jeudi 29 octobre 2020
Economie Toulouse métropole : 40 % de la richesse produite profite aux territoires voisins

Toulouse métropole : 40 % de la richesse produite profite aux territoires voisins

Toulouse métropole est une intercommunalité généreuse avec ses voisins. Ainsi, 42 % de la masse salariale créée sur son territoire revient à des actifs qui habitent hors de ses frontières.

L’influence de Toulouse Métropole sur la part des salaires versés diminue avec la distance © Source Insee

Ils travaillent sur un territoire et vivent dans un autre. En raison de leurs déplacements quotidiens on les appelle les navetteurs, et ils participent à la répartition de la richesse entre les métropoles les plus dynamiques et leurs voisins. Dans une étude réalisée en partenariat avec l’Agence d’urbanisme et d’aménagement de Toulouse (AUAT), l’Insee Occitanie relève que les 129 000 actifs qui sont employés au sein de l’intercommunalité sans y habiter ont permis de redistribuer 42 % des 11,2 milliards d’euros de salaires versés, en 2015. Soit une manne de près de 5 milliards d’euros qui a profité aux territoires voisins.

Les salaires de Toulouse profitent, plus qu’ailleurs, aux territoires voisins

Un phénomène d’irrigation économique plus marqué que dans les autres métropoles françaises. En effet, la même année, les navetteurs qui travaillaient dans la métropole de Lyon ont perçu 38 % des salaires générés quand ceux de Bordeaux métropole en absorbaient 35 % et ceux de la métropole lilloise 32 %. Une situation qui est évidemment liée à l’attractivité de ces zones de grand dynamisme économique. « Ainsi, en 2015, Toulouse Métropole a produit 69 % de la richesse dégagée dans l’ensemble qu’elle forme avec 31 autres intercommunalités situées dans un rayon d’une soixantaine de kilomètres autour d’elle. Or, elle n’accueille que 43 % de la population de cet ensemble », observe la branche régionale de l’Institut de statistiques.

Toutefois, il est à noter que ce phénomène n’est pas à sens unique. Les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du Sicoval et du Muretain exportent également une masse salariale importante. 309 millions pour la première et 137 millions pour la seconde, qui profitent, en retour, aux habitants de Toulouse métropole.

La présence d’infrastructures de transport favorise le ruissellement

Si le rayonnement économique de la Métropole sur les intercommunalités de la proche périphérie semble couler de source, celui-ci s’étend au-delà de l’aire urbaine. Même si son influence diminue avec la distance, Toulouse Métropole concourt à alimenter la richesse de territoires à plusieurs dizaines de kilomètres. C’est le cas par exemple des communautés de communes Tarn-Agout ou Terres du Lauragais, dont près de la moitié de la masse salariale perçue par les habitants provient d’emplois localisés dans la métropole.

Selon l’Insee Occitanie, cet effet de ruissellement est favorisé par la présence d’infrastructures de transport, autoroute ou offre ferroviaire suffisamment cadencée, qui permettent les déplacements quotidiens des navetteurs. L’accès rapide par la route ou le rail permet ainsi aux communautés d’agglomération du Grand Montauban et de Cœur et Coteaux du Comminges de récolter respectivement 79 millions et 35 millions d’euros de salaires, malgré leur éloignement.

Un impact positif sur le niveau de vie hors des métropoles

Dans les EPCI économiquement les moins dynamiques, celles qui ne sont pas constituées autour de métropoles ou de villes moyennes, plus de la moitié des salaires des ménages provient d’emplois situés en dehors de leur lieu de résidence. L’impact de ces navetteurs est amplifié par des rémunérations globalement supérieures à celles des salariés qui travaillent et vivent dans la même intercommunalité. Les premiers gagnant autour de 15 ou 16 euros contre 11 euros par heure, par exemple, dans le Muretain, pour ceux qui travaillent sur place.

Un écart lié, en partie, au fait que « Toulouse Métropole concentre l’offre d’emplois qualifiés et que les cadres sont plus mobiles que d’autres salariés, sur des distances généralement plus grandes », observe l’Insee Occitanie. D’autant plus que la ville rose propose un niveau moyen de rémunération particulièrement attractif, même en comparaison avec les autres grandes métropoles.

Ainsi, selon l’institut de statistiques qui constate que « les salaires perçus par les navetteurs tirent largement vers le haut les revenus de leurs territoires de résidence », ce dynamisme économique profite à la population au-delà de ses limites administratives.

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