samedi 31 juillet 2021

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Politique Sophia Belkacem, ou l’art de croire en soi jusqu’au bout

[Politic portrait] Sophia Belkacem, ou l’art de croire en soi jusqu’au bout

ENERGIE. Entre un dossier au tribunal et un conseil d’école dans le quartier du Busca, Sophia Belkacem passe àSaint-Michel le temps de boire un coca. Il est seize heures, cest sa première pause de la journée. Elle na pas déjeuné.

Par Amélie Phillipson

Née à Béziers, elle est élue conseillère municipale des jeunes dans sa ville natale à l’âge de douze ans. « Jai été remarqué par le maire de l’époque, Raymond Couderc, et il a souhaité me donner une place lors de son troisième mandat ». C’est ainsi qu’à24 ans, elle est élue conseillère municipale, alors la plus jeune de la liste.

 

A 18 ans, elle a un coup de foudre pour Toulouse et s’y inscrit à l’université. Ses études de droit se passent bien, elle obtient même une mention. Pourtant, ce n’était pas gagné : « Je nai pas honte de dire que jai toujours eu des difficultés à l’école ». En première littéraire, elle passe en conseil de discipline parce qu’elle n’allait plus en cours. « Javais eu une peine de cœur à l’époque. J’étais une adolescente bête. Peut-être suis-je trop entière ». Elle s’obstine, s’inscrit au CNED (Centre national d’enseignement à distance), et travaille plus que les autres. Seule face à tous ses livres de cours, elle développe « une mémoire visuelle extraordinaire ». Ça paye : elle obtient le bac du premier coup. Comme quoi, c’est possible de décrocher et de réussir. « La chance que jai eue, cest que jai cru en moi jusquau bout. »

 

Etre avocate est sa vocation depuis qu’elle a huit ans. Elle s’était déguisée en avocate avec des gros dossiers, une robe et une sacoche. Aujourd’hui, elle n’a plus la sacoche, mais veut toujours défendre les gens. Fille d’une aide-soignante et d’un garagiste, personne dans sa famille ne fait de la politique.« Ça mest venue lorsque j’étais déléguée de classe ».

  « Quand on est jeune élue à24 ans, ça suscite la jalousie, ça ma endurcie ».

Pourtant, « la Sophia étudiante, elle était un peu « bisounours ». Elle avait son petit cocon et la politique lui faisait peur », raconte la même femme, à31 ans. Lorsqu’on l’entend dire aujourd’hui « jaime la vie, jaime les gens, jai confiance en lavenir », on pourrait croire que ça n’a pas changé. Mais « quand on est jeune élue à24 ans, ça suscite la jalousie, ça ma endurcie ». Comme à son habitude, elle persiste et s’engage dans un deuxième mandat. « Cette volonté daider lautre et dapporter des réponses est en moi », explique-t-elle simplement. Ce sera cette fois-ci à Toulouse.

 

En 2013, elle part elle-même à la rencontre de Jean-Luc Moudenc lui proposer sa petite expérience. Elle s’investit ardemment dans sa campagne à Empalot, « séduite par ce quartier plein de perspectives ». Issue de l’immigration, elle s’y sent à sa place. Jean-Luc Moudenc remporte les élections et lui confie non seulement Empalot, mais aussi “le package”: Saint-Michel, Saint-Agne et Busca. « 35 800 habitants, cest juste fou, je suis encore très jeune ! Cest une chance extraordinaire d’être conseillère municipale à Toulouse. Jose croire que Jean-Luc Moudenc me fait confiance ». Ce qui lui tient à cœur dans sa mission : l’emploi, notamment l’emploi des jeunes. « Quand on na pas de perspectives, on sombre ». Ce qui lui fait peur : « ceux qui ne votent pas ou qui votent Front national ».

 

En voiture, ses mains sont plus souvent en train de bavarder que de tenir le volant. « Je parle beaucoup, hein ? ». Enjouée, optimiste, travailleuse, débordante d’énergie, Sophia Belkacem s’avoue quand même « un peu à cran après six mois de travail intensif ». Conseillère municipale déléguée, maire de quartier, avocate, conseillère à la métropole, sans oublier fiancée, ce qui lui manque, c’est du temps à consacrer à ses proches. Du temps pour elle aussi, pour faire du sport, du théâtre. « Etre élue, cest un don de soi ». Pour tenir, elle compte sur son caractère bien trempé et l’équilibre que lui apportent ses amis et sa famille. « Ce quil faut savoir, cest que je suis absolument normale. Une femme de 31 ans, voilà ».

 

 

 

3 années phares

2012 : admise au concours d’avocat.

2013 : Jean-Luc Moudenc annonce qu’elle sera sur sa liste aux municipales.

2015 : année de son mariage.

La rédactionhttps://www.lejournaltoulousain.fr
Le Journal toulousain est un média de solutions hebdomadaire régional, édité par la Scop News Medias 3.1 qui, à travers un dossier, développe les actualités et initiatives dans la région toulousaine. Il est le premier hebdomadaire à s'être lancé dans le journalisme de solutions en mars 2017.
 

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