vendredi 21 janvier 2022

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PortraitsPierre Galibert, portrait d'un animateur en chair et en off

Pierre Galibert, portrait d’un animateur en chair et en off

Parmi les voix incontournables de la région toulousaine, tout le monde connaît celle de Pierre Galibert, alias Maître Galibert. Animateur de radio et de télévision à la bonne humeur communicative, l’ancien juge du jeu Les Z’amours est aujourd’hui directeur de France Bleu Occitanie. Portrait.

Pierre Galibert
Pierre Galibert © Matthieu Sartre

« J’ai toujours eu le métier d’animateur dans les veines », affirme d’emblée Pierre Galibert, plus connu sous le titre de “Maître Galibert”. L’inoubliable voix, exerçant la fonction de juge de paix dans l’émission télévisée Les Z’amours, a également baladé son timbre dans de nombreuses radios locales. De RMC à France Bleu Occitanie, ce Castrais d’origine n’a eu de cesse de partager sa bonne humeur au micro.

Une passion précoce

Alors qu’il est encore enfant, Pierre Galibert monte un studio de télévision factice dans la salle de jeu de la maison familiale où il anime de fausses émissions. « Aussi loin que ma mémoire me permette de remonter, ça a toujours été mon rêve. Je ne me voyais pas faire autre chose de ma vie », assure-t-il.

Élevé au sein d’une fratrie de quatre enfants dans une « petite ville de province » dont il n’a « que des bons souvenirs », l’animateur en herbe se révèle « un élève moyen et très bavard ». Affecté par un trouble dyslexique sévère, il rate par deux fois son BTS d’audiovisuel à l’ETPA de Toulouse. Définitivement « plus épanoui à l’oral » qu’au milieu des cahiers, le jeune homme trouve dans la libéralisation des ondes radios, en 1981, une opportunité de concrétiser son rêve.

Une carrière à haute fréquence

C’est dans sa ville natale, au micro d’une petite radio locale, que Pierre Galibert lance ses premiers jingles. Le débutant se régale et multiplie les maquettes qu’il envoie aux grandes stations émergentes. À l’issue d’un concours auquel se présente plus d’une centaine de candidats, Pierre Galibert est embauché par Radio Monte-Carlo (future RMC).

Il s’installe alors en principauté et accumule du temps d’antenne. Pendant deux ans, en plus de quelques piges pour Radio Nostalgie, il y tient les matinales, anime des émissions musicales et est amené à faire des permanences sur l’antenne nationale. « Lors des matchs de football, je devais annoncer les pubs en direct. J’avais un texte à dire et ça me terrorisait », confie l’animateur qui assure être plus à l’aise dans le direct et l’improvisation. Mais Pierre Galibert lorgne vers d’autres horizons.

L’accent du Sud

« En bon Castrais, je rêvais d’entrer à Sud Radio qui était alors l’une des plus grande radio régionale », confie Pierre Galibert qui tente sa chance et propose ses services. La station lui ouvre ses portes et engage une collaboration qui durera 19 ans. Là, il retrouve l’accent du Sud qu’il avait appris à gommer durant son séjour sur le Rocher et écrit une des plus belles pages de sa carrière. Notamment grâce à la complicité qu’il entretient avec deux couples de comiques majeurs : les Chevaliers du fiel et le Duo des non.

« Pendant près d’une dizaine d’années, j’ai été le punching-ball d’Eric et Francis (les Chevaliers du fiel, NDLR). Nous passions des heures à nous marrer en studio. J’ai adoré jouer le clown blanc et avoir les auditeurs à l’antenne », évoque avec un plaisir sincère ce fan absolu de Jean-Pierre Foucault. « Pour moi, c’est un dieu vivant ! C’est lui qui m’a transmis la recette : rester soi-même et ne pas oublier que la radio est, avant tout, une conversation avec l’auditeur ». Une approche de l’animation, fondée sur la convivialité et la bonne humeur, dont il fait son leitmotiv et qu’il s’attachera à transposer sur le petit écran.

De l’apprenti au Maître Galibert

En effet, en 1995, Pierre Galibert se voit proposer le rôle qui va le rendre célèbre auprès du grand public : celui de Maître Galibert. Aux côtés de Jean-Luc Reichmann, il accède à la célébrité. « Ça a été 14 ans d’impro, de déconne et de franche rigolade », assure l’animateur avant de confier avoir été surpris par la notoriété fulgurante apportée par la télévision.

« C’est instantané, les gens vous reconnaissent dans la rue. Aujourd’hui encore, il n’y a pas un jour sans que l’on me parle des Z’amours. Les gens vous identifient totalement à votre personnage, au point que les téléspectateurs croyaient que j’étais un huissier », s’amuse Pierre Galibet qui devient alors un habitué des plateaux télés. Il intervient, en voix off puis en chair et en os, dans les émissions La Cible et Pyramide et fait même quelques apparitions dans des téléfilms. Jusqu’au jour où, en 2009, il décide de poser le micro.

Raccrocher les crampons…

Car Pierre Galibert est convaincu que, comme les rugbymen de haut niveau, les animateurs de radio et télévision « ne vieillissent pas bien ». Et que ces derniers doivent « raccrocher les crampons » au bon moment. Ainsi, après plus de vingt ans d’antenne, Pierre Galibert « passe le micro aux jeunes » et devient directeur de France Bleu Creuse. Il est ensuite promu à France Bleu Roussillon avant de se voir confier, en 2015, la direction de France Bleu Toulouse qui deviendra France Bleu Occitanie deux ans plus tard.

Alors oui, le micro lui manque terriblement. Mais Pierre Galibert est persuadé qu’il peut, grâce à son expérience, aider ses équipes à trouver le bon ton. Et, surtout, leur transmettre son obsession de la proximité. « La radio est un média très léger. Avec juste un micro et un casque ont peut titiller l’imaginaire », explique-t-il.

… mais rester en piste

Auteur d’une pièce de théâtre, une comédie de boulevard, Pierre Galibert et surtout un amoureux du cirque. « C’est ma deuxième passion depuis toujours. Déjà enfant, j’étais attiré par l’ambiance et toute l’effervescence qui règne autour des chapiteaux et des roulottes ». Alors, de temps en temps, le retraité des micros entre en piste pour endosser le costume de M. Loyal. Un rôle de chef d’orchestre taillé sur mesure pour un joyeux animateur friand de clowneries.

Nicolas Belaubre
Nicolas Belaubre a fait ses premiers pas de journaliste comme critique de spectacle vivant avant d’écrire, pendant huit ans, dans la rubrique culture du magazine institutionnel ‘’à Toulouse’’. En 2016, il fait le choix de quitter la communication pour se tourner vers la presse. Après avoir été pigiste pour divers titres, il intègre l’équipe du Journal Toulousain, alors hebdomadaire de solution.
 

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