lundi 2 août 2021

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Politique Un tweet qui fait du bruit

[Les coulisses] Un tweet qui fait du bruit

#Justice. Martine Martinel est poursuivie par Jean-Luc Moudenc et 10 de ses colistiers aux dernières élections municipales pour diffamation. L’affaire a été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Toulouse, lundi dernier.

 

Tout commence en mars 2014, entre les deux tours des élections municipales, quand la tweetosphère toulousaine découvre les messages de Martine Martinel. « @jlmoudenc  ou l’imposture. Ses colistiers sont ici antisémites, ailleurs antimusulmans, partout homophobes @MartineMartinel @mun31000 » pouvait-on lire sur le mur de la députée PS. Cinq tweets sont ainsi incriminés mais ce dernier reste le plus virulent, il a d’ailleurs été retiré. Ni une, ni deux, Jean-Luc Moudenc et 10 de ses colistiers portent plainte pour « diffamation envers particulier par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique. » Martine Martinel se défend en expliquant au juge que le tweet était une réponse, « un peu personnelle, à des attaques entendues sur un marché par des partisans de M. Moudenc à l’encontre de Pierre Cohen car il est juif. De même, un homme, en référence au mariage pour tous, m’a dit que nous avions voté une loi qui apprenait aux enfants à s’en…ler ! » Elle fait état d’une campagne violente. Pour Maître Escudier, représentant de Jean-Luc Moudenc et ses colistiers, le dessein est évident, ces tweets avaient une fin politique, la défaite du candidat Moudenc : « le message a été publié deux jours avant la clôture du scrutin, au moment où les candidats n’ont plus le droit de diffuser de communiqué de presse. Mes clients n’ont donc pas pu répondre avant l’élection ! »

« Le dessein était évidemment politique »

Concernant le fond de cette affaire, et les accusations portées par Martine Martinel dans ses tweets, il lui est répondu : « trois d’entre eux ne cachent pas leur attirance pour les hommes, les patronymes ne trompent pas non plus : Djilali Lahiani, Samir Hajije, Aminna Abdoullah… peuvent attestés que Jean-Luc Moudenc n’a rien contre les musulmans quant à Mme Katzenmayer et Sophia Belkacem, elles en font de même pour la communauté juive », explique Maître Escudier. Pour Maître Cohen, représentant de Martine Martinel, s’en est trop ! « Alors ils ne seraient pas antimusulmans, antisémites et homophobes parce qu’il figure des musulmans, des juifs et des homosexuels sur la liste ? Rappelez-vous ce qu’ils ont dit et fait il n’y a pas si longtemps ! » Il précise également qu’une opinion, une idéologie ou une tendance ne peut être sanctionnée, seul un acte le peut, « or aucun acte identifié n’a été mené à l’encontre des plaignants, et tous ne se sont pas sentis injuriés puisqu’ils ne sont finalement que 11 colistiers à s’être constitués partie civile sur une liste de 69. Quelque uns sûrement qui souhaitent entrer dans la postérité !»

Concernant la forme, il resterait la question de la qualification des tweets en diffamation ou injure et une méprise concernant l’intitulé de la plainte par les parties civiles. Ces dernières pourraient même mener à ce que le fond ne soit finalement pas jugé… Le tribunal annoncera sa décision le 19 août prochain.

 

 

 

Photo Nas/Coulisses ©DR

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
 

Travail : Comment mettre le sexisme au placard ?

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