouloir effacer les repères est un poison et une hypocrisie qui nous a mené au désastre. Ceux qui ne se prétendent ni de droite ni de gauche sont des opportuniste qui s’accommodent d’avoir le cul entre deux chaises. Aujourd’hui, la plupart des candidats se planquent pour tromper les électeurs. Quand je les vois gommer leurs étiquettes, ça m’insupporte.

Sur ses tracts, Carole Delga ne met pas de logo et refuse de se dire socialiste. De même, le candidat LREM ne dit pas qui il est et le candidat RN passe son temps à rappeler qu’il n’est pas adhérent du parti. Je déteste la lâcheté en politique. C’est cette attitude qui nous fait crever aujourd’hui.

 

Travail : Comment mettre le sexisme au placard ?

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