lundi 24 janvier 2022

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EconomieCugnaux : Hyperloop réduit finalement sa vitesse

Cugnaux : Hyperloop réduit finalement sa vitesse

Conçu par la société HyperloopTT, le train du futur éponyme pourrait prendre un peu de retard. En effet, l’entreprise américaine vient de renoncer à la construction des structures de test de son train supersonique grandeur nature, à Cugnaux. Elle ne tiendra pas non plus ses engagements quant à la rénovation des locaux de Francazal, pour en faire un centre de R&D.

Hyperloop
CC Ryn88668-Wikimedia

Faire circuler des capsules à plus de 1 000 kilomètres-heure dans un tube grâce à un champ magnétique. C’est le projet révolutionnaire de transport de voyageurs de la société américaine Hyperloop Transportation Technologies (HTT), dont l’implantation sur la base de Francazal, à Cugnaux, avait été accueillie à bras ouverts par Toulouse métropole, propriétaire de la parcelle. Mais lors du dernier conseil de la collectivité, les élus ont acté la résiliation anticipée du bail conclu entre HTT et la Métropole, suite à une renégociation à l’initiative d’Hyperloop.

Un bail devenu caduc

En effet, après s’être prononcée pour la mise en œuvre du projet Hyperloop en 2017, Toulouse métropole avait signé un bail à construction le 2 mai 2018. Dans ce dernier, la société américaine s’engageait notamment à « procéder, dans un délai de 3 ans et 6 mois, à une rénovation du Mess des sous-officiers, pour en faire un centre de recherche », et à « réaliser, dans un délai de 3 ans et 6 mois, une piste d’essais définitive, sur pylônes ». Mais l’échéance est arrivée à terme et ni la première ni la seconde obligation n’ont été honorées.
En cause, les avancées du projet Hyperloop n’ont pas été aussi rapides ni aussi concluantes que prévu et les besoins de la société HTT ont été revus à la baisse. Ainsi, « le 19 mai 2021, la société a manifesté son intention de modifier le bail à construction. À la demande d’Hyperloop, un travail a été fait avec la Métropole afin d’adapter le bail actuel aux nouveaux besoins de la société, en particulier afin de repositionner au mieux leurs activités sur le site », explique-t-on dans la délibération actant la résiliation du bail.

Des ambitions revues à la baisse

Car si un premier tunnel d’essai de 320 mètres (échelle 1) a bien été mis en place sur la zone en 2018, un second, long d’un kilomètre, devait être construit pour tester l’Hyperloop grandeur nature. Mais cela ne sera pas le cas. Après avoir évoqué les délais de dépollution du site, retardant l’implantation de cette deuxième piste d’essai, la société HTT concède finalement réévaluer ses objectifs, comme le souligne Toulouse métropole : « Les essais effectués depuis 2018 ne concluent pas à la pertinence d’un site d’une longueur d’un kilomètre, les 320 mètres de piste actuellement en place pour réaliser les essais sont suffisants à ce stade. En conséquence, la piste d’un kilomètre ne sera donc pas construite comme prévu ».
« De même que la réhabilitation du mess des sous-officiers ne correspond plus aux besoins de développement de l’entreprise », poursuit le texte voté en conseil métropolitain. Ce bâtiment de 2 560 m² devait être rénové pour devenir un centre de recherche et développement. Idée qu’a abandonnée la société HTT. Cette dernière semble donc réduire ses ambitions.

Et sur le site de Francazal, cela se traduit concrètement. Les salariés de HyperloopTT sont de moins en moins nombreux, l’entrepôt est quasiment vide. Et le plan d’investissement de 40 millions de dollars qu’avait promis la société américaine d’ici 2022 n’a toujours pas été déployé. Mais HTT a voulu rassurer Toulouse métropole en lui assurant que Francazal restait un site essentiel de sa stratégie. « Les activités de recherche et développement ont vocation à s’y poursuivre », note la collectivité. D’ailleurs, suite à la résiliation du bail à construction, elle va proposer une convention d’occupation précaire.

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
 

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