mercredi 8 décembre 2021

Contact

PortraitsWilfried Templier : la voix rochelaise qui s'est imposée sur le rugby...

Wilfried Templier : la voix rochelaise qui s’est imposée sur le rugby toulousain

Rochelais d’origine, le correspondant local de RMC sport Wilfried Templier est devenu la voix du rugby à Toulouse. D’Eugène Saccomano aux Bleus en passant par Ernest Wallon, le commentateur officiel du XV de France se raconte pour le Journal Toulousain.

Wilfried Templier
Wilfried Templier en interview d’après match lors de la coupe du Monde de rugby 2019 au Japon © DR

Parfois chambreur, souvent enflammé et toujours passionné, Wilfried Templier commente les matchs du Stade Toulousain et du TFC pour la station RMC depuis 2006. Une voix venue de La Rochelle mais qui parle, dans la Ville rose, à tous les amoureux de ballons ovales. « Très jeune, vers dix ou douze ans, j’ai su que je voulais être journaliste sportif. J’en ai fait mon rêve et mon objectif », assure celui qui est aujourd’hui le commentateur officiel des matchs du XV de France pour l’une des radios éminentes en matière de sport.

Le gène à Eugène

Une vocation qui lui est inspirée, entre autres, par les envolées lyriques et les mémorables acrobaties vocales d’Eugène Saccomano, virtuose du commentaire sportif. Biberonné aux multiplex de football (de première division à l’époque), Wilfried Templier découvre le pouvoir des ondes avec ce virtuose du commentaire sportif. « J’entendais ses intonations, ses montées et ses descentes et je me disais :”C’est quoi ce truc ?” Ça m’a fait comprendre que l’on pouvait transmettre de la passion et transporter les gens dans un stade simplement par la voix », se souvient le journaliste sportif.

L’oreille collée au poste, le jeune garçon d’alors vibre au rythme des grands moments du sport des années 1990 : le duel entre Alain Prost et Ayrton Senna sur les circuits de Formule 1, l’outrageuse domination de Sa Majesté Michael Jordan sur les parquets américains ou les campagnes européennes de l’Olympique de Marseille, à sa grande époque. « Même si j’avais une petite préférence pour les Girondins », glisse-t-il.

L’obsession du résultat

Passionné par toutes les disciplines, Wilfried Templier est avant tout rugbyman. La rugby, un sport qu’il pratique de l’âge de 7 ans, en poussin, jusqu’en junior. Mais c’est en tribune et dans les zones mixtes, ces espaces entre le terrain et le vestiaire où les journalistes peuvent s’entretenir avec les joueurs, que va finalement se dessiner sa carrière. À 10 ans déjà, le journaliste en herbe tient à jour des tableaux où il consigne les résultats des matchs de football professionnel.

Une manie dont il fera son premier travail. « J’ai commencé en étant chargé d’appeler tous les clubs amateurs, jusqu’à ceux de la plus petite division de rugby, pour remplir les grilles de résultats dans le journal Sud-Ouest », se remémore Wilfried Templier qui devient, à ce moment, pigiste pour le journal. Ce qui lui permet de « se faire les dents » sur les deux équipes de handball de La Rochelle dont il doit suivre les compétitions. Alors que, de son propre aveu, il n’y connaissait rien.

Quand le Stade toulousain s’impose

Recalé au concours d’entrée en école de journalisme, après de brèves études d’Histoire, Wilfried Templier est contraint d’apprendre son métier sur le tas. « À cette époque, j’étais trop feignant… et peut-être pas assez talentueux », confesse-t-il. Un échec qui ne le détourne pas de son rêve. Après avoir pigé pour le journal Sud-Ouest il entre, en 2001, chez Radio France où il s’initie au commentaire sportif.

« Je débute dans un rôle proche de celui de consultant pour France Bleu La Rochelle, lors d’un match de Challenge européen à Gloucester. La première rencontre de Top 14 que j’ai commenté, c’était à Toulouse, sur la pelouse d’Ernest Wallon. Nous avions pris 30 points dans la vue ». Un baptême en forme de présage pour celui qui allait, quelques années plus tard, déménager dans la Ville rose.

