L’ex-président de Toulouse Nocturne interpelle les candidats aux municipales

Christophe Vidal, ancien directeur de Toulouse Nocturne pointe du doigt les candidats aux municipales de Toulouse. Il leur reproche la quasi-absence de propositions pour la nuit dans leur programme et leur demande un plan d’action concret.

Christophe Vidal
©Jean Chiscano

À un peu plus d’une semaine du premier tour des municipales les candidats à la mairie de Toulouse sont toujours en pleine campagne pour faire valoir leurs idées. Un point semble cependant manquer dans leurs programmes : la vie nocturne. Un vide significatif pour Christophe Vidal, ex-maire de la nuit et ancien président de Toulouse Nocturne, qui a décidé d’interpeller les candidats aux municipales pour leur demander un plan d’action. Car pour lui, la nuit reste une économie qu’il faut organiser et défendre.

“C’est incompréhensible”

Christophe Vidal reconnaît que certaines listes évoquent des mesures liées à la nuit. “Mais rien de véritablement concret. Les candidats ne sont pas capables d’élaborer un vrai projet politique de la nuit. C’est d’autan plus incompréhensible que Toulouse Nocturne a passé six ans à faire de la sensibilisation auprès de Jean-Luc Moudenc et Pierre Cohen. Nous avons aussi rencontré Antoine Maurice et Nadia Pellefigue”, juge Christophe Vidal.
Un point agace d’ailleurs particulièrement ce dernier : l’absence d’un Conseil de la nuit, une instance qui serait dédiée uniquement à la vie nocturne. Seule la liste Toulouse Anticapitaliste l’évoque dans son programme. Une déception pour Christophe Vidal, d’autant qu’en juin 2019, la mairie avait accepté de créer cette instance. “Depuis c’est une coquille vide. Il a certes été voté, mais aucune information n’a filtré publiquement, donc je ne pense pas que quoi ce soit de concret ait été réalisé”, estime-t-il.

La nuit, un véritable business

L’ancien président de Toulouse Nocturne estime que la nuit fait partie intégrante de la vie sociale et économique de la ville. La mairie avait d’ailleurs, sous l’impulsion de l’association, commandé une enquête sur le poids des activités nocturnes. Menée jusqu’à son terme, la municipalité n’a jamais communiqué les résultats de l’étude. “J’ai l’impression que les politiques ne se rendent pas compte de l’importance de l’enjeu. Des villes comme New York ont depuis longtemps nommé des maires de nuit. Ce n’est donc pas anectodique”, fulmine-t-il, encourageant “à s’ouvrir à l’international pour s’en inspirer”.

Faire de la prévention

“Il faut arrêter de pointer du doigt les gens qui font la fête et prendre les choses en main”, juge l’ancien maire de nuit. Et pour ce faire, Christophe Vidal estime qu’il faudrait mettre en place, dans les plus gros établissements (café, hôtels et restaurants), un dispositif préventif en libre accès, du jeudi au samedi. “Des éthylotests, des préservatifs, des bouchons d’oreilles, des distributeurs d’eau ou encore des numéros de téléphone de VTC”, détaille-t-il. Un moyen de “rassurer les parents et peut-être à long terme de sauver des vies”, espère ce dernier. Christophe Vidal reconnaît qu’en la matière, le maire actuel a fait des efforts avec la prolongation du métro jusqu’à trois heures du matin le week-end. Mais pour lui, ce n’est pas suffisant: “Il faut arrêter de laisser les jeunes marcher tard dans la rue, pour leur sûreté, mais aussi par rapport aux nuisances sonores. Il serait donc intéressant de mettre en place des navettes gratuites.”

Combattre les nuisances sonores

“Il y aura toujours du bruit la nuit à Toulouse. Mais pour que tout le monde vive bien ensemble, il faut arrêter de sanctionner bêtement et adopter des moyens efficaces, comme un indicateur de décibel. Ce dernier s’installe à proximité d’une terrasse et quand le niveau sonore devient trop élevé, il envoie des flashs lumineux, désagréables pour les occupants”, explique Christophe Vidal.
Enfin, il souhaiterait la création d’un nouveau quartier festif en banlieue de Toulouse. Des restaurants, des bars musicaux, des boîtes de nuit, des épiceries de nuit, mais aussi des navettes gratuites… comme c’est le cas à Paris, conclut-il.
Et si Christophe Vidal dit n’avoir aucune ambition personnelle, il espère cependant que son coup de gueule fera réagir les élus locaux, car “la vie ne s’arrête pas à 21 heures”.

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