[Dossier] Troubles du sommeil : fin du cauchemar

BERCEUSE. Alors que le bien-être est dans tous les esprits, le sommeil souffre paradoxalement d’un manque d’attention. Face aux troubles qui nuisent à de plus en plus de personnes, les experts nous exhortent à ne plus négliger ce temps physiologique primordial, trop souvent considéré comme improductif. Au-delà des médicaments, des solutions existent pour renouer avec les bras de Morphée. À l’occasion de la 18e Journée du sommeil, ce vendredi 16 mars, le JT vous porte conseil pour mettre en veilleuse les insomnies.

© Alexandra Gorn
© Alexandra Gorn

Avec la météo, la fatigue est un sujet de conversation incontournable… autour de la machine à café bien entendu ! Selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), plus de la moitié d’entre nous estime être en dette de sommeil. Un phénomène qui débute dès l’adolescence, avec une baisse de 1h30 de la durée du sommeil entre 11 et 15 ans, et se poursuit à l’âge adulte, notamment en raison de la hausse des temps de transport journaliers. En outre, près de sept Français sur dix affirment se réveiller au moins une fois par nuit. Et, pour le coup, notre réputation nationale de râleurs est loin d’être infondée. « Quasiment l’ensemble de la population est confrontée à des problèmes de sommeil, que ce soit en termes de quantité, de qualité mais aussi de rythme », assure le docteur Eric Mullens, somnologue responsable du laboratoire du sommeil de la Fondation Bon Sauveur à Albi.

« Le rapport aux écrans est tellement fusionnel qu’il n’y a plus de rupture entre le temps de vie et le sommeil »

D’ordres psychologiques (stress, dépression…), physiologiques (activité physique intense, alimentation, excès de caféine ou d’alcool) ou pathologiques (maladie, fièvre…), les raisons de moins ou mal dormir sont légion. Mais ce sont surtout les facteurs environnementaux (bruit, luminosité, chaleur…) qui font aujourd’hui du sommeil un enjeu de santé publique. Et en premier lieu les écrans. Quatre Français sur dix utilisent l’ordinateur, la tablette ou le smartphone le soir dans leur lit. « La relation aux écrans est tellement fusionnelle qu’il n’y a plus de véritable rupture entre le temps de vie et le temps de sommeil », déplorait un rapport de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) en 2012. « Regarder un écran avant de s’endormir équivaut à boire un café. Et ce sont les jeunes qui sont le plus touchés par cette situation », appuie le docteur Mullens.

« Les gens ont l’impression que le sommeil est du temps perdu or, ce n’est pas un état passif »

Dans une société où l’on a tendance à considérer l’improductivité comme néfaste, le sommeil fait partie des aspects de la vie que l’on concède plus volontiers à sacrifier. « Tout va plus vite de nos jours, mais le corps lui ne va pas plus vite, il subit. Les gens ont l’impression que le sommeil est du temps perdu. Or, il n’est pas un état passif, c’est lui qui gère la qualité de beaucoup de nos fonctions, comme la fabrication de l’appétit, des cellules de la peau ou des anticorps », poursuit le médecin. En plus des problèmes de somnolence, la responsabilité du manque de sommeil dans de nombreuses maladies comme le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité ou la dépression est aujourd’hui démontrée.
Face à l’ampleur du phénomène, c’est tout un marché du sommeil qui s’est mis en place. Mais si la France détient le record de consommation d’hypnotiques en Europe, la situation évolue, selon Eric Mullens : « Le médicament est un vieux réflexe dont on est en train de se défaire. Avant de se traiter, il faut comprendre d’où vient le problème. À l’image de ce qui a été fait pour l’alimentation, on parle de plus en plus d’éducation au sommeil ».

Plan de travail 1

 

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