dimanche 28 novembre 2021

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CultureUncle Ben jette l’encre à Blagnac

Uncle Ben jette l’encre à Blagnac

Peau neuve. Le 2 février, Ben Leitz a ouvert son premier salon de tatouage, sobrement nommé “Uncle Ben Tattoo”. Un lieu atypique, bien loin des enseignes habituelles, où le jeune homme compte bien laisser sa marque. – Martin Gausseran

© Franck Alix

“California”. Le titre du groupe Delinquent Habits résonne dans tout le salon d’Uncle Ben. Le tatoueur s’approche et nous accueille comme on salue un vieil ami. Le ton est donné. Sur les murs, un portrait graffé de Notorious B.I.G côtoie celui de Spike Lee. Dans un cadre, trois mots : « This is art », laissés là comme pour rappeler à ceux qui en doutent encore qu’un tatoueur peint la peau comme l’artiste sa toile.

« C’est l’aboutissement d’un rêve », explique Uncle Ben, alias Ben Leitz qui, à seulement 30 ans, cumule déjà les casquettes de tatoueur, graffeur… et d’animateur de CLAE. « Je cherchais à créer un lieu où je pourrai exposer tout mon travail et qui serait l’occasion de montrer l’ensemble de mon univers. »

Il faut dire que le jeune homme collectionne les influences. Tombé très tôt dans le hip-hop, passionné par le dessin depuis gamin, Ben est un boulimique d’art. Très vite, les feuilles de papier ne la satisfont plus, et il se met à dessiner sur tout ce qui lui passe sous la bombe à graff, murs et wagons de train en tête. Quand ces supports ont arrêté de lui suffire, « et qu’il fallait aussi calmer le jeu avec les flics », lâche-t-il en riant, Uncle Ben s’est lancé dans le tatouage.

© Franck Alix

« Je cherchais à créer un lieu où montrer l’ensemble de mon univers »

« J’ai commencé à travailler avec plusieurs tatoueurs de la région, en m’exerçant d’abord sur de la peau synthétique, puis directement sur moi. » Il bourlinguera ainsi pendant un temps de salon en salon, avant de rencontrer celui qu’il considère aujourd’hui comme son mentor : Feel, de la boutique Original Side à Toulouse. L’homme transmet son savoir-faire à son apprenti, avant que ce dernier ne réalise son ambition : celle de monter sa propre affaire, unique en son genre.

« En travaillant avec plusieurs tatoueurs, je me suis rendu compte que certaines personnes redoutaient l’idée d’avoir sur elles un motif qu’elles devraient porter à vie. J’ai essayé de trouver un moyen pour permettre à ces gens de sauter le pas, tout en leur laissant la possibilité de faire marche arrière. » La solution ? Le jagua. Mélangé à des huiles essentielles, ce fruit tout droit venu d’Amazonie forme une pâte que Uncle Ben applique directement sur la peau à la pipette. « On fait sécher une heure, ensuite on nettoie, et 4 à 5h après, le motif apparaît », explique-t-il. Le résultat est bluffant, et dure entre trois semaines et un mois.

Outre le tatouage éphémère, Uncle Ben propose également d’autres services : celui de galerie où les artistes de la région peuvent exposer gratuitement leurs œuvres durant un mois. Pour ses clients, la présence prochaine d’un barbier et la possibilité de “bruncher” sur place le dimanche matin. De quoi ôter aux salons de tatouage leur image de « grotte », comme le dit lui-même Uncle Ben, qui ambitionne d’être un acteur à part entière du quartier : « J’ai envie que les gens viennent ici en se sentant chez eux. Avec ma femme et mon père, on a tout fait pour rendre ce salon agréable, pour qu’il devienne un lieu d’échange. »

Uncle Ben Tattoo
10 avenue Andromède, 31700 Blagnac
07 84 23 83 22

La rédactionhttps://www.lejournaltoulousain.fr
Le Journal toulousain est un média de solutions hebdomadaire régional, édité par la Scop News Medias 3.1 qui, à travers un dossier, développe les actualités et initiatives dans la région toulousaine. Il est le premier hebdomadaire à s'être lancé dans le journalisme de solutions en mars 2017.
 

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