À Toulouse, le Giec a fait l’état des lieux du réchauffement climatique

Pendant une semaine, 200 membres du Giec étaient réunis à Toulouse pour plancher sur le futur rapport général prévu en 2022. Entre rigueur de la méthode et souci de faire comprendre au plus grand nombre les enjeux du dérèglement climatique, cette session de travail était l’occasion de mesurer l’immense responsabilité qui incombe à ces chercheurs.

giec toulouse

« Nous n’avons pas souvent l’opportunité de nous rencontrer directement, c’était une expérience très riche », confie Hervé Douville, chercheur à Météo France et coordinateur d’une partie du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) consacrée aux changements du cycle de l’eau. Plus de 200 scientifiques, issus d’une soixantaine de pays, étaient ainsi rassemblés au Météopôle de Toulouse la semaine dernière. Une occasion rare de comprendre les méthodes de travail de cet incontournable comité qui œuvre à la prise de conscience de l’urgence liée au dérèglement climatique.

« Apporter le plus de transparence possible à notre expertise »

Cette réunion toulousaine avait pour but de compléter l’un des nombreux rapports spéciaux qui seront publiés d’ici 2022, année de parution du sixième rapport général du Giec, depuis sa création en 1988. « À différents stades de leur avancement, nous soumettons nos synthèses à des chercheurs externes. Ceux-ci émettent des commentaires auxquels nous avons répondu lors de cette session toulousaine. Rien que sur mon chapitre, il y en avait 1500. C’est un travail méticuleux et rigoureux destiné à apporter le plus de transparence possible. Il n’y a pas de pensée unique au sein du Giec contrairement à ce que certains suggèrent », explique Hervé Douville.

« Il n’y a pas de pensée unique au Giec »

En revanche, sur la nature précise de leurs débats et le contenu des futures publications, les participants s’imposent la discrétion, soucieux du respect du calendrier qu’ils se sont fixé. « Nous pouvons seulement dévoiler que nos études confirment la responsabilité de l’activité humaine dans le changement climatique. La probabilité de voir se produire des événements extrêmes comme la canicule du mois de juin aurait par exemple été 10 à 1000 fois plus faible à l’ère préindustrielle », poursuit le spécialiste, inquiet de la forte visibilité dont bénéficient encore les climatosceptiques dans le monde.

« La prise de conscience n’est pas encore totale »

Durant la semaine, une étude a par ailleurs été menée sur les gaz à effet de serre afin d’arriver à une compréhension plus globale et complète des changements climatiques. Une conférence publique réunissant 300 personnes a permis de mettre en évidence le caractère sensible et délicat de la tâche consistant à restituer le travail des experts au plus grand nombre. « Nous devons sans cesse rappeler que notre mission n’est pas de faire des recommandations, mais de livrer un état précis des connaissances à un instant T. Tout en ayant conscience que les modèles sur lesquels nous nous basons évoluent en permanence et qu’il faut toujours faire preuve de modestie sur ce que nous croyons savoir », admet Hervé Douville.

Pas d’optimisme ni de pessimisme, donc, mais des faits. Ainsi, le scientifique assure que « techniquement, il existe des solutions qui rendent possible l’objectif de borner le réchauffement climatique à 1,5 degré d’ici 2050 ». « Ce qui est plus compliqué, c’est l’acceptation sociale de ces solutions et la sobriété qu’elles imposent à chacun. La prise de conscience n’est pas encore totale », conclut-il.

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