A quoi ressemble l’école en temps d’épidémie ? Les élèves toulousains témoignent

Depuis le lundi 11 mai, les élèves de primaire et du collège ont repris le chemin de l’école, en ces temps d’épidémie. A Toulouse, entre 3 500 et 4 000 enfants sont ainsi retournés en classe. Pierre, collégien, et Mathéo et Eliaz, élèves de primaire, racontent leur rentrée scolaire. 

ecole-salle de classe CC clio - Mariana
CC clio – Mariana

Marquages au sol, port du masque et distances de sécurité, en ces temps d’épidémie, l’école ne ressemble plus à ce qu’elle était. Face à l’épidémie du Covid-19, les établissements scolaires ont dû s’adapter pour respecter les mesures de sécurité sanitaire. Pierre, 12 ans, est en classe de cinquième. De retour dans son collège toulousain depuis le lundi 18 mai, il a eu droit à une pré-rentrée pour se familiariser avec les nouvelles règles de vie de la classe. « On nous a expliqué qu’il fallait bien respecter le mètre de distance et porter un masque toute la journée, à changer toutes les quatre heures. On nous a aussi montré comment se laver correctement les mains », raconte-t-il. Et pour que les élèves mettent bien en place les gestes barrières, le collège a tracé un circuit qu’ils doivent suivre dès leur entrée dans l’établissement. « Les premières flèches indiquent les toilettes pour qu’on se lave les mains en arrivant. Ensuite, des traits au sol indique le chemin vers les salles de classe et délimite les un mètre de distance », explique Pierre. Ces marquages au sol désignent aussi le sens de circulation dans les couloirs et les escaliers, que les collégiens doivent bien respecter en marchant les uns derrière les autres.

On retrouve la même signalétique dans les écoles primaires de Mathéo et Eliaz, âgés de 10 ans et en classe de CM2. Dans celle de Mathéo, de retour à l’école depuis le lundi 25 mai, elle s’applique même à l’extérieur de l’établissement. « Il y a trois entrées et quatre classes. Chaque classe a son entrée et sa ligne et on doit attendre les uns derrière les autres en respectant la distance d’un mètre jusqu’à ce que le professeur vienne nous chercher », indique-t-il. Dans les classes, là aussi il y a du changement. Que ce soit en primaire ou au collège, un seul élève doit être placé par table. Des tables elles-mêmes espacées les unes et des autres.

Déplacements et mouvements restreints

En plus de ces nouvelles mesures techniques à respecter, les conditions de travail des écoliers se voient chamboulées. Dans un espace restreint comme les salles de classe, les enseignants et les élèves doivent redoubler de vigilance. « On a pas le droit d’aller à la table des autres, ni de se prêter du matériel », déclare Eliaz, lui aussi de retour en classe depuis le 25 mai. Mathéo, lui, n’a même pas le droit de ramener son sac à l’école, et ce pour enrayer l’épidémie. « On a un stylo et trois feutres à notre nom », explique-t-il. La moindre chose touchée par quelqu’un d’autre conduit à la désinfection de l’objet et des mains. A l’heure de leur cours, les professeurs de Pierre aseptisent l’ordinateur, le clavier, la souris, le bureau, le tableau et les feutres pour écrire sur ce dernier. Tout est organisé pour éviter les contacts et, de ce fait, la contamination.

La récréation aussi a été repensée. Elle ne ressemble plus beaucoup à ce moment de la journée où les élèves peuvent retrouver leurs camarades et jouer. Dans les écoles primaires de Mathéo et Eliaz, les classes ne prennent pas leur temps de pause au même moment. Pour Eliaz, ce temps est même plus court que d’habitude : « On n’a que dix minutes de récréation au lieu de quinze. » Et dans la cour, interdiction de se toucher et de se rapprocher. Quant à Pierre, il passe sa récréation assis à sa table de classe. « On n’a pas le droit de sortir dehors, ni dans le couloir pour marcher », note-t-il.

Pour autant, même si cette rentrée scolaire semble étrange aux trois écoliers, ils comprennent la nécessité d’appliquer les gestes barrières. « Ça fait bizarre mais on s’y habitue », confie Eliaz. De son côté, Pierre a hâte que ce soit terminé et de retrouver son « école normale ».

Wendy Le Neillon

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