[Dossier] Regardez ce handicap que je ne saurais voir

OUVERTURE. Danser avec un fauteuil roulant, faire la Une des magazines, rire et faire rire de sa situation… Impossible pour une personne en situation de handicap ? Le quotidien de ceux qui enrichissent les pages du dossier de cette semaine bouscule les idées reçues. À travers leurs parcours, le JT donne des pistes pour apprendre à s’intéresser aux personnes plutôt qu’à leur handicap. 

handicap
©Kevin Figuier/JT

«Parfois, j’use d’une stratégie et je ne dis pas que je suis handicapée pour décrocher un entretien d’embauche» confie Élodie, 32 ans et en recherche d’emploi à Toulouse. Cette manœuvre lui permet d’obtenir des rendez-vous qu’elle n’aurait pas eus autrement. «Les potentiels employeurs sont décontenancés de découvrir mon handicap quand ils me rencontrent, mais je m’applique à dédramatiser tout de suite la situation», explique la designer. Pour cela, elle donne notamment des informations claires sur ce dont elle a besoin pour assurer son poste. De quoi comprendre que travailler avec quelqu’un en situation de handicap n’est pas aussi compliqué que l’on pourrait l’imaginer. Si elle a opté pour cette approche, c’est parce que le contexte est difficile : comme Élodie, aujourd’hui, en Occitanie, deux personnes non valides sur dix recherchent du travail. Pour faire mentir la courbe du chômage et afin que les employeurs posent un regard plus serein sur elle, la jeune femme a donc décidé de faire elle-même de la sensibilisation.

S’il ne nie pas les difficultés, Raphaël Gracien, également en fauteuil roulant, considère tout de même que la société avance dans le bon sens. «Il y a un début de changement de regard depuis quelques années. Je trouve que l’on parle de mieux en mieux de notre situation, notamment dans les médias. C’est une tendance que je constate depuis cinq ans avec des humoristes comme Jamel Debbouze mais aussi Guillaume Bats, (atteint de la maladie des os de verre, ndlr) ou encore des séries françaises». C’est le cas de “Caïn” qui met en scène un policier en fauteuil ou encore de “Vestiaires” où des personnes handicapées se taquinent avec un humour cash. «Tous ces gens diffusent une image différente et montrent que tout est possible.»

 


À lire aussi :

Les solutions pour mieux intégrer les personnes en situation de handicap

“Oser l’autre” pour intégrer les personnes en situation de handicap

Quand la culture bouscule les préjugés

Défiler à la vue de tous : portrait d’Imène Boudj

Un fauteuil pour tous

 

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.