[Culture] Julien Gasc : dandy troubadour

POP. Après le musicien Barbagallo, un autre membre du groupe Aquaserge,  Julien Gasc sort un album unanimement encensé. Mais si les points communs sont nombreux, le Tarnais révèle avec “Kiss me, you fool !” un monde qui ne ressemble à aucun autre.

julien gasc
®franckalix/JT

Le Tarn serait-il le terreau du renouveau de la chanson française ? Après Barbagallo récemment, c’est au tour de Julien Gasc de s’attirer les louanges de la presse musicale française avec la sortie de son album “Kiss me, you fool !” le 11 novembre dernier. Hasard ou émulation, les deux artistes sont issus de la même famille.

Ils ont œuvré ensemble au sein des groupes Hyperclean et Aquaserge et même cohabité un temps en communauté dans le Lauragais. « On se connaît d’Albi où il y avait une vraie scène, comme à Toulouse par la suite. On gravitait autour des mêmes concerts», raconte l’artiste. Influences musicales anglo-saxonnes clairement assumées, chant en français et textes flirtant joliment avec le surréalisme, il serait facile de jouer au jeu des comparaisons. «C’est une histoire de potes à la base, mais de là à dire qu’il y aurait une école ou un style tarnais, je ne me pose pas ce genre de question. J’ai toujours continué à faire ce que j’aimais», confie pourtant Julien Gasc.

Un goût prononcé pour la musique depuis son plus jeune âge

Plutôt lunaire, l’homme semble ne goûter qu’avec modération toutes réflexions relatives à son parcours ou son positionnement dans le paysage musical. Il trace sa route en créant, point. Les premiers souvenirs de musique ? L’apprentissage du piano dès 5 ans, et aussi un oncle guitariste amateur de musique cajun et de country. Tout le reste viendra naturellement.

Compositeur et multi-instrumentiste, il est de nombreux projets et accompagne tout ce que la pop française a de plus élégant (Katerine, Burgalat, Stereolab). Après un premier opus en 2013, “Cerf, biche et faon”, voici donc Kiss me, you fool !, qualifié par le magazine “GQ” de meilleur album pop français de l’année. «On a bien bossé, ça ressemble à ce que j’imaginais», se contente-t-il en termes d’autosatisfaction.

Un monde intérieur d’une profonde richesse.

Une collection de vignettes puisant dans une large palette d’esthétiques sonores. Il y est question ici de l’histoire de l’inventeur de la climatologie ou là d’un fait divers se déroulant au XVIIe siècle à la cour espagnole. «Les textes ne sont pas vraiment conscients, ce sont des choses dont j’ai entendu parler ou même des souvenirs de rêve. J’essaie de trouver des mots et des couleurs qui collent avec la musique. Je m’amuse à faire des blagues pataphysiques ou à inventer des néologismes, l’écriture en français a un côté très ludique», analyse-t-il.

Effectivement, la manière, presque naïve au sens pictural du terme, dont Julien Gasc raconte ses histoires ne ressemble à aucune autre. Et si a priori, les chansons n’ont rien à voir les unes avec les autres, une ambiance sert de fil rouge. Celle de Londres là où l’album a été en grande partie enregistré. «Une ambiance calme et remplie à l’image de la ville. C’est un disque à tiroirs où chaque chanson est un peu comme un quartier», révèle Julien Gasc, pour qui le rôle de l’artiste est d’observer le monde et de lui donner une autre dimension. Lui, en tout cas, en a pris une nouvelle.



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