À Toulouse, on dessine les ailes d’avion du futur en copiant les rapaces

Si les avions volent plus vite que les rapaces, les mouvements de ces derniers s’avèrent plus efficaces. C’est ce qu’ont démontré des chercheurs qui s’inspirent des volatiles pour créer les ailes du futur. Un des projets de biomimétisme les plus emblématiques à Toulouse.

aile_320_echelle_reelle_projet_SMS_Soufflerie
DR

L’histoire entre Toulouse et l’aviation s’écrit aussi au futur dans les laboratoires de la Ville rose. Deux d’entre eux, l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT) et le Laboratoire plasma et conversion d’énergie (Laplace), travaillent depuis plusieurs années sur les ailes du futur, inspirées de celles des grands rapaces. Un projet né sur l’île du Ramier qui abrite les locaux de l’IMFT et où l’équipe de Marianna Braza, une des premières à s’être penché sur l’aérodynamisme des ailes d’avion, avait l’habitude d’observer les oiseaux de proie qui y viennent en nombre aux mois de mai et juin.

« Nous avons étudié le mouvement de cambrure des ailes mais aussi les vibrations créées par les différents types de plumes à leur extrémité. Et avons démontré que ces actions combinées permettaient simultanément une augmentation de la portance de l’aile, une réduction de la résistance au vent ainsi que du bruit aérodynamique », explique la chercheuse, coordinatrice du projet. Les équipes des deux instituts ont ensuite collaboré pour appliquer ces caractéristiques à l’aviation et ont abouti à un prototype d’aile d’Airbus A320, dotée d’un hypersustentateur (volet sortant utilisé au décollage et l’atterrissage) déformable et vibrant. Un concept qui va même plus loin puisque les mini-secousses provoquées par le dispositif se transforment en énergie pour l’avion.

« Depuis l’automne 2017, des tests en soufflerie sont effectués sur cette aile de 2,40 mètres dans le cadre du projet européen Smart Morphing and Sensing », poursuit Marianna Braza. À l’issue de ces expérience, en 2020, des premiers vols d’essai pourront être effectués en partenariat avec Airbus, qui voit dans cette innovation la possibilité de réduire la consommation de carburant et le bruit de ses avions.

Les autres articles du dossier :



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.