mardi 26 janvier 2021
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Subventions aux associations : bataille de communication entre la mairie de Toulouse et l’opposition

Plusieurs subventions à destination d’associations sportives, culturelles, sociales et de santé ont été votées ce vendredi 11 décembre en Conseil municipal de Toulouse. Un soutien que l’opposition estime insuffisant. Pour le dénoncer, le groupe Archipel Citoyen a décidé de s’abstenir lors du vote des délibérations concernées. Une démarche dénaturée par Jean-Luc Moudenc.

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©Patrice Nin

À l’ordre du jour du Conseil municipal de ce vendredi 11 décembre, la mise en place de la Zone à faibles émissions (ZFE), mais aussi de nombreuses délibérations pour l’attribution de subventions au monde associatif de Toulouse. Des aides à destination de structures culturelles, qui agissent dans le domaine de la lutte contre les exclusions, de la prévention, et de l’accompagnement social, ou même au fonctionnement du Toulouse Football Club… Comme l’a rappelé Sacha Briand, « le Conseil municipal vote ses subventions en fin d’année, afin que les associations puissent en disposer dès le début de l’année suivante ».
Lors de la mise au vote des délibérations concernées, la majorité vote pour, naturellement, mais l’opposition s’abstient. Elle, qui s’était pourtant émue, dans les propos liminaires d’Antoine Maurice, leader du groupe Archipel Citoyen, du manque de considération de la majorité pour les associations culturelles, qui venaient d’apprendre le nouveau report de l’ouverture des lieux de diffusion. Et de rappeler que, « depuis six ans, les subventions aux associations, tout domaine confondu, ont déjà baissé de 25% ».

Une communication tendancieuse concernant le vote de subventions aux associations de Toulouse

Agacé par ce dernier argument, Jean-Luc Moudenc qui préside la séance, fait remarquer : « Vous noterez, chers collègues, que pour soutenir les associations, l’opposition dispose d’une méthode singulière : elle s’abstient systématiquement de voter les subventions que nous souhaitons leur allouer… » Une démarche que le maire de Toulouse demande à ses équipes de rendre publique : « Croyez-bien que nous allons communiquer largement concernant votre attitude ! »
Sitôt dit, sitôt fait, tous les adjoints au maire ayant présenté une délibération pour subventionner une association ont twitté pour préciser le vote abstentionniste de l’opposition :

Ou encore :

Le lendemain, c’est par le biais du compte Twitter du groupe Aimer Toulouse, que les consignes du maire sont appliquées à la lettre :

Une communication sans détour, mais dont l’approximation fait bondir les membres de l’opposition. « Il est dommage que ceux qui ont une certaine expérience de la politique confondent “contre” et “abstention” », lance Odile Maurin. Car, il s’agit bien d’abstention et non de vote contre. D’ailleurs, Caroline Honvault, conseillère municipale d’opposition, excédée par les allusions de Jean-Luc Moudenc, a tenu à préciser, en salle du Conseil municipal : « Nous ne pouvons décemment pas voter pour des subventions dont nous n’avons pas les détails. Nous ne connaissons pas les critères d’attribution, et ne savons donc pas pourquoi une association pourrait bénéficier d’aides municipales au détriment d’une autre. »

Des propositions pour éviter tout clientélisme

C’est cette opacité et ce manque de transparence que dénonce Archipel Citoyen, qui souhaite « éviter tout clientélisme ou favoritisme ». Pour cela, le groupe demande la création d’une commission d’attribution de l’ensemble des subventions, ouverte aux élus de l’opposition et à des habitants tirés au sort, au moins en tant qu’observateurs. De même, les Archipéliens souhaitent l’amélioration de l’accessibilité aux données publiques et à leur interprétation. Sans oublier, un état des lieux indiquant le montant total versé à chaque association depuis 2013. « Sans quoi, nous ne sommes pas en mesure d’exercer notre rôle de contrôle, essentiel à la démocratie locale ».

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

2 Commentaires

  1. La dictature en marche. Pas de possibilité de s’exprimer et de fausses infos balancées sur les réseaux sociaux qui adorent cela. Heureusement il doit rester à l’opposition la presse libre ,indépendante , de notre grand groupe régional pour rectifier le tir. Courage à l’archipel!
    Depuis l’Aveyron profonde!

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