Colibri Paysage : des conseils pratiques pour biocontrôler son jardin

Comment faire du biocontrôle dans son jardin ? Se passer du glyphosate et des autres produits phytosanitaires nocifs pour l’environnement, c’est possible. Sébastien Tatar, ingénieur en Agroécologie et spécialiste du bio-contrôle nous donne quelques conseils pour faire de la nature un allié dans au jardin.

© Arnaud 25

Pas besoin de pipettes, de tubes a essais, de matériel coûteux ou d’une blouse blanche pour faire du biocontrôle dans son jardin. Quelques conseils simples et pratiques permettent de réduire l’usage des produits phytosanitaires. « La règle d’or, c’est la diversité. C’est l’assurance santé du potager. Plus la variété de légumes et de plantes compagnes (aromatiques ou médicinales) est importante et plus le risque d’attaques de bioagresseurs diminue », formule Sébastien Tatar, ingénieur en Agroécologie et fondateur de la société de paysagiste Colibri Paysage, qui prône également un principe d’intervention minimum.

Prévention et principe d’intervention minimum

Pour ce spécialiste de la protection des plantes, limiter le désherbage, notamment de la flore spontanée, appelée à tord mauvaise herbe, présente un triple avantage. En effet, celle-ci procure un habitat naturel aux auxiliaires, contribue à l’équilibre de l’écosystème et représente, lors de sa dégradation, une source de nutriments et de fertilisants naturels.

Mais parfois, malgré les soins les plus attentifs, c’est l’invasion ! « Il ne faut pas chercher à exterminer le bioagresseur. Quand on combat les pucerons avec un insecticide, on flingue tout, y compris les auxiliaires », avertit le paysagiste qui détaille les solutions de biocontrôle accessibles au jardinier amateur. Outre les mesures habituelles comme le coup de binette ou l’installation de filets, il est possible de faire appel à la nature elle-même.

Associations et macro-organismes

Tout d’abord, Sébastien Tatar déconseille les pièges, même à phéromones, efficaces pour faire de la détection et dans le cadre de gestion de grandes parcelles, mais très coûteux et peu efficaces pour protéger de petites surfaces. En revanche, certaines associations peuvent juguler la propagation d’un nuisible. Par exemple, si le purin de fougère n’a pas suffit à prévenir l’arrivée du taupin de la pomme de terre, il est encore possible de planter du lin bleu entre les rangs, pour éviter la contagion.

Conte l’attaque des pucerons sur les rosiers, l’ingénieur agroécologue propose  « d’utiliser les macro-organismes » : les larves de chrysopes ou de coccinelle qu’il conseille de se procurer dans les jardineries spécialisées. Mais attention, il faut être très vigilant pour anticiper et appliquer le traitement dès les signes avant coureurs, comme les fourmis qui rodent (elles élèvent les pucerons), et l’aspect sucré et collant des feuilles. Celui-ci nous conseille également de choisir les coccinelles en fonction des plantes à traiter, basses ou hautes, et de mettre à leur disposition une coupelle d’eau.

Les médiateurs chimiques

Enfin, Sébastien Tatar vante les avantages des médiateurs chimiques très efficaces dans le traitement du carpocapse, ravageur des vergers qui s’attaque aux pommiers, poiriers et autres fruits à pépin. « C’est le top du top. On est plus sur un insecticide à large spectre mais sur un produit qui permet des interventions très ciblées. Cela peut agir, par exemple, en provoquant une confusion sexuelle qui va perturber la reproduction uniquement de l’espèce visée », se félicite-t-il avant de faire une ultime recommandation : n’acheter que des auxiliaires qui aient reçu une homologation.

 

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