Environnement : se chauffer sans surchauffe

À la Toussaint, le froid revient et met l’hiver en train… Comme le présageait l’adage populaire, le thermomètre a chuté ces derniers jours. Dans le ciel, les premières colonnes de fumée découpent l’horizon pendant que le ronron réconfortant des chaudières collectives résonne à nouveau dans les chaufferies. Mais alors que la température redevient supportable dans les chaumières, l’air extérieur se fait quand à lui de moins en moins respirable. Ne sommes-nous pas, pour affronter le climat d’aujourd’hui, en train d’hypothéquer celui de demain ? Le JT s’est mis en ébullition pour dénicher les solutions durables de chauffage.

 

Cheminée
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En France, se chauffer est un droit reconnu et garanti par la trêve hivernale. Les coupures d’accès à l’énergie sont, de ce fait, interdites entre le 1er novembre et le 15 mars. Cependant, la Loi sur l’utilisation rationnelle de l’énergie (Laure) inscrit également dans le code de l’environnement, le droit à chacun de respirer un air qui ne nuise pas à la santé. Or, le chauffage des bâtiments représente le tiers de l’énergie consommée dans le pays et est en grande partie responsable de la pollution atmosphérique. Allons-nous donc, un jour, devoir faire le choix entre un logement bien chauffé ou un air pur ? Entre attraper un rhume ou développer des maladies respiratoires chroniques ?

« Le chauffage constitue les deux tiers de la consommation énergétique d’un ménage »

« Le chauffage résidentiel pose la problématique particulière de l’émission de gaz à effet de serre (GES) et de particules fines, ces poussières de quelques micromètres nocives pour la santé. Toutes sources d’énergie confondues, les chaudières sont responsables de 23 % des émanations de CO² et de 36 à 70 % des particules fines, en fonction de leur taille. Pour ces dernières, cela représente une pollution plus importante que celle produite par les voitures », confirme Emmanuel Rivière, le référant énergie climat pour Atmo, la fédération des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air en France.

« Le chauffage constitue les deux-tiers de la consommation énergétique d’un ménage et peut peser jusqu’à 8% du budget », précise Franck Chatelain, responsable régional de la communication de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Selon les chiffres de l’agence, les Français se chauffent prioritairement au gaz naturel (44%) puis à l’électricité (34%) avant de se tourner vers le fioul (14%) et le bois (3,8%). Si l’usage du fioul tend à se réduire, le chauffage électrique a connu une forte croissance ces 20 dernières années et représentait 80% des installations dans les logements neufs en 2009. Cependant, la faible rentabilité énergétique de ces appareils électriques et l’apparition de nouvelles technologies plus propres, comme les pompes à chaleur et les systèmes solaires, ont stoppé leur développement.

« Les chaudières sont responsables de 23 % des émissions de CO² et de 36 à 70 % des particules fines »

Même si les normes de performance énergétique ont engendré une baisse de la consommation globale, les objectifs fixés par les politiques nationales de lutte contre le réchauffement climatique imposent une modernisation et une transformation des systèmes de production de chaleur. « En France, on estime qu’il y a 12 millions de chaudières, dont près d’un quart ont plus de vingt ans. Or, les équipements les moins efficaces peuvent générer une surconsommation de 8 à 12 % et, si la combustion n’est pas complète, provoquer une hausse très significative d’émission de polluants atmosphériques ou de CO, un gaz qui représente un grave danger quand il se concentre dans l’air intérieur. Changer une vieille chaudière au fioul par une chaudière à condensation peut permettre de diminuer sa consommation de 40 % », rappelle l’expert de l’Ademe.

Infographie chauffage
© Le Journal Toulousain

Sources : DGEMP, ITEBE, EDF, GDF, Espace Info Energie de la Bergerette, Ademe, AJENA



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