Les partis politiques à l’épreuve des Gilets jaunes

Chez Les Républicains comme au Parti socialiste, deux partis bousculés par l’émergence d’Emmanuel Macron, la crise des Gilets jaunes est l’occasion de faire réentendre leur voix. Laurence Arribagé et Sébastien Vincini livrent leur analyse du mouvement et réagissent aux annonces du président.

Arribagé_Vincini

Si la lecture du mouvement des Gilets jaunes diverge selon les partis, au PS et chez Les Républicains, on s’accorde au moins sur le fait que la colère ne date pas d’hier. « Ce mouvement est l’apogée d’une longue souffrance que la façon très verticale de gouverner du président n’a fait qu’exacerber. Toutes ses réformes ne sont pas mauvaises mais il a manqué d’humilité », observe Laurence Arribagé, présidente de la fédération départementale du parti Les Républicains.

« Les fruits de la mondialisation ne sont pas partagés »

Pas de surprise non plus pour Sébastien Vincini, premier secrétaire du PS en Haute-Garonne : « Il y avait beaucoup de signes annonciateurs. Les revendications peuvent paraître diverses mais elles traduisent la même réalité d’une fracture sociale et territoriale. La notion de progrès n’est plus vécue comme émancipatrice mais comme anxiogène, parce que les fruits de la mondialisation ne sont pas partagés. »

Suite à l’allocution d’Emmanuel Macron, aucun des deux bords n’est totalement rassuré. Si Laurence Arribagé estime qu’il faut être solidaire du président dans sa volonté d’apaisement et que les manifestations doivent désormais laisser place à la concertation, elle doute du financement des annonces et de leur compatibilité avec la baisse de la dépense publique. « Il ne faut pas lâcher trop, sinon c’est la fin du quinquennat », craint-elle. Sébastien Vincini, lui, dénonce un bidouillage loin d’être à la hauteur de la situation : « Le président nous a fait du : « Je vous ai, un peu, compris ». C’est une réponse très décevante, une occasion ratée de repenser dans son ensemble la fiscalité et surtout de remettre l’humain au cœur du projet. Je crains que le vase ne continue de déborder. »

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