[Dossier] Tournefeuille, terreau de culture

AMBITION. Cette petite ville de la banlieue toulousaine s’est forgée une réputation autour de son dynamisme culturel. En vingt ans, la majorité municipale socialiste a construit un modèle alliant soutien à la création et diffusion à la population.  

À Toulouse, un budget pour la culture restreint

budget culture toulouse

Comme de nombreuses communes moyennes de banlieue, Tournefeuille aurait pu devenir une ville dortoir vivant dans l’ombre de sa grande sœur Toulouse. Et pourtant, aujourd’hui, ses 27 000 habitants ont accès à un cinéma d’art et d’essai, plusieurs salles de spectacle et de nombreux festivals. Le résultat de l’élaboration, depuis une vingtaine d’années, d’une politique de soutien à la culture.  « Nous avons considéré qu’elle était fondatrice et qu’elle pourrait donner une identité à la ville», explique Françoise Hondagneu, l’adjointe au maire déléguée aux affaires culturelles.

Le travail est notamment initié dès 1997. «Notre politique s’est construite sur un triptyque : le soutien à l’art et la création, la recherche de nouveaux publics et, un projet de territoire où nous collaborons avec d’autres villes», détaille Françoise Hondagneu.

Au début des années 2000, la municipalité commence par diriger ses actions vers les habitants. Des artistes sont accueillis en résidence, et l’école d’enseignements artistiques propose des ateliers avec les crèches, les centres de loisirs, les maisons de retraite, les maisons de quartier. À Tournefeuille, la culture n’est pas vue comme un simple loisir, « elle contribue à la citoyenneté, développe l’esprit critique, l’ouverture à l’autre et à la nouveauté. » 

Au fil des années, la ville multiplie les conventions de partenariat afin d’attirer les acteurs culturels. Elle lance le festival Cuba Hoy ! en 2002. Le festival Marionnettissimo y trouve également refuge en 2006. Compagnies et associations sont aussi accueillies en résidence, comme la compagnie de danse contemporaine Emmanuelle Rivet, Première pression, programmateur de spectacles de musiques actuelles ou encore l’Orchestre de Chambre de Toulouse.

La ville soutient leur création via des subventions mais pas seulement. Foncier, équipements et bureaux sont mis à leur disposition. C’est justement en proposant une parcelle que la mairie réussit « à convaincre » le cinéma d’art et d’essai Utopia de s’installer sur son territoire en 2003. Bénéficiant à son tour d’un terrain, le Grenier de Toulouse ouvrira cette année sa Maison, un lieu de création et de médiation.

Un terreau créatif que la ville entretient en investissant dans des infrastructures. «Les équipements culturels sont venus appuyer le travail amorcé avec les acteurs du secteur et non l’inverse», précise Françoise Hondagneu. La salle de spectacle le Phare est ainsi construite en 2007, puis vient en 2012 l’Escale, une salle réservée au théâtre et à la musique classique.

Résultat : à Tournefeuille, l’emploi culturel représente 6% de l’emploi total contre seulement 2% au niveau national. « Cela crée aussi de l’activité économique. Nous savons que des habitants s’installent ici pour notre offre culturelle », souligne l’élue.  La commune est néanmoins confrontée, elle aussi, à la baisse des dotations de l’État. Le budget alloué reste stable assure Françoise Hondagneu. Il est ainsi passé de 11,07% en 2010 à 11,10% en 2016. Pour maintenir son ambition, la commune s’appuie donc sur différents outils. Outre l’augmentation des tarifs « dans des limites acceptables » et la participation à des projets européens, le mécénat lui permet de financer de nouvelles propositions. En faisant appel aux acteurs privés, la ville a pu lancer Les Concerts du marché où l’Orchestre de Chambre de Toulouse, Les clefs de Saint- Pierre et l’École d’Enseignements Artistiques proposent, certains dimanches, des concerts de musique classique à 2 euros.

Les subventions de la mairie aux acteurs culturels en 2016

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