Biocontrôle : Comment lutter contre les ravageurs de cultures de manière naturelle ?

Depuis 2009, une directive européenne oblige à privilégier les méthodes préventives aux traitements par produits phytosanitaires de synthèse. Le biocontrôle s’inscrit dans cette stratégie, mais de quelle façon ? Sébastien Rousselle, ingénieur agricole, revient sur cette technique naturelle.

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Concept récent dans la protection des cultures, le biocontrôle séduit de plus en plus de jardiniers du dimanche mais aussi d’exploitants agricoles. D’autant plus en cette période où les effets secondaires des pesticides traditionnels sont pointés du doigt. « Cette méthode regroupe l’ensemble des techniques de lutte contre les ravageurs usant de mécanismes naturels ou issus de la nature », explique Sébastien Rousselle, ingénieur agricole. L’objectif étant de préserver les cultures des nuisibles à l’aide de leurs prédateurs habituels.
Pour cela, plusieurs solutions estampillées ‘’biocontrôle’’ s’offrent aux producteurs, toutes reposent sur un premier principe : l’observation. Dans le cadre préventif, le traitement classique s’effectue de manière quasi systématique, tandis que les dispositifs de biocontrôle nécessitent une action précise et temporellement ajustée. « Il s’agit d’une évaluation des risques. Si le cultivateur estime qu’un nuisible est présent mais que la menace qu’il représente est acceptable, il ne traitera pas ses plants. Cela demande donc une surveillance constante pour une totale maîtrise de la population de ravageurs », indique l’ingénieur.

Qui mange qui ?

Si ce risque augmente, le traitement devient indispensable. Soit par l’introduction d’organismes vivants qui s’attaquent à l’envahisseur comme un lâcher de macro-organismes dans les cultures « à l’image des coccinelles qui se nourrissent de pucerons ou des trichogrammes qui déciment la pyrale du maïs », précise Sébastien Rousselle. Ou le dépôt de micro-organismes à proximité des plants comme des bactéries ou des virus.
Soit par l’épandage de produits naturels ou inspirés de mécanismes naturels comme les médiateurs chimiques à base de phéromones qui perturbent le système de repérage et de communication des insectes nuisibles, ou encore les substances d’origine végétale, animale ou minérale comme l’argile qui repousse les assauts de la mouche du cerisier.

Une méthode en développement

Autant de solutions efficaces contre les ravageurs les plus courants, qu’il s’agisse de grandes ou de petites surfaces. « Mais le spectre des produits de biocontrôle n’est pas encore assez large pour espérer en faire une alternative unique à l’utilisation de pesticides traditionnels pour les professionnels. Ils viennent pour l’instant en complément », confesse l’ingénieur agricole. « En revanche, il peut suffire pour les jardiniers particuliers », ajoute-t-il.
Le biocontrôle a donc vocation à se développer. « Nous travaillons à davantage de performance quant au nombre de maladies ou de nuisibles traités par des méthodes naturelles, mais aussi sur la précision des produits qui doivent être plus sélectifs », poursuit le spécialiste. Car l’objectif affiché par les entreprises du secteur de la protection des plantes est d’atteindre 15 % des parts du marché d’ici 2025. Ces dernières pointant aujourd’hui à 5 %, la marge de manœuvre est encore importante.

Sébastien Rousselle est ingénieur agricole de formation, il est responsable marketing biosolutions chez Bioline Agrosciences, entreprise spécialisée dans la commercialisation de produits de gestion intégrée des cultures.

 

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