“Se glisser dans l’oreille des gens”

En effet, en 2006, une place de correspondant local pour RMC se libère à Toulouse. Une opportunité professionnelle en même temps qu’un aubaine pour un amateur de rugby. « À cette époque, il y avait 5 clubs de Top 14 à couvrir dans la région. Au point que Mourad Boudjellal, le patron du RC Toulon parlait de Top ”14 kilomètres” », se rappelle Wilfried Templier. Les premiers temps, celui-ci couvre également l’information générale : « Les grèves d’Airbus comme les débats sur la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ». Avant de commenter une première coupe du Monde de rugby en 2007 puis d’être embauché comme salarié au moment de la création de RMC Sport en 2008.

Peu à peu, Wilfried Templier devient le monsieur rugby de la station. « C’est un privilège de pouvoir transmettre de l’émotion dans certains matchs. La radio a cela d’exceptionnel qu’elle s’adresse à l’imagination. Tu peux te glisser dans l’oreille des gens et entrer directement dans leur cerveau », observe-t-il, conscient de concrétiser un rêve d’enfant.

Vibrer et vanner

Précis, n’hésitant pas à faire un peu d’humour et à « vanner ses collègues », Wilfried Templier met un point d’honneur à rester naturel et professionnel à l’antenne. « J’essaie toujours de me mettre à la place des auditeurs qui n’ont pas l’image. Il faut arriver à être informatif et précis tout en transmettant une vibration. L’essentiel est de commenter avec le sourire », explique-t-il. Même si, parfois, l’amour du maillot complique un peu les choses.

Comme lors des deux finales consécutives disputées, lors de la saison 2021, entre son club de cœur et sa ville d’adoption. « Il serait faux de dire qu’on est pas partisan. Dans le cœur, je suis Rochelais, même si dans le travail je m’impose une distance qui n’est pas toujours évidente. Pour ces deux matchs j’ai du prendre beaucoup de recul parce que c’était une grande première pour La Rochelle d’être à ce niveau, en Top 14 comme en coupe d’Europe. Cela a été d’autant plus dur que nous sommes tombés contre le Stade Toulousain qui est une machine à gagner », reconnaît-il.

Les Stades de la discorde

Cette machine, le Stade Toulousain, Wilfried Templier apprend à la connaître de plus près quand il s’installe à Toulouse. « En arrivant, j’ai découvert le savoir-faire que ce club a su développer, autant pour gagner que pour durer. Même si une telle hégémonie fait grincer les dents des supporters des autres équipes, il faut avoir la lucidité de reconnaître que ce que fait ce club est incroyable. Au niveau du palmarès, il faudra un siècle pour que les autres le rattrapent », admet le néo-Toulousain.

Et si son cœur reste attaché aux couleurs de sa ville d’origine, ses enfants, nés dans la Ville rose, se sont convertis et ne jurent que par les Rouge et Noir. Une infidélité que ne voit pas toujours d’un très bon œil leur grand-père, toujours abonné au Stade Marcel Deflandre.

La coupe du Monde 2023 dans le viseur

Arrivé à Toulouse il y a maintenant 15 ans, Wilfried Templier est aujourd’hui un homme de radio comblé. « J’ai la chance de suivre une équipe qui me permet de vivre régulièrement de gros événements sportifs. Quand nous avons emménagé, avec ma compagne, nous ne connaissions pas Toulouse. C’est une ville agréable et dynamique avec une mentalité du Sud très marquée qui m’a surpris au début. Même si l’océan me manque, je m’y sens bien », évoque le journaliste sportif qui garde tout de même un œil sur une date bien précise du calendrier.

« La coupe du Monde 2023, je l’ai évidemment dans le viseur ! Commenter une finale de l’équipe de France, jouée à domicile, ce serait une sorte de Graal. Je ne sais pas ce que je pourrais me fixer comme objectifs professionnels après ça », s’enthousiasme le journaliste qui, même s’il s’interdit de parler de titre avant la compétition, a déjà une petite idée de la petite phrase qu’il réserve pour le coup de sifflet final. Rendez-vous est pris, dans un peu moins de deux ans, pour en découvrir la teneur.

Nicolas Belaubre
Nicolas Belaubre a fait ses premiers pas de journaliste comme critique de spectacle vivant avant d’écrire, pendant huit ans, dans la rubrique culture du magazine institutionnel ‘’à Toulouse’’. En 2016, il fait le choix de quitter la communication pour se tourner vers la presse. Après avoir été pigiste pour divers titres, il intègre l’équipe du Journal Toulousain, alors hebdomadaire de solution.
 

Face aux multiples crises, comment retrouver la sérénité ?

Écrivez à la rédaction !

Témoin d'un événement d'actu ?
Une info ou un avis à partager ?

spot_img

Les plus lus de la catégorie

spot_img