jeudi 3 décembre 2020
Politique Pour ou contre les salles de shoot ?

[Clash] Pour ou contre les salles de shoot ?

P.Esplugas (UMP) et C.Lemorton (PS)

Contre : Pierre Esplugas

Porte-parole de l’UMP 31 et adjoint au maire de Toulouse

 

« Pourquoi ma famille politique UMP et moi-même – je parle en tant que porte-parole – sommes-nous contre les salles de shoot ? Je me suis déjà exprimé sur ce sujet. L’Etat n’a pas à organiser ce genre d’initiative et ne doit certainement pas encourager la prise de drogue. Raison principale pour laquelle je m’y oppose. C’est dans son rôle de soigner les toxicomanes mais dans le cadre des hôpitaux, et pas en instaurant des salles telles quelles. Dans certains secteurs, des personnes peuvent apporter des nuisances et perturber la vie de quartier. Certains d’entre eux peuvent même devenir anxiogènes. Les expériences réalisées à l’étranger ne sont pas forcément satisfaisantes. Regardez à Barcelone par exemple : je ne suis pas sûr que les citadins en soient particulièrement satisfaits. Car des personnes avec des comportements anormaux peuvent nuire. Et j’aimerais interpeller les personnes favorables à la mise en place de salles de shoot. Si vous êtes pour, très bien, mais que diriez-vous pour en installer en bas de chez vous ? Car si c’est pour les mettre en place dans d’autres quartiers mais surtout pas devant votre porte, alors ce n’est pas la peine… »

 

Pour : Catherine Lemorton

Députée PS de la Haute-Garonne et présidente de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale

« D’une, je n’aime pas parler de salles de shoot car cela revient à décrédibiliser le système, mais plutôt de salles de consommation supervisée à moindre risque. De deux, cela s’adresse déjà à des toxicomanes, ça ne va pas attirer des personnes qui ne le sont pas. Ce sont donc des personnes désocialisées, qui vivent dans la précarité et éloignées du droit commun. Elles s’injectent de la drogue dans les squats, dans la rue. Ces salles constitueraient pour elles un dispositif de plus. Pourquoi dit-on ‘supervisée’ ? Car il y aura un professionnel de santé ou un éducateur, voire les deux, qui veilleront sur elles. À force de voir les mêmes têtes, ces personnes vont se resocialiser, retrouver des repères, le droit commun et peut-être le parcours de la santé. ‘Supervisée’ car on va superviser les risques pour limiter les dommages, en diminuant les dangers d’hépatites ou de SIDA. Si on est une société ne serait-ce qu’un minimum humaniste, que fait-on de ces gens-là ? On ne va pas les tuer ! Il est évident que l’on n’installera pas de salles là où il n’y a pas de demande. Celles-ci constitueront un lieu de sécurisation. Et cet avis dépasse les clivages politiques. »

La rédactionhttps://www.lejournaltoulousain.fr
